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Jean-Louis Aubert : "Ideal tour"
Idéal très standard

jeudi 30 novembre 2006, par Geoffroy Bodart

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Allez zou ! Tout le monde dans le bus ! Jean-Louis Aubert nous convie à découvrir l’envers du décor, le quotidien d’une légende du rock français qui part en tournée défendre son dernier bébé. Mais sur scène comme en dehors, c’est surtout la guitare qui va s’exprimer et nous faire partager une jolie tranche de vie. On ressort des quatre heures de visionnage content, ce double DVD se montrant à l’image de l’artiste : franc, généreux, sympathique, au risque de se révéler un poil répétitif et trop politiquement correct.

Le premier DVD est consacré au film Ideal Tour. Par « film », comprenez des extraits de concert entrecoupés de petites scènes en noir et blanc donnant la parole aux acteurs, Aubert, ses musiciens et leurs instruments. Par miracle, les deux écueils typiques de ce genre d’exercice sont évités. Tout d’abord la multiplicité des concerts dont nous sont proposés certains extraits ne nuit en rien à l’unité du film. On passe d’une scène à l’autre, d’une ville à l’autre, d’un public à l’autre. En cela, l’objectif du réalisateur de nous positionner en tant qu’accompagnateur du groupe plus qu’en tant que spectateur d’un unique événement est parfaitement accompli et, sitôt qu’on en accepte le principe, on se laisse prendre par la main et on suit le guide. De plus, malgré l’éclatement de la structure, le schéma de base de tout concert est respecté avec son ouverture, son apothéose et ses rappels. La transition entre les différents concerts sélectionnés est opérée à merveille par les petits documentaires qui séparent les différentes chansons. Et c’est là que le deuxième problème récurant du documentaire est évité, car ces passages sont courts, ne se veulent en rien intéressants et vont au-delà de l’épisode de transition ou du simple remplissage. Ils permettent de réellement appréhender l’ambiance de la tournée. Petites interviews, présentation du groupe, déconnades (très gentilles) dans le bus, et de la guitare, encore de la guitare, toujours de la guitare. Au fur et à mesure de ces petits reportages nait une véritable sympathie à l’égard de l’entourage d’Aubert. La bonne ambiance qui semble régner est communicative, et quand on assiste à une nouvelle scène de concert, on connaît mieux les musiciens, on se sent plus attaché à eux et on regarde un groupe plus qu’Aubert et ses accompagnateurs. Chapeau au monsieur pour cette belle leçon d’humilité puisque, tant sur scène qu’en dehors, jamais il ne tirera la couverture à lui.

Le deuxième DVD contentera ceux qui auraient pu être rebutés par l’aspect « docu de proximité » du premier disque, puisqu’il propose deux concerts (pas en intégralité). Le choix des concerts proposés est excellent car parfaitement illustratif de la tournée. D’une part nous avons le concert des Francofolies de La Rochelle. De l’autre nous avons un concert dans une petite salle, le Point Ephémère à Paris, un concert pour les fans qui commence... dans la rue. On appréciera, dans les deux cas, l’évident plaisir d’Aubert et de sa bande de jouer. On ne brade pas la qualité dans les petits endroits. On ne se prend pas au sérieux devant des milliers de spectateurs. Deux petits bémols, toutefois. Tout d’abord, on a déjà pu entendre un bon nombre des titres de ces concerts sur le premier disque, certains extraits des Franco étant même présents sur le film. D’où une désagréable sensation de doublon. Ensuite, la répétition de certaines interventions d’Aubert de concert en concert casse la spontanéité de l’événement et rappelle à ceux qui l’auraient oublié (à ceux qui veulent l’oublier le temps du concert) qu’on a avant tout affaire à un show carré, pensé et calculé. Une petite coupure à ce niveau n’aurait pas été de trop.

C’est bien beau tout ça, mais... et la musique ? Les titres du dernier album, qui sont présentés en nombre conséquent, semblent généralement bien accueillis par le public, et l’on retiendra plus les très jolies interprétations d’Ailleurs, par exemple, que du très bateau et trop entendu Parle moi. Mais, il ne faut pas être devin pour s’en douter, c’est essentiellement les titres de Téléphone qui déchainent les foules. Et il est clair qu’ils seront toujours plus percutants que les ballades et le rock plus aseptisé issus de la carrière solo du guitariste-chanteur. Ces derniers ne paraissent pas démesurément plus faibles, une fois incorporés dans l’ensemble mais illustrent l’évolution de leur auteur vers des sphères plus calmes et posées, à son image en somme. Au niveau du son, rien à redire, c’est du travail de pro. On distingue chaque instrument, le public est assez en retrait, les guitares se déchaînent dans des soli virtuoses et n’hésitent pas à incorporer un riff des Rolling Stones ici ou là, le fidèle Richard Kolinka s’amuse comme un gosse derrière ses fûts et la bonne humeur est communicative.

Le DVD ne s’impose pas comme un grand classique dans l’histoire du live mais il n’en a pas l’ambition. Il constituera surtout un témoignage plaisant pour ceux qui ont assisté à une date de cette tournée ou une agréable séance de rattrapage pour ceux qui ont zappé ou manqué l’histoire de Téléphone et de son chanteur.



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Geoffroy Bodart





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Jean-Louis Aubert : "Ideal tour"
(1/1) 2 novembre 2016




Jean-Louis Aubert : "Ideal tour"

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His concerts are one of the most successful events in the music industry. - Marla Ahlgrimm

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