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Trix, Borgerhout, 27 février 2011
Power of Metal 2011
Retours gagnants

jeudi 3 mars 2011, par Arnaud Splendore

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Ozzy Osbourne, hormis sa participation à la légende de Black Sabbath, peut également être crédité pour avoir remis au goût du jour les festivals itinérants. La Ozzfest, que l’on aime la philosophie ou pas, a au moins le mérite d’emmener sur la route des tonnes de petits groupes qui n’auraient pas les moyens de le faire par eux-mêmes, ou alors qui seraient cantonnés dans des petites salles avec un nombre limité de dates. La formule s’étant montrée efficace, elle a été fatalement repiquée par d’autres, parmi lesquels on trouve Dave Mustaine et son Gigantour, ou Slayer et l’Unholy Alliance. Pour l’occasion, ce sont deux pointures du heavy US qui s’y collent et qui emmènent dans leurs bagages une affiche certes hétéroclite, mais franchement bandante.

Pour ce qui est d’essuyer les plâtres, ce sont les Finlandais de Thaurorod qui s’y collent. Battant le pavillon d’un power-metal ultra-classique, dans la plus pure veine Blind Guardian, le groupe vient défendre son premier album. Autant vous le dire d’entrée de jeu, Thaurorod était passé largement en dessous de mon radar et si j’avais rattrapé mon retard en jetant une oreille sur leur production, le résultat m’avait laissé assez froid. Mais soyons beau joueur un instant, le verdict de la scène leur est plus favorable. Premier bon point, les Finlandais ont viré leur chanteur et embrigadé Michele Luppi (ex-Vision Divine), dont le registre plus varié aère la musique du groupe. Hormis cela, le groupe enquille systématiquement les clichés du genre, mais dans l’ensemble réalise un bon ouvrage. Rien d’inoubliable, mais au vu de la qualité de la production power-metal à l’heure actuelle, Thaurorod n’a pas à rougir. A réévaluer sur un prochain album.

C’est ensuite aux Danois de Mercenary de venir gagner leur bifteck. Le groupe avait pas mal de choses à prouver, puisque les Danois avaient récemment perdu la moitié de ses effectifs, notamment le chanteur dont les performances vocales digne d’un Tim Owens constituaient une bonne partie de l’intérêt du groupe. Avec la performance de ce soir, Mercenary atomise totalement tous les doutes que l’on pouvait avoir sur sa survie. Rene Pedersen, le bassiste qui assure désormais également toutes les parties de chant, est une bête de scène et passe avec une aisance incroyable d’un grunt hardcore à des poussées dans les aigus dignes de Rob Halford. Le groupe en profite tout naturellement pour caser trois titres de son nouvel album. Si je n’ai pas encore pu coller mes esgourdes sur la galette, le résultat proposé sur scène a du moins l’air prometteur. Quoi qu’il en soit, le thrash contemporain des Danois est toujours aussi convaincant sur scène que sur album, et le groupe emporte sans problèmes les suffrages du public. Après un concert pareil, on a d’autant plus de mal à comprendre comment Mercenary ne remporte pas plus de succès.

Le troisième concert de la soirée fait figure de mini-événement dans le microcosme du metal progressif, puisqu’il s’agit du retour des cultissimes Psychotic Waltz. Le groupe est le seul de la soirée qui n’a pas un nouvel album à présenter, les Américains sont juste venus se décrasser un peu avant de rentrer en studio. Pas de nouveau titre pour ce soir, mais une plongée dans l’histoire d’un des groupes les plus sous-estimés, tous genres confondus. Pour dire les choses de façon simple, Psychotic Waltz, c’est la grande classe. Les musiciens sont de véritables monstres et Devon Graves, le chanteur, est un maître de cérémonie certes réservé mais néanmoins impressionnant. Le groupe, tout en subtilité fait peut-être un peu tache au milieu d’une affiche plutôt musclée et si les plus gros veaux du public en profitent pour aller descendre leur quota d’alcool à la buvette, les valeureux qui restèrent fidèles au poste ont eu droit à une véritable leçon de musique, tous genres confondus. Et quel bonheur de pouvoir entendre Into the everflow en live !

On arrive enfin au gros morceau de la soirée avec la première tête d’affiche, les Américains de Nevermore. Après le prog’ cérébral de Psychotic Waltz, le thrash ultra-moderne de Nevermore sonne comme une invasion de la Pologne. Le groupe n’est pas là pour plaisanter et enchaîne les titres rapides comme autant de boulets de canon. Pour autant, Nevermore n’est pas à la fête ce soir. De toute évidence, le chanteur Warrel Dane est malade comme un chien et tousse comme un perdu entre les titres. Ceci dit, cela n’affecte pas vraiment sa prestation et, en bon soldat, Dane martèle ses mots acides avec autant de conviction que d’habitude. D’autre part, le groupe doit se passer des services du bassiste Jim Sheppard, récemment opéré d’une tumeur au cerveau. Nevermore affiche donc à la basse une donzelle fort avenante, mais au gabarit qui dénote quelque peu sur scène. Mais les apparences sont trompeuses car la demoiselle, choisie par Sheppard lui-même, envoie le bois de façon magistrale. Rien que pour avoir assuré un concert impeccable dans de pareilles conditions, Nevermore mérite les félicitations du jury.

Pour clôturer une soirée haute en couleurs, nous retrouvons, après deux ans d’absence, les prog-metalleux de Symphony X. Le nouvel album des Américains n’est certes pas encore dans les bacs, mais il est déjà enregistré et Symphony X en profite pour nous présenter deux nouveaux titres, Heretic et Dehumanize. Pas de révolution en vue dans le style musical du groupe, mais les deux chansons passent sans problème le test de la scène et ont le mérite de donner l’eau à la bouche. On ne sait pas encore pour quand la sortie du nouvel album est prévue, mais ce sera de toute évidence une galette à ne pas louper. Le reste de la performance du groupe s’articule autour du disque précédent, Paradise lost. L’aspect le plus étonnant d’un concert de Symphony X, c’est le contraste entre la complexité de leur musique et la décontraction affichée des musiciens sur scène. Certes, le groupe se produit devant un public conquis d’avance, mais les membres de Symphony X sont véritablement à l’aise sur scène, plaisantant entre eux et jouant avec le public. En guise de rappel, le groupe nous gratifie d’un Smoke and mirrors d’anthologie et conclut ainsi une fort bonne soirée. Cette édition du Power of Metal étant plus que convaincante, espérons que ce mini-festival repassera par chez nous lors d’une édition future.



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Arnaud Splendore





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Power of Metal 2011
(1/1) 6 mars 2011, par Claudy Criquilion




Power of Metal 2011

6 mars 2011, par Claudy Criquilion [retour au début des forums]

C’est grâce à un de tes vélos que j’ai été champion du monde à Montjuich, Splendor.

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