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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

dimanche 1er août 2010, par Yû Voskoboinikov

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Alors même que le Secrétaire général de l’Hadopi, Éric Walter, vient d’annoncer l’envoi « imminent » des premiers courriers électroniques aux abonnés à Internet téléchargeant illégalement certaines oeuvres, principalement musicales, il est devenu évident que le débat central de la numérisation du patrimoine s’est dangereusement décalé en périphérie de ce qui devrait pourtant être la question centrale, à savoir les modalités techniques de cette numérisation. Car, et sans minimiser l’importance du droit d’auteur, il est en effet important de garder à l’esprit que toute la viabilité — et par extension, pérennité — de la démarche repose sur cette question technologique, qui est l’aboutissement de toutes les questions périphériques  ; dont ce fameux droit d’auteur, qui n’est pas une fin mais lui aussi une modalité. Et, fondamentalement, le cahier des charges de cette finalité technique repose sur trois conditions : la durabilité du support [1] dans le temps, son recyclage [2], et sa qualité. Ce dernier point est dans doute le plus important, car de là dépend l’intégrité de l’oeuvre, qui prévaut sur les questions de la durabilité et du recyclage. Or, un futur pérenne ne pouvant se construire que sur un passé solide et réfléchi, nous nous retrouvons face à une problématique délicate : quel est actuellement le support sonore offrant la meilleure qualité  ? Car si cette question semble amener une réponse évidente, elle continue pourtant de faire débat, tant chez les passionnés que chez les professionnels, qui n’arrivent pas à dégager de format réellement supérieur parmi les solutions existantes, nommément le disque vinyle, le disque compact (CD), et les formats purement numériques, regroupés par convention sous le terme générique de « MP3 », de l’acronyme du format audio compressé devenu un véritable phénomène de société. Par ailleurs, il s’avère que ces derniers ne sont pas forcément ceux offrant dans l’absolu la meilleure qualité, puisant plutôt leur popularité dans leur usage et leur accessibilité. Plus étonnant encore, le format le plus ancien du lot, un temps mis à l’écart, a su revenir sur le devant de la scène et s’imposer comme une référence, tant sur le plan qualitatif que sur un plan utilitaire et affectif. En cela, il semble important de d’abord étudier ce dernier afin d’ensuite le comparer à ses descendants, puis de se questionner sur un possible compromis entre usage et qualité.

Plus qu’un objet, le disque microsillon, communément connu sous le nom de vinyle, est un symbole générationnel : il représente l’avènement de la musique commercialisée afin que tout un chacun puisse l’écouter à domicile, sans devoir se déplacer à un concert, ni être tributaire de toutes les contraintes d’accessibilité qui découlent de la représentation (lieu, horaire, prix, unicité...). Également, il reste étroitement lié à la grande époque du Jazz, avec des éditions très prisées des collectionneurs, à la fois au travers de leur côté mythique et de leur absence sur les autres supports. De même, le disque vinyle est emblématique des années pop (1960) et psychédéliques (1970), au point d’être devenu le symbole de la musique populaire  ; la note de musique, voire la clef de sol, restant plutôt les symboliques des musiques dites savantes.

À ce titre, il n’est pas absurde d’expliquer le retour du vinyle par un effet de mode empreint de nostalgie. Car, de toute évidence, la vulgarisation du CD puis du MP3 a conduit à une sorte d’impasse culturelle, où la course vers la dématérialisation a entraîné une perte de repères, avec une musique de moins en moins palpable par le biais du médium. Mais, surtout, les monteurs de disques des années 1990 se sont les premiers rendus compte que les nouveaux formats numériques étaient privés de certaines fonctionnalités, telles que la maîtrise de la vitesse de rotation du disque — qui permet de modifier le tempo afin de rendre cohérent l’enchaînement de deux chansons — ou encore le « scratching », qui est le fait d’agir sur la rotation du disque directement avec les mains, créant de nouvelles sonorités très prisées par les musiques rap, elles-mêmes descendantes du Jazz. Il est d’ailleurs important de noter que la technique du scratching a été inventée au tout début des années 1980, juste avant l’avènement du CD, mais que ce dernier n’a véritablement pris son envol qu’à la fin de cette même décennie, d’où cette prise de conscience tardive  ; d’autant plus que la numérisation des oeuvres n’a pas été immédiate, loin de là, et qu’une part importante du catalogue mondial est à l’heure actuelle encore uniquement disponible sur vinyle. Pis, il s’avère souvent que les masters de ces oeuvres n’existent plus, ou sont inaccessibles, les microsillons étant alors les seules sources encore disponibles avant la disparition irrémédiable du programme. Un problème qui n’est pas exceptionnel, puisque la dernière réédition CD (2008) de l’album The Anvil, du groupe Visage, est partiellement éditée à partir de vinyles de l’époque (1982), le master faisant défaut. Un cas de figure suffisamment répandu pour poser les qualités et défauts du support microsillon, à commencer par la pratique.
En effet, avant l’accès même au contenu, nous devons interagir avec le contenant, ce qui signifie de littéralement manipuler « l’objet musique », qui se présente en premier lieu sous la forme d’une pochette carrée de trente centimètres de côté  ; une taille qui en fait un véritable support visuel, qu’il s’agisse de la pochette en elle-même, ou du disque, parfois intégralement décoré. Une idée audacieuse dont le succès perdure encore aujourd’hui, les disques compacts dits « picture disc », c’est-à-dire avec une image quadrichromie artistique imprimée sur la face supérieure, étant considérés comme des objets de collection. Et, de fait, de tous les supports audio, le disque vinyle est le seul qui s’accroche au mur à titre décoratif. Mais le plus important reste bien évidemment le disque lui-même, et son procédé dit « analogique », où la question de l’objet en tant que support prend son importance. Car en partant du postulat de l’existence de l’oeuvre en tant qu’entité parfaite, alors sa copie au sein d’un support équivaut donc à créer une copie de cette oeuvre à partir de sa forme parfaite. Ici intervient le concept cartésien de causalité, où seul un être effectivement infini (la cause  ; chez Descartes : Dieu) peut produire cette idée d’un être être fini (l’effet  ; chez Descartes : l’Homme). De manière plus pragmatique : qui peut le plus peut le moins, mais pas l’inverse, et une copie sera donc de qualité moindre que l’original (L’Homme à l’image de Dieu, et le vinyle à l’image de l’oeuvre pure). De fait, le concept d’objet, la nécessité de disposer d’un médium contenant la musique et permettant d’y accéder, s’inscrit de plein droit dans la question qualitative, car imposant de par sa nature même ces modalités qualitatives.
C’est ainsi qu’avec un support analogique, l’état de préservation de l’objet influe directement sur l’état de préservation de l’oeuvre contenue. Une rayure sur le support endommagera proportionnellement l’oeuvre inscrite, ce qui renforce d’autant l’importance de l’objet en lui-même, qui souffre par définition d’une usure à l’usage, du fait du frottement d’une aiguille sur le disque afin d’en lire le contenu. À côté de cela, la durée étant limitée sur chaque face — d’où la nécessité de retourner manuellement le disque au milieu de l’écoute —, l’on est arrivé à un point où le support a influé sur le processus créatif. Car si autrefois, la préservation de l’oeuvre nécessitait principalement du papier et de l’encre, virtuellement illimités, le passage d’une forme proposée (les partitions, que chacun interprétera selon sa sensibilité lors de performances éphémères) à une forme imposée (l’oeuvre devient enregistrement éternel, dans le sens où malgré la multitude des copies, tout le monde écoutera la même interprétation) a influé, au travers de ses contraintes, sur le processus même de création, avec un agencement tenant compte de la coupure entre les faces A et B, doublé d’une contrainte temporelle qu’il est impossible de dépasser (au maximum, trente minutes par face).

De par cette influence du contenant sur le contenu, la technologie a été tout naturellement mise à contribution pour développer de nouveaux médiums, qui permettraient d’obtenir une meilleure qualité sonore. Cette évolution est d’autant plus intéressante qu’elle a initié un changement de paradigme qui, aujourd’hui encore, n’est pas arrivé à son terme : l’avènement du numérique.

Cet avènement reste, dans l’esprit du grand public, étroitement lié au disque compact, le fameux CD. Une affirmation du reste pertinente, tant que l’on n’adhère pas à l’adage commercial selon lequel le CD propose une meilleure qualité sonore que le disque vinyle. Car il s’avère que chaque support dispose de ses qualités propres, sans qu’aucun ne prenne véritablement le pas sur l’autre. Certes, le CD est exempt des craquements si caractéristiques du vinyle, mais le son qu’il propose reste néanmoins prisonnier du support sur lequel il est pressé. Ainsi, et face au rapport signal/bruit plus important du CD, le vinyle continue de proposer un son plus « chaud », et plus « naturel », en grande partie grâce à sa meilleure précision dans les sonorités médiums et aiguës, ce qui implique une meilleure finesse des timbres. Ces avantages sont toutefois compensés par la conception même du CD qui ne souffre pas de l’usure des écoutes successives, du fait de son système optique, ne nécessite aucune manipulation en milieu d’écoute (pas de changement de face), propose quatorze minutes d’espace-temps en plus, permet un accès rapide aux différentes pistes qui composent l’oeuvre, occupe physiquement beaucoup moins de place, et peut-être enregistré et copié sans perte, c’est-à-dire qu’une copie sera de qualité identique à l’original. Par contre, ce dernier point n’est valable que dans le cadre d’une copie de CD à CD  ; les considérations évoquées plus haut quant à la cause et son effet restent donc ici parfaitement valides dans le cadre du passage du master au CD, ce qui a conduit à l’apparition d’autres supports plus évolués, permettant de passer outre cette limitation. Notamment le DVD Audio et, surtout, le Super Audio CD (SACD) qui, à défaut de réellement s’imposer, bénéficie d’un succès d’estime chez les passionnés. À côté de cela, d’autres formats ont également tenté de s’imposer, comme la cassette DCC ou la disquette MiniDisc (MD), qui semblent être le fruit de la pensée latérale des technologies désuètes de Gunpei Yokoi [3], et qui consiste à recycler d’anciennes technologies, en apparence « épuisées », afin d’explorer de nouvelles voies autrement inaccessibles [4].
En l’occurrence, DCC et MD ont ceci en commun d’utiliser la technologie magnétique, alors même que l’optique était désignée comme successeur naturel. Mais, surtout, la nécessité de palier à certaines limitations de la technologie magnétique a conduit à la mise en place de formats compressés, l’ATRAC pour le MD, et le PASC pour la DCC, comparables au fameux format MP3 du fait de leur compression « avec perte ». Cette compression part du postulat d’une limitation des capacités de l’oreille humaine, et se propose donc de dépouiller la musique de tout ce que l’Homme ne peut donc pas entendre. Une intention en apparence pertinente, mais qui dans ses premières itérations a souffert d’un excès de zèle, ne tenant pas compte du fait que le spectre sonore nécessité une amplitude bien plus ample que les capacités théoriques de l’oreille humaine afin de garder ce naturel et cette chaleur tant loués sur les disques vinyles. De fait, qu’il s’agisse du DCC, du MD, ou du MP3, la dégradation est perceptible, conduisant à un son plus « étouffé », voire provoquant des « artefacts », plus ou moins présents selon les techniques et solutions d’encodage. En cela, et ce, même s’il est le plus souvent possible d’éviter les artefacts — l’exception la plus notable restant les musiques savantes — les formats dits « MP3 » sont ceux offrant la qualité de reproduction sonore la plus faible. Là encore, des avancées technologiques ont été réalisées, avec la mise au point de formats compressés sans perte (FLAC et ALAC, respectivement Free Lossless Audio Codec et Apple Lossless Audio Codec), à ceci près qu’ils souffrent de deux défauts limitant leur portée. Tout d’abord, ils prennent beaucoup plus de place qu’un fichier MP3 et, ensuite, ils restent sous-exploités, dans le sens où c’est majoritairement le CD qui va être utilisé comme source, transmettant par la même, et toujours selon le concept cartésien de causalité, ses défauts, principalement son manque de précision par rapport au vinyle. Certes, il n’y a pas de perte, le son étant identique, mais la mise en oeuvre de la reproduction est également plus complexe, et demande bien plus de ressources en terme de capacité de calcul de la machine hôte. En cela, ils restent, à l’instar du SACD, une technologie de passionnés.
Comme nous venons de le voir, les formats « purement numériques », dans le sens où ils sont en apparence indépendants d’un support, n’arrivent donc pas à départager les vinyles et les CD, et apparaissent plutôt comme des parents pauvres, constituant dès lors une impasse nécessitant un retour vers des formats comme le SACD. Or, ces derniers, aussi intéressants techniquement soient-ils, n’arrivent également pas à s’imposer auprès du grand public. Dès lors, il est logique de chercher une troisième voie, qui consisterait donc à se rapprocher le plus possible de la cause — la source —, à savoir les masters. La démarche est évidente, ces derniers étant le support sur lequel la performance a été figée, et à partir duquel toutes les reproductions vont découler. Il semble donc logique de chercher non pas à se rapprocher des caractéristiques des masters, mais carrément de les utiliser en l’état, c’est-à-dire de les rendre accessibles au grand public, de les — passez-moi l’expression — démocratiser. Le support DCC s’inscrivait d’ailleurs en ligne directe avec les cassettes DAT, utilisées un temps comme bandes master dans les studios professionnels, et offrant une qualité d’enregistrement pouvant aller jusqu’à 96 kHz en 24 bits, là où le CD se contente de 44.1 kHz en 16 bits. À titre de comparaison, il est communément admis qu’une oreille humaine en très bon état ne va pas au-delà de 20 kHz, et le SACD peut monter jusqu’à 100 kHz. Ce dernier semble d’autant plus être la meilleure solution que les solutions actuelles de matriçage s’arrêtent communément à 96 kHz en 24 bits. Et même sans maîtriser toutes les subtilités de ces chiffres, de simples comparaisons des chiffres permettent d’effectivement valider le SACD comme la solution qualitative destinée à devenir le standard. Pourtant, elle est un échec commercial qui ne survit que par la passion d’une poignée d’audiophiles exigeants, contrariés par un catalogue restant encore limité à certaines oeuvres définies arbitrairement, c’est-à-dire selon ce que l’histoire populaire a glorifié, sans véritablement tenir compte des autres facteurs, dont la qualité intrinsèque des oeuvres, loin d’être en phase avec leur popularité. En outre, le SACD reste un format optique, qui implique l’usage de pièces mécaniques amenées à s’user avec le temps, le support lui-même restant particulièrement exposé, sachant que contrairement à l’analogique, une erreur numérique trop importante conduit non pas à une altération du son, mais à une coupure du son, autrement plus gênante.

Ce qui pourrait paraître une impasse est en fait un manque d’ambition, pourrions-nous dire, puisque sans y prêter plus d’attention que cela, nous avons déjà cité la solution, en ceci que les techniques actuelles de mastering utilisent des fichiers stockés sur disque dur, qui nous permettent ainsi de nous affranchir des contraintes du SACD, tout en offrant une reproductibilité « parfaite » (le spectre est-il toujours intégralement restitué  ? Même scientifiquement, cela reste sujet à caution.). Mais n’y a-t-il pas abus de langage lorsque nous parlons de dématérialisation  ? Car si le disque en tant qu’objet devient fichier numérique, où stockons-nous le fichier, comment le reproduisons-nous, comment y accédons-nous  ? Ces trois questions montrent à la fois les limites de la dématérialisation tout en « sauvant » cette même dématérialisation.

En effet, même si les avancées du « clouding », cette « informatique dans les nuages » où le stockage — entre autres choses — se voit décentralisé et distribué, laissent à penser que nous allons de plus en plus nous diriger vers une dématérialisation telle que le concept même de fichier risque bien de disparaître, donnant finalement tout son sens à l’expression consacrée « It’s music in the air », l’objet n’est pour autant pas encore amené à disparaître. Et quand bien même les débordements scientifiques en viendraient à installer au sein même de nos cerveaux des appareils de reproductions surclassant ceux théorisés dans la nouvelle Johnny Mnemonic de William Gibson, la route pourrait « bien » être encore très longue avant qu’une telle capacité se développe naturellement en nous [5]. Pour, au bas mot, les quelques années à venir, nous restons donc tributaires de l’objet, mais avec une reformulation de son statut de médium. C’est l’étape suivante de l’avènement du tout numérique, le fait de supprimer le disque — au sens de support physique contenant la musique, et destiné à être lu par le biais d’un appareil reproducteur — pour ne conserver que ce qu’il ne convient justement plus d’appeler tourne-disque. Tout comme il va également devenir difficile de parler de « lecteurs MP3 », puisque qu’il ne sera plus question de manipulation de fichiers, mais de « streaming », le fait de diffuser un flux sonore, à mettre en parallèle avec les systèmes de diffusions radiophoniques. La notion de fichier se perdant, l’on va revenir vers des définitions plus pures où l’on ne parlera donc plus de « MP3 », mais de chanson : telle chanson, tel titre. De fait, c’est un glissement qui s’opère d’ores et déjà dans le langage courant, avant même que la technologie ne soit encore standardisée.
Ceci n’est pas hasard, et doit être pris très sérieux. En effet, il est encore d’usage de penser que chaque support a son usage, et chaque usage a son support, et qu’il est vain de vouloir concentrer tous les usages en un seul support, ce qui nous a conduits à la situation actuelle, où toutes les volontés de fusionner tous les appareils de la maison en une seule entité se heurtent à l’imperméabilité d’un grand public qui continue de vouloir séparer les objets en même temps que les usages. Ceci peut certes s’expliquer par le fait qu’une famille se compose de plusieurs individus ou encore qu’un même objet limiterait les usages concomitants, comme afficher une image tout en jouant une musique autre. Ces deux arguments sont d’emblée balayés, chaque individu d’une maisonnée disposant depuis longtemps de son propre téléviseur (et appareil audio, et ordinateur), et les appareils étant depuis longtemps conçues de façon à justement permettre ces usages concomitants. Il est donc nécessaire de chercher les raisons de cette imperméabilité ailleurs, nommément en resituant les modalités pratiques de l’entreprise de concentration à travers une perspective humaine. Est-il pratique d’afficher sur un même écran une chaîne de télévision et un document de travail  ? Au vu de l’engouement du grand public pour les machines portables au détriment des machines de bureau, et donc de l’utilisation d’écrans de tailles relativement réduites, la réponse est bien évidemment non. Et est-il envisageable de concevoir des machines disposant, par exemple, de deux écrans  ? Cela existe, mais aussi perfectionnées que sont ces solutions, elles représentent une perte de confort. Et, de toute façon, cette volonté d’utiliser deux écrans reste finalement cantonnée au bureau. Lorsque l’on travaille en extérieur, par exemple dans un café, ce qui nous entoure, qui n’est plus figé comme peut l’être la pièce d’un bureau, remplace le second écran et sa chaîne de télévision. Ce, même s’il reste possible de constater des situations où un café va se retrouvé lui-même figé, tous les individus s’y trouvant étant fixé sur un écran diffusant, pour reprendre l’exemple le plus symbolique, une retransmission sportive.
Ces considérations montrent à quel point le facteur humain doit rester central dans notre réflexion, et montrent également qu’il ne doit pas être sous-estimé, comme cela a été le cas dans un premier temps avec le CD, puis le format MP3. Nommément, et aussi absurde peut-il paraître, ce dessin humoristique représentant un individu en complimentant un autre pour sa bibliothèque uniquement composée de trois lecteurs de livres numériques n’en est pas moins représentatif de certaines inclinaisons du genre humain. Dès lors, un consensus reste-t-il possible  ? Peut-on encore se décider pour une solution qualitative unique, alors même que les objets, voués à être multiples, qu’il s’agisse de leurs caractéristiques ou des philosophies de leurs conceptions, sont, de par cette multiplicité inéluctable, potentiellement source d’incompatibilités et autres conflits  ? N’oublions pas que les PC étaient à l’origine destinés à être tous totalement compatibles entre eux, ce qui n’a pour ainsi dire jamais été véritablement le cas. C’est d’ailleurs également ce qui implique la suprématie technique des ordinateurs Mac, puisque conçus par une même entité qui impose donc une ligne directrice unique à tous ses produits, limitant ainsi les disparités matérielles, et donc les cas de figure. Mais cette limitation peut, et est, ressentie comme un emprisonnement, comme une privation de liberté pouvant paraître trop chèrement — dans tous les sens du terme  ! — payée pour cette « tranquillité » technologique. Pour autant, ce que nous limitons d’un côté peut-être sublimé de l’autre. Ainsi, des machines aux caractéristiques techniques verrouillées peuvent bénéficier de designs libres. Après tout, une technologie concertée avec raison ne nécessite pas forcément une modernisation constante : le format CD a été inventé en 1979, et il reste aujourd’hui encore le plus utilisé  ! D’ailleurs, si l’on pousse plus loin ce raisonnement, nous nous rendons compte que tous les disques vendus sont physiquement les mêmes. Certes, dans une certaines limites, puisque les données qu’ils contiennent diffèrent, mais l’objet est le intrinsèquement le même, et ce qui change réellement est la partie artistique : l’oeuvre qu’il contient, et sa pochette. Et cela vaut depuis l’impression : ce n’est pas tant le papier qui compte (encore que...) que ce que l’on peut lire sur ce papier. Partant de là, à quoi bon refuser la standardisation figée, au moins sur le moyen terme, d’un système technique fonctionnel pour tous, au prix d’une certaine uniformisation, si cette uniformisation ne se voit pas, dans le sens où toutes les formes et les couleurs peuvent être envisagées pour contenir l’objet, et par extension la musique qu’il diffuse  ? À condition, bien sûr, d’avoir les garanties que ce système ne devienne pas prison, mais cette considération relève plus de la question des droits d’auteur que de la qualité des techniques de reproduction sonores. Or, toute notre problématique consiste à déterminer le support offrant actuellement la meilleure qualité.

Et, nous l’avons vu, cette question est loin d’être résolue. Ou, plutôt, elle est virtuellement résolue, en ceci que la technologie existe, qu’elle est prête et même commercialement viable. Éventuellement, pourrions-nous aller jusqu’à dire qu’elle est commercialisée, mais sa démocratisation est encore balbutiante, et toutes les questions ayant trait aux modalités pratiques sont encore loin d’être résolues, notamment en ce qui concerne l’émergence d’un standard absolu qui prévaudrait sur toutes les tentatives visant à imposer une solution propriétaire verrouillée. Dans les faits, donc, le problème n’est pas résolu, et plus que jamais, la qualité doit être considérée comme une relation relative, dont la pertinence sera modulée en fonction de l’usage et des attentes. Il s’agit donc d’un compromis mouvant, dans le sens où les différents cas de figure auxquels nous pouvons être confrontés nous amèneront à envisager des solutions différentes. En cela, et comme nous l’avons également vu, le grand public nous donne l’exemple, en ayant pris l’habitude d’acheter des CD pour écouter à domicile dans des conditions optimales, pour ensuite convertir les disques en MP3 afin de les écouter en extérieur, lieux où les nuisances sonores sont telles que le besoin d’un son précis ne se fait plus sentir. De même, si les techniques de scratching numérique n’ont techniquement plus grand-chose à envier au vinyle, force est de constater que le rapport à l’objet continue de prévaloir, et que la question de la sensibilité humaine, au travers de l’inconscient collectif, mais pas seulement, doit garder une place centrale dans cette réflexion, en essayant de concilier tradition et modernité. Au moins jusqu’à ce que la technologie ait évolué jusqu’au point de ne plus être une considération, pourquoi pas avec l’avènement d’un Internet mobile à très haut débit  ? Encore une fois, et même si le changement de paradigme ne sera jamais absolu, rappelons néanmoins que la transition est toujours en cours, et que beaucoup d’avancées reste potentiellement à venir.


[1] Par support, nous entendons le contenant soit matériel, soit logiciel.

[2] Pour un contenant physique, le respect des normes environnementales actuelles et à venir, et pour un contenant logiciel, sa capacité à rester utilisable dans le futur, au gré des différentes évolutions des formats.

[3] Elle-même inspirée de la pensée latérale d’Edward de Bono.

[4] L’exemple le plus brillant étant les jeux électroniques à cristaux liquides, les Game & Watch, qui ont relancé les recherches sur une technologie alors abandonnée, ces dernières ayant permis le remplacement des anciens écrans cathodiques par nos écrans plats actuels.

[5] La vision la plus optimiste, et actuellement la plus probable, est que ceci n’arrivera jamais, mais penser au pire reste la meilleure façon de s’en prémunir.



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Yû Voskoboinikov





Il y a 29 contribution(s) au forum.

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(1/10) 19 mai 2016, par Jacob Martin
Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?
(2/10) 15 avril 2011, par Initiative Zarma
Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?
(3/10) 10 septembre 2010
Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?
(4/10) 6 septembre 2010, par bnbn
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(5/10) 4 septembre 2010
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(6/10) 1er septembre 2010
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(7/10) 1er septembre 2010, par sebf
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(8/10) 1er septembre 2010, par Mânus
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(9/10) 1er septembre 2010, par Marcellus
Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?
(10/10) 1er septembre 2010




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19 mai 2016, par Jacob Martin [retour au début des forums]

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A debt of gratitude is in order for presenting this kind of pleasant web journal.

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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

15 avril 2011, par Initiative Zarma [retour au début des forums]

Amusant de voir le public rock se plaindre à lois de la baisse de qualité sonore des supports numériques tout en s’extasiant depuis 4 décennies sur "Raw Power" enregistré avec tous les potentiomètres sur "11" (Spinal Tap Attitude).

C’est moi ou il y a comme une dichotomie ?

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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

10 septembre 2010 [retour au début des forums]

Comme vous me paraissez sympathique je vais vous traduire le premier paragraphe en morse.

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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

6 septembre 2010, par bnbn [retour au début des forums]

lol hahaha lol hahaha lol hahahaha

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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

4 septembre 2010 [retour au début des forums]

Ho - Pop-Rock là - Y’a un journaliste parmis vous qui peut écrire un article en 250 mots ?

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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

1er septembre 2010 [retour au début des forums]

Je ne comprends pas ce concept d’imperméabilité du grand public qui continue de vouloir séparer les objets en même temps que les usages. Moi j’observe exactement le contraire : le laptop a remplacé la machine à écrire, le téléphone, la télévision, la radio, le home studio et la console de jeux... (bien sûr, on ne peut pas regarder la télé, écouter de la musique, téléphoner et jouer à un jeux en même temps mais c’était déjà le cas avant.)

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    Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

    1er septembre 2010, par Yû Voskoboinikov [retour au début des forums]


    Oui et non. Téléphoner en écoutant de la musique avec un écran de télévision allumé, ce n’est pas exceptionnel du tout.
    Mais il y a plusieurs raisons d’ordre pratique qui font que même si le laptop intègre tous les usages que tu cites, il n’est pas forcément aisé en tout lieu d’utiliser ton laptop. Je me vois mal sortir mon MacBook de mon sac pour répondre à un appel SIP. Avec mon iPhone, oui. De même, je ne me vois pas prendre des notes avec un iPhone, alors qu’avec mon MacBook, si. Sauf que j’ai besoin des deux usages au cours de ma journée.
    Et ainsi de suite.

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      Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

      1er septembre 2010 [retour au début des forums]


      Alors disons que le grand public, et tout particulièrement celui vêtu d’imperméables, est à la fois un amoureux des nouvelles technologies doublé d’un homme doté un pragmatisme à toute épreuve...

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        1er septembre 2010, par Yû Voskoboinikov [retour au début des forums]


        Ou simplement que le grand public, pour prendre un exemple plus généraliste, aime bien être à la mode, ce qui implique différents objets.
        Ou bien que le grand public part également du principe que la concentration implique que lorsque que l’appareil tombe en panne, tout devient inaccessible. Sachant que le grand public utilise principalement Windows, alors il est aisé de comprendre pourquoi le grand public ne fait confiance à son seul laptop. :-)
        Peut-être même les deux à la fois.

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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

1er septembre 2010, par sebf [retour au début des forums]

Une bonne réflexion.
Il est clair que peu importe le medium utilisé, si le master est pourri, il n’y aura rien à en tirer. Mais j’espère ne jamais connaître la fin du CD et du vinyle au profit du tout MP3, car je suis, et je ne pense pas être le seul, un amateur de musique et le contenu et le contenant ont tout autant leur importance à mes yeux.
C’est peut-être accorder beaucoup (trop) d’importance à l’objet, mais franchement, à part être atteint de collectionnite aiguë, quel est l’intérêt d’avoir des milliers de MP3 sur un disque dur de PC ? Il est certain que c’est un format pratique facilement échangeable et copiable et surtout peu onéreux, mais c’est à mes yeux une solution de facilité. Les gens ne prennent plus la peine d’aller chez leur disquaire (une espèce en voie de disparition, sauf pour les grandes enseignes), de sélectionner quelques disques, de les écouter et surtout de se forger une opinion.

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    1er septembre 2010, par Yû Voskoboinikov [retour au début des forums]


    C’est la grande question : est-ce un problème générationnel, ou bien une nécessité à l’échelle humaine ? J’aime mes disques, parce que j’ai grandi avec, c’est mon paradigme.
    Mais les nouvelles générations, elles grandissent avec les MP3, qui sont leur paradigme, ce qui pourrait à terme l’emporter.
    D’où l’usage de la notion de transition, où quand les anciens seront tous morts, la question du disque, du disquaire, etc., risque de devenir un exotisme du passé qui fera bien ricaner les générations d’alors.

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1er septembre 2010, par Mânus [retour au début des forums]

"Une affirmation du reste pertinente, tant que l’on n’adhère pas à l’adage commercial selon lequel le CD propose une meilleure qualité sonore que le disque vinyle. Car il s’avère que chaque support dispose de ses qualités propres, sans qu’aucun ne prenne véritablement le pas sur l’autre. Certes, le CD est exempt des craquements si caractéristiques du vinyle, mais le son qu’il propose reste néanmoins prisonnier du support sur lequel il est pressé. Ainsi, et face au rapport signal/bruit plus important du CD, le vinyle continue de proposer un son plus « chaud », et plus « naturel », en grande partie grâce à sa meilleure précision dans les sonorités médiums et aiguës, ce qui implique une meilleure finesse des timbres."

La reproduction d’un support analogique comme le vynile est beaucoup plus dépendante du matériel que le CD. Il y a des vyniles froids et criards. D’où l’importance du master aussi.

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    1er septembre 2010 [retour au début des forums]


    Tout à fait. Sans compter qu’avec l’avènement du home studio, le master sera bien souvent un simple format .wav en 16 bits et 44 Khz.

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      1er septembre 2010, par Yû Voskoboinikov [retour au début des forums]


      C’est quelque chose que je voulais effectivement intégrer, et qui est passé à la trappe ce coup-ci. Peut-être une prochaine fois ?
      Ceci étant, oui, le master est important, et d’une certaine manière, le fait de justement tendre vers une diffusion directe du master lui-même est en soi une obligation qualitative.
      Après, il faudra que les ingénieurs son actuels — aussi doués que leurs équivalents informaticiens — perdent cette mauvaise habitude de mixer avec un volume sonore élevé.
      Sans prétendre donner un cours de mixage, il me semble indispensable de revenir vers un mixage effectué à volume moyen, dont le but serait de pouvoir entendre chaque détail sonore, ce qui n’est plus possible au-delà d’un certain nombre de décibels, et qui donne les désastres actuels, où la musique gueule sans discernement.

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        1er septembre 2010, par Mânus [retour au début des forums]


        Petite erreur factuelle : le mixage, c’est placer les éléments musicaux dans l’espace et calibrer les effets sur ceux-ci.
        Ce qui donne la couleur finale, c’est bien le mastering, soit les effets ajoutés sur la piste stéréo (en général) qui sort du mixage avant l’envoi au pressage. Et c’est là que la "Loudness war" débute. Voir la controverse sur le "Death Magnetic" de Metallica, qui clippe à mort sur la version disque (il déglingue les limites physiques du CD) et qui serait meilleure sur la version Guitar Hero je pense.
        A une époque ou la musique ressemble à un gros carré quand on l’affiche dans un éditeur de son, que l’on télécharge des MP3 encodés en 128kbps et que l’on confond dynamique avec pêche, l’avenir n’est pas radieux.

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          1er septembre 2010, par Yû Voskoboinikov [retour au début des forums]


          Si effectivement la Loudness War intervient dans la partie mastering, elle ne représente pas tout l’enjeu.
          Et si tu as l’occasion de mixer les pistes, tu verras que le fait de mixer à des volumes sonores réduits permet un meilleur équilibrage de la piste (on peut mieux s’attarder sur les détails, de telle sorte que même en montant ensuite le son, l’on garde cette précision dans les détails ; tel petit coup de timbale ne sera pas noyé sous le reste, etc.).
          La Loudness War, ensuite, est effectivement un autre problème, qui se pose après.
          En fait, j’aurai du dire dès le départ que nous sommes face à deux problèmes qui, conjugués, donnent des catastrophes comme le Death Magnetic. J’espère avoir pu réparer mon approximation initiale.

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        1er septembre 2010 [retour au début des forums]


        il me semble indispensable de revenir vers un mixage effectué à volume moyen

        Je me suis laissé dire que c’était déjà de mise, du moins dans la musique électronique, pour les raisons de précision sonore que tu cites. La deuxième règle consistant à essayer de ne pas faire dépasser les crêtes plus haut que moins 6dB dans son mix, afin de laisser de la marge pour pouvoir gonfler le son sans trop l’altérer pendant l’étape du mastering. Ce qui permet par la suite de pouvoir jouer les morceaux sur des sonos très puissantes tout en gardant un son très propre.

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          2 septembre 2010, par Yû Voskoboinikov [retour au début des forums]


          Moyennement. Il me semble en effet qu’il y a de l’amélioration, mais l’Europe, et j’inclus les Anglais dans le lot, reste à la traîne.
          Quand je regarde les pressages japonais, ainsi que les sonorisations de salles là-bas, je mesure le fossé monumental qu’il reste encore à combler. Le son est plus fort, mais nettement plus "amical", dans le sens où l’on peut encore se parler, où la nécessité de bouchons se fait moins sentir, et surtout où, à volume plus élevé qu’ailleurs, le son ne crache pas. Les basses sont littéralement organiques, les aigus et médiums remplissent leur office parfaitement sans agresser, et l’on n’a pas la tête qui bourdonne en sortant de la salle.
          D’où le fait que je préfère me faire des séries de concerts de stars occidentales à Tôkyô qu’en Europe ; le confort est tout autre.
          (Et contrairement à ce que j’ai pu lire, le public japonais est loin d’être misérable.)

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            3 septembre 2010 [retour au début des forums]


            Les Japonais construisent peut-être aussi des salles mieux conçues au niveau de l’acoustique que nos hangars en béton armé habituels.

            Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet, c’est vrai, mais je ne voudrais pas conclure sans t’avoir témoigné toute mon admiration pour ce don exceptionnel qui te permet de jauger la qualité audio d’un pressage japonais rien qu’en le regardant... Chapeau !

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              3 septembre 2010, par Yû Voskoboinikov [retour au début des forums]


              C’est cela, le talent. ;-)
              (Et soit dit en passant, les livrets des pressages japonais sont les mieux imprimés au monde.)
              Ceci étant, les salles japonaises ne sont pas forcément meilleures que les salles françaises, dans le sens où hormis les normes de construction antisismiques, les Japonais ne font rien de spécial à ce niveau là, et la majorité des lives houses s’installent où elles peuvent, sans vraiment bénéficier de locaux spécifiques.
              Après, il faut se poser les bonnes questions : les Japonais sont-ils meilleurs, ou bien les Occidentaux n’ont-ils pas plutôt perdu leur savoir-faire ?

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1er septembre 2010, par Marcellus [retour au début des forums]

Résumé pour les plus pressés (hoho) : il existe plusieurs supports musicaux, ils coexistent, ils ont leurs avantages et leur défauts, pour la suite nous verrons, la technologie avance, le monde est un système dynamique.
Et merci.

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Et si l’iPad ne remplaçait jamais le papier ?

1er septembre 2010 [retour au début des forums]

Yeah ! Yû rules !

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