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Paris, La Boule Noire, 31 mars 2003
Sepultura
Un air chaud venu du Brésil...

vendredi 4 avril 2003, par Jérôme Prévost

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En prélude à la sortie de leur album Roorback en mai/juin de cette année, le groupe brésilien Sepultura se fait la main avec une mini-tournée promotionnelle d’une quinzaine de dates dans des clubs en Europe, pour embrayer ensuite vers les Etats-Unis… Compte-rendu d’une soirée mouvementée à Paris.

La Boule Noire : une cave située en contrebas de la salle voisine, La Cigale. Pour ceux habitués à y voir jouer des groupes assez modestes, l’annonce d’une visite de Sepultura pouvait étonner. Les quelques 300 métalleux ayant obtenu un billet savaient visiblement ce qu’ils voulaient. Pour les autres, aucun billet au noir n’étant disponible, ils devront se déplacer en Allemagne, attendre une « vraie » tournée assez bientôt, ou rejoindre le Graspop festival le 4 juillet.

Le groupe arrive avec une heure trente de retard, sans première partie, ni musique d’intro. Le public, bien énervé par la chaleur ambiante, n’en pouvait plus d’attendre. Le premier titre, Troops of Doom, leur donne l’occasion de se venger. S’ensuivent alors 85 minutes de pogo, auxquelles seuls échappent les gens réfugiés au fond. Si les lights sont minimalistes et le son très gras, les quatre musiciens vont au fond des choses. Derrick Green, le chanteur du groupe depuis 1998, prouve qu’il s’est fait la main dans des clubs de hardcore tels que celui-ci. Il lâche vite sa guitare après les premiers titres pour se consacrer pleinement au chant, ou plutôt aux hurlements que reprennent les fans en chœur. La setlist n’est pas choisie au hasard : chaque album est passé en revue, les plus anciens titres provocant les meilleures réactions du public. Si l’absence d’une réelle guitare rythmique se fait sentir sur certains titres (seule raison de déplorer le départ de Max Cavalera), Andreas Kisser ne faillit pas à la tâche et livre ses meilleurs solos, parfaitement soutenu par la basse de Paulo Jr et le martèlement très technique d’Igor Cavalera. Entre les titres, Derrick parle, rit, plaisante, serre des mains, lance un « Fuck the war ! ». Andreas, lui, provoque le public en levant cinq doigts : « Brazil, 5 times champion ! » - le classique et peu subtil « Et un, et deux, et trois zé-ro ! » fuse alors de la salle. Amis du football, bonsoir. Les meilleurs moments du concert : les enchaînements Desperate Cry / Biotech is Godzilla et Inner Self / Beneath the Remains, accompagnés de violents mouvements de foule. Deux nouveaux titres (Corrupted, Mindwar) sont bien accueillis, tout comme les deux reprises tirées du dernier EP du groupe : Messiah de Hellhammer et Bullet the Blue Sky de U2, avant lequel Derrick prend soin de prévenir : « Don’t worry, we’re gonna do it the Sepultura way ! » - aucun doute sur le sujet. Peu avant la fin, Derrick félicite le public, enthousiaste : « You’re the best fucking audience from this tour so far… ». Le concert se termine, sans rappel, sur l’hymne de 1996, Roots Bloody Roots. Le groupe salue une dernière fois et s’en va ; les lumières se rallument et les spectateurs épongent leur sueur, éreintés. Rendez-vous dans une salle plus grande, très bientôt… où malheureusement l’intimité avec le groupe sera bien moindre.

A noter, le EP de reprises Revolusongs sorti en novembre 2002 au Brésil et au Japon, est disponible en import. Constitué de 7 titres pour un total de 28 minutes, il prouve que le groupe sait relever de nouveaux défis : en plus de reprises presque attendues de Devo, Hellhammer et Exodus, d’autres bien plus originales surprennent : U2, donc, Jane’s Addiction, mais surtout Public Enemy et Massive Attack. Ces deux derniers titres valent à eux seuls l’achat du disque, du moins pour les auditeurs ouverts d’esprit - dont vous faites forcément partie, n’est-ce pas ? Pour les plus patients, il semblerait qu’un package Revolusongs + Roorback soit disponible à la sortie de l’album.



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Jérôme Prévost