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U2 : "PopMart"
Pour en finir avec U2

dimanche 30 septembre 2007, par Geoffroy Bodart

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Pour la première fois, le groupe édite en DVD un live issu de sa tournée la plus pharaonique et la plus démesurée. L’occasion est idéale de revenir sur ce pan de l’histoire du « plus grand groupe de rock du monde », mais également sur tout ce qui fait qu’on peut aduler ou vouer aux gémonies (ou un peu des deux) cette formation qui reste en tout état de cause incontournable.

S’il y a une chose indéniable à propos de U2, c’est leur capacité et leur régularité à conférer à leurs concerts une identité visuelle forte, unique et identifiable en un quart de seconde. Qu’il s’agisse de leur concert aux dans l’amphithéâtre de Red rocks (comment ne pas se souvenir du clip de Sunday bloody Sunday ?), du Zoo TV tour ou de ce PopMart tour, U2 a toujours allié à la perfection le visuel et le musical, allant jusqu’à faire graviter ses concerts et ses tournées autour de concepts. Et à l’omnipotence des médias en général et de la télévision en particulier qui était au cœur du Zoo TV tour, succède sur cette tournée un supermaché bio de la science fiction (!), mélangeant savamment le kitch le plus dérisoire (mais assumé) et le trash, la vulgarité et la sensibilité, la pop et le rock.

Sur une scène gigantesque, devant un écran tout aussi démesuré, avec à ses pieds une foule hystérique, le groupe livra ce soir-là, le 3 décembre 1997, à Mexico City, une prestation à l’image de son concept et sa logistique : excessive, gargantuesque, mais impeccablement rôdée. Dès leur arrivée sur scène, sur une version techno de Pop musik, les choses semblent claires : U2 sont les rois, les stars, et ils n’ont pas l’intention de s’en laisser compter. Il faut dire qu’après les premières dates américaines catastrophiques et l’escapade européenne mi-figue, mi-raisin, le groupe qui maîtrise désormais bien son sujet, avec un staff qui a pris son rythme de croisière, se doit de montrer ce qu’il a dans le ventre. Il a voulu cette tournée complètement mégalo, au détriment, il faut le reconnaître, du peaufinage de son dernier album, il doit l’assumer. Et il le fait.

A entendre les morceaux de toutes les périodes de la carrière du groupe défiler, une évidence s’impose : U2 a composé un incroyable paquet de bombes rock’n’roll. On a parfois tendance à l’oublier lorsqu’on s’attarde sur les deux derniers albums ou sur les inévitables considérations extra-musicales, mais lorsque l’on subit un flot ininterrompu de chansons du calibre de I still haven’t found what I’m looking for, Even better than the real thing, Pride (In the name of love), Where the streets have no name, New year’s day, Mysterious ways, on ne peut que prendre son panard en oubliant pourquoi on est régulièrement amené à prendre un malin plaisir à casser du sucre sur le dos des Irlandais. Et les titres issus du dernier album, Pop, que le groupe est sensé promouvoir (même si, au fur et à mesure de la tournée, il a retiré de plus en plus de titres de ce disque pour les remplacer par des classiques), s’intègrent parfaitement dans ce répertoire, Staring at the sun constituant même l’un des premiers climax du concert.

S’il faut attendre deux ou trois chansons avant que la qualité sonore soit optimale, on ne trouvera rien à redire aux interprétations livrées ce soir-là. Faisant fi des arrangements impeccables et de la production lisse et propre de ses albums, U2 privilégie une approche plus sèche, moins classieuse, plus rock tout simplement, qui sied parfaitement au live, et qui contraste étrangement avec le caractère intangible et rôdé du show, des lumières, des projections sur l’écran. Et surtout, le groupe a l’air vraiment heureux d’être là. Bono et The Edge, surtout, font preuve d’une connivence et d’une complicité qui fait plaisir à voir, Larry Mullen Junior et Adam Clayton, bien qu’assurant parfaitement leur section rythmique, tirant les tronches d’enterrement qu’on leur connaît (on ne les changera plus, le réalisateur l’a bien compris en les montrant finalement fort peu). Autre contraste : malgré la démesure de la scène et du concert, Bono et The Edge nous gratifient d’un long moment acoustique (on serait tenté d’écrire « intimiste », mais ce serait pousser le bouchon un peu loin) sur la mini-scène à laquelle donne accès une longue travée au milieu du public, et qui se termine sur une interprétation magnifique et dépouillée de Sunday bloody Sunday par le guitariste pendant que Bono est parti se changer.

Et oui, il se change encore plusieurs fois par concert, le Bono. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au niveau du choix des tenues, on va de mal en pis. Mais le mauvais goût est assumé, fait partie du concept mêlant kitch et sf, et passe finalement comme une lettre à la poste. Car sur ce concert, on pardonne tout à Bono. Sa prestation est finalement comme tout le reste : excessive. Et on se surprend à réprimer ce sourire mesquin quand on le voit essuyer sa petite larme quand le public reprend le refrain de Pride (in the name of love), ou quand on le voit danser un slow avec une spectatrice et prendre un bain de foule pendant With or without you. Excessif, on vous le disait. Le Bono est parfaitement conscient du pouvoir de l’image, et de la sienne en particulier (il suffit de le voir s’amuser avec les caméras), il sait en jouer et en cela il a quelque chose de fascinant, il incarne la rockstar en plein. Et il faudrait être d’une mauvaise foi crasse pour nier le charisme, le panache et la flamboyance qu’il est capable de dégager, même s’il a parfois tendance à privilégier son jeu de scène plutôt que la qualité parfois inégale de son chant.

Au niveau de la mise en scène, du spectacle « son et lumière », c’est tout bonnement fabuleux. Malgré le mauvais goût et le kitch, on est assailli d’images magnifiques qui participent aux ambiances accolées aux chansons. Please est à ce niveau un véritable chef d’œuvre d’adéquation entre l’image et le son. Pourtant, le groupe sait aussi faire dans la sobriété. Pour le set acoustique sur la mini-scène, bien sûr, mais également pour One, joué en rappel, que Bono dédie à Michael Hutchence, décédé peu de temps avant ce concert.

D’un point de vue technique, il n’y a rien à redire sur ce DVD. L’image et le son sont impeccables. Une édition « limitée », ou « deluxe », ou « ultimate », ou « spéciale », ou que sais-je encore comporte un deuxième disque consacré aux bonus habituels : quelques chansons d’autres dates (mais qui font doublon), des making of, interviews. Pas forcément indispensable, à réserver aux fanatiques prêts à mourir pour la cause.

Un DVD et un concert irréprochables, donc, même si moins abouti que le Zoo TV tour, avec un U2 qui s’est coiffé de sa casquette d’entertainer. Celle qui lui va le mieux.



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Geoffroy Bodart





Il y a 2 contribution(s) au forum.

dropshippingwatch
(1/2) 5 avril 2010, par Administrator
U2 : "PopMart"
(2/2) 4 octobre 2007, par nericj




dropshippingwatch

5 avril 2010, par Administrator [retour au début des forums]

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U2 : "PopMart"

4 octobre 2007, par nericj [retour au début des forums]

Je suis conquis : je vais de ce pas l’acheter pour ce week-end...

Rdv lundi pour les commentaires ! !

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