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Iron Maiden : "Live after death"
Ironslave

mercredi 26 mars 2008, par Geoffroy Bodart

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Il aura donc fallu attendre cinq albums studio avant que Maiden se décide à sortir un disque live. Par la suite, le groupe se montrera beaucoup plus prolifique dans ce genre d’exercice. Mais jamais il ne retrouvera l’état de grâce atteint sur cette mythique tournée de 1985, dont toute la puissance et la splendeur ont été captées sur ce souvenir d’une autre époque.

Live after death est avant tout reconnu en tant que support audio, comme un grand classique des enregistrements publics. A cet égard, on pouvait facilement imaginer que la vision de ce DVD n’apporterait pas grand-chose à la perception du groupe. Que nenni ! Désormais, la Vierge de Fer n’aura plus tout à fait le même visage... et celui qui ressort de la vision de ce concert est beaucoup moins terrifiant que celui d’Eddie sortant de sa tombe, sur ce qui reste l’une des plus belles pochettes de Maiden, de metal et peut-être même un peu plus.

Au niveau de la grandiloquence, de la puissance dévastatrice et du caractère épique et flamboyant, là, pas de problème : on retrouve en image tout ce qu’on connaissait de par la musique. Le décor égyptien inspiré du visuel de Powerslave est magnifique et étonnant de finition, conférant une vraie splendeur aux chansons. De même pour le light show travaillé, les effets pyrotechniques et la brume qui envahit la scène sur le passage atmosphérique de The rime of the ancient mariner : on est clairement dans une superproduction pour l’époque.

Au niveau du look des protagonistes et de quelques effets (la momie sur échasses qui déboule sur scène lors de Powerslave), on a beau s’être préparé mentalement en compulsant les clips de l’époque, les photos des livrets, etc., rien ne nous prépare vraiment à une telle débauche de mauvais goût et de kitscherie. Les tignasses, les fringues, l’attitude sur scène, impossible de ne pas se tordre de rire devant cette fine équipe. Le summum étant atteint lorsque Bruce Dickinson entonne le refrain de Powerslave avec un masque à plumes irrésistible de drôlerie sur le crâne. De ce point de vue-là, impossible de nier que ce live a terriblement vieilli et se regarde par moment comme un documentaire sur le mauvais goût des 80’s. Cela n’enlève rien au plaisir de la vision (au contraire) : non seulement cela ajoute un surplus de bonne humeur à celle que dégage déjà les musiciens, mais cela n’empêche en rien de profiter de l’ampleur du spectacle proposé, ni de la prestation des musiciens (Dave Murray est exécrable d’aisance dans ses parties de guitare).

Mais plus que tout, le plus grand plaisir que l’on retiendra de la vision de ce concert, c’est la certitude de voir un groupe à son top et qui prend un plaisir plus qu’évident à être sur scène. L’énergie dégagée par le groupe est grisante à plus d’un titre, et même si des problèmes d’égo pointaient déjà le bout de leur nez entre Dickinson et Harris, sur scène, il n’en transparaît rien. Ce qu’on voit surtout, au-delà des personnalités, au-delà même de la superproduction, c’est un groupe qui s’amuse, se fait plaisir et joue autant avec son public que pour son public. Il faut voir Dickinson porter Murray sur ses épaules et aller chatouiller Adrian Smith en plein solo pour le croire. Quant à Nicko McBrain, on savait déjà qu’il était cinglé, mais ce qu’il donne à voir ici donne de lui l’image d’un irrécupérable.

Les chansons jouées en rappel sont à cet égard très marquantes. Si elles ont été amputées lors de leur passage sur CD, on les découvre ici dans tout leur caractère ludique. Pensées comme des terrains de jeu, des zones d’interaction entre le groupe et son public, elles laissent une double impression : d’une part, c’est vite emmerdant à regarder, mais d’autre part elles laissent l’image d’un groupe qui n’a pas (encore) pris la grosse tête et qui, derrière toute la logistique et l’énormité du spectacle, sait encore se montrer extrêmement proche de son audience.

Mis à part cela, quel bonheur que de réécouter, encore et encore, les interprétations fameuses fournies lors de ces quatre soirées à la Long Beach Arena (le DVD capte l’intégralité de l’une de ces soirées). Si un titre comme Flight of Icarus perd un peu de sa spécificité, mangé qu’il est par cette électricité, il gagne en efficacité et se fond dans un ensemble cohérent. Le chant de Dickinson atteint ici des sommets, et on ne sera pas prêt d’oublier son interprétation sur la version magnifiée de Hallowed be thy name, qui, avec ses tempos modifiés, a complètement supplanté la version studio. On regrettera seulement de ne pas pouvoir découvrir de visu les interprétations de Wrathchild, 22 Acacia Avenue, Children of the damned, Die with your boots on et Phantom of the opera, morceaux uniquement présents sur le vinyle et sur la réédition en double-CD.

Pour cette première sortie en DVD, il nous est proposé rien de moins qu’un double-disque. Le premier est consacré uniquement au concert, comme d’habitude. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne se sont pas foulés au niveau de la qualité d’image. Pas nettoyée, pas nette, des couleurs peu contrastées : on a parfois l’impression de regarder une VHS usée. Vraiment dommage qu’aucun effort n’ait été accompli de ce point de vue. Heureusement que le son est nickel. Le deuxième disque est bourré de bonus plus ou moins intéressants. Des documentaires, des interviews d’époque, des extraits de concerts qui font le plus souvent doublon et sont même parfois inaudibles (à Rio, lors de leur première partie de Queen), des clips, des photos. La totale pour contenter le fan compulsif, qui se doit, bien évidemment, de posséder cette pièce vénérable et capitale dans la discographie du groupe anglais.



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Geoffroy Bodart





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Iron Maiden : "Live after death"
(1/1) 13 janvier 2014, par willstewart




Iron Maiden : "Live after death"

13 janvier 2014, par willstewart [retour au début des forums]

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