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Les albums de l’année

décembre 2008, par Vincent Ouslati

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1. Metallica - Death magnetic

Vous me direz, c’est facile de coller Metallica au sommet du podium, on l’attendait, prévisible et gnagnagna. Pas si évident en fait, car qui pouvait parier sur un tel retour après tant d’années pour le moins chaotiques ? Death magnetic, bien que perfectible, aura été le plus bel uppercut de cette année 2008, impressionnant, inespéré, et annonciateur, du moins je l’espère, d’un renouveau pour les Four Horsemen. On ira bien rechigner sur tel ou tel défaut de fabrication, mais il est bien difficile de ne pas mouiller le perfecto face aux émanations furieuses qui rejaillissent comme à la grande époque. Hetfield, rageur, a retrouvé toute sa niaque, et si Trujillo reste inaudible, son influence aura été déterminante dans la composition. J’y ai personnellement retrouvé des sensations oubliées depuis ...And justice for all ! Ecoutez That was just your life et vous comprendrez pourquoi Metallica a droit à la place d’honneur de mon petit panthéon 2008.

2. Opeth - Watershed

Agaçant de talent, capable de reprendre du Annie Cordy et de conserver toute sa crédibilité, Opeth a explosé les barrières du petit paddock death-metal depuis bien longtemps déjà. Watershed est au-delà de tout ce qu’a pu créer le groupe jusqu’ici, une ode fabuleuse au métissage, la poursuite de leur métamorphose, osant chaque fois un peu plus, se détournant de leurs racines occultes pour atteindre les cimes d’une musique plus posée et progressive, qui n’en oublie pas cependant de furieuses cavalcades mettant irrémédiablement à genoux. Mêlant avec bonheur guitares délicates et grosses embardées caverneuses, cet opus propose ni plus ni moins que la quintessence musicale d’Opeth. Album passerelle entre un passé glorieux et un futur des plus excitants, Watershed donne envie de poursuivre avec eux l’aventure. Curieux que nous sommes de voir les prochaines étapes de la mue.

3. Bauhaus - Go away white

Les jeunes rebelles gogoths des années 80 ont bien vieilli. On a rangé le mal-être dans l’attaché-case, on a laissé tomber la panoplie de vampire au profit de la veste cintrée mais pas trop, et Bauhaus a fermé la boutique en 1983. Une reformation en 2008 faisait craindre le pire, manque de thunes, nouvelle cuvée ringarde et à côté de la plaque, rien de bon à attendre des "précurseurs" du rock gothique vingt-cinq années après leurs derniers faits d’armes en tant que groupe. D’autant que les carrières solos des uns et des autres n’auront pas vraiment marquées les esprits (hormis le chanteur Peter Murphy, quoique qu’alternant entre purs chefs-d’œuvre et néant absolu...). Mais le miracle s’est produit, Go away white est une totale réussite, ne marquant aucune rupture avec les disques ultimes de la formation britannique, les riffs saignants, cette basse pesante et sombre, on a bien du mal à accepter que cet album n’a pas été totalement réalisé dans les eighties. A l’image de Metallica, les membres de Bauhaus n’ont pas oublié d’où ils venaient. Rassurant.

4. Oasis - Dig out your soul

Ce fut une bonne surprise que cet album, moi qui n’espérait plus rien des frangins morveux. Une bonne surprise, mais sans plus. A côté d’autres sorties récentes, ça ne me semblait pas non plus la huitième merveille du monde et Oasis, ça m’était passé. Puis, avec le temps, avec les écoutes successives, Dig out your soul se révèle comme un des meilleurs albums des frères Gallagher, assumant totalement leurs influences (vous savez lesquelles...), voguant avec bonheur entre le rock punkisant et les compositions plus travaillées, ils sont parvenus à laisser “un peu” de côté leurs gamineries de presse à scandales pour se remettre à bosser sérieusement. Au bout du compte, un album pas emmerdant, génialement maîtrisé, et qui ne prend pas la poussière. Oasis prouve qu’il est encore capable d’offrir quelque chose de consistant musicalement parlant, il était temps que les Gallagher repassent une couche de lustre sur leur discographie.

5. B.B. King - One kind favor

Du blues sur Pop-Rock ? Hérésie, blasphème ! Et pourquoi donc, ça vient d’où le rock ?, Led Zeppelin aurait bidouillé quoi pour alimenter en riffs la guitare de Jimmy Page ? Le royal B.B. King, plus vivant que jamais, retardant chaque année sa retraite méritée, se fend cette fois d’un bel hommage à ses pairs. Album de reprises, le mot est trop réducteur pour définir ce miraculeux petit bijou, la voix du King n’a pas faiblit, la main non plus, caressant les cordes de son instrument avec un touché égal à celui de ses vertes années. La fougue a laissé place à l’expérience et à la sagesse, la voix vous emporte loin, dans ce bar de la Nouvelle-Orléans, sur votre tabouret cradingue, accoudé au comptoir, la lumière blafarde, le King est là, sur la petite scène, et vous prenez un putain de pied, vous êtes heureux, vos larmes de plaisir se noient dans le whiskey. B.B. King, toujours fringant, toujours bonhomme, nous offre là plus qu’un simple hommage, il nous offre son talent, sa chaleur, et un peu de son âme. Produit par T-Bone Burnett, One kind favor est la petite touche de blues dans ce monde de brutes.

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Vincent Ouslati





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Les albums de l’année
(1/1) 26 avril 2016




Les albums de l’année

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These album were a big hit. Just a simply successful collections of songs. - League City Dentist

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