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La Paz, Coliseo Instituto Americano, 26 novembre 2009
Paul Di’Anno
Gros bol d’air

samedi 12 décembre 2009, par Vincent Ouslati

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On a les évènements qu’on peut en Bolivie. Régulièrement évité par les grosses pointures durant leurs tournées sud-américaines, il faut souvent se contenter de cover band locaux (souvent très bons au demeurant) pour se donner des allures de bled aimé du show biz. On évite quelques starlettes trop pompeuses, on évite aussi AC/DC qui se produisait dans l’Argentine voisine (ouinnn !) et l’on se concentre sur des mecs plus discrets, plus à même de vous en donner pour votre fric sans artifices, juste avec une gueule, une attitude et des refrains qui font s’allumer les potards. Paul Di’Anno fait partie de ces zozos qui baroudent sans relâche et toujours avec le même plaisir. Si le nom ne vous dit pas grand-chose, c’est sur une scène qu’il fait reluire sa légende, loin d’Iron Maiden, mais certainement plus proche de son public.

Je vous éviterai les histoires cocasses qui m’ont amené à l’achat des billets pour cette soirée, à peine parlerai-je du fait que j’ai du acheter les préventes (80 bol. soit 8 Eur. environ) dans une laverie automatique de La Paz, et que le reçu ressemblait si fortement à tout et à rien que je me suis trouvé un peu con le lendemain au moment de récupérer les tickets. La nana du guichet crut en effet que je voulais l’arnaquer vu que je lui ai présenté en toute bonne foi le reçu de ma facture de gaz (véridique...). Je dus retourner en hâte à la casbah pour retrouver le bon reçu.

Et je n’évoquerai bien entendu pas le fait que ladite nana, certainement troublée par mon erreur et mon charme naturel me fila sans le vouloir trois billets au lieu de deux, autant dire que la soirée ne me couta pour ainsi dire rien...

Paul Di’Anno en Bolivie, je ne pensais franchement pas voir ça un jour, pourtant le bonhomme effectue bel et bien quatre dates dans le pays, dont cette fameuse nuit du 26 novembre 2009 à La Paz. On me dit 20 heures devant la porte, le concert ne commencera qu’à 22 heures, chose classique dans ce pays où rien ne commence jamais à l’heure prévue, vraiment rien. Le Colisée est en fait le gymnase de l’Institut d’études américain, une salle qui s’apparente en volume à l’Élysée Montmartre, donc de taille correcte pour ce type de shows. Le programme était simple, quelques bières pour se mettre en jambes puis aller se moquer de la première partie, défendue comme il se doit par un combo local, Facto Alfa. Ennuyeux au possible, avec cette bouillie de métal progressif très dopé au synthé et aux roulements de batterie incessants. Le public dodeline à peine des cervicales, mais reste plutôt aimable et attend sagement que la torture cesse. Le chanteur place quelques discours politiques à l’intérêt tout aussi limité, mais c’est bien quand il ferme sa gueule que la salle semble la plus ravie.

Enfin, le chevelu annonce l’entrée de Paul Di’Anno qui cette nuit s’accompagne des musiciens boliviens du groupe Iron Of The Beast. Je n’avais jamais vu Popaul en chair et en piercings, et le bonhomme est en effet impressionnant, avec une carrure de déménageur breton sans le chapeau rond et une gueule de gros bébé qui directement vous le rend sympathique. Quelque peu échaudé par la bière, excellente ici (et pas chère...), je commence à trémousser de la caboche, Di’Anno s’installe devant le micro, puis nous jette a la gueule un Wrathchild que personne n’avait vu venir. Et me viennent en tête les titres du premier album d’Iron Maiden, époque bénie où le groupe alignait les pains punkisants les uns derrière les autres, où la jeunesse du combo faisait des miracles, entre spontanéité et déjà grand savoir-faire dans les compositions.

Di’Anno, bien que légèrement grippé suite à une tournée en Pologne qui est "un pays de merde" selon son appréciation, assure parfaitement ses vocaux, plus rugueux, plus brutal, ce titre d’entrée est fait pour lui. En quelques secondes, la salle quelque peu amorphe se transforme en champ de manœuvres pour jeunes dépravés, ça se bouscule, ça hurle, Di’Anno est la bête de foire que j’imaginais.

Pourtant, le puissant quinquagénaire donne des signes de fatigue, l’air lui manque. Située entre 3.400 et 3.800 mètres d’altitude, La Paz demande quelques jours d’acclimatation pour pouvoir y respirer correctement, mais les organisateurs des concerts ont cru bon de faire démarrer la tournée directement par la capitale au lieu des grosses villes alentours, plus clémentes niveau climat et qui servent normalement de paliers de décompression.

Le bougre souffle et boit énormément pour compenser, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre sans remords son set avec des maideneries du temps jadis qui en ressortent tout aussi percutantes. Prowler et Running free (qui sera joué en rappel) sont transcendés par l’interprétation de Popaul, bien que diminué, soufflant comme un phoque, tirant la langue avec un sourire de désespéré. Peu importe, il gère la boutique quoi qu’il arrive. Il perdra aussi pas mal d’énergie à pester contre le guitariste soliste, qu’il insultera copieusement durant toute la prestation car jugeant qu’il n’en fout pas une. On en vient presque aux mains, presque, ambiance ambiance...

La set-list est partagée entre les succès des deux premiers disques de la Vierge de Fer et les compositions personnelles de Di’Anno, franchement plus basiques. Mais le public ne lui en tient pas rigueur et je suis même surpris de voir que nombreux sont ceux qui connaissent très correctement son répertoire post-maidenien. Vidant bouteilles sur bouteilles (eau et boissons énergisantes, pas de Red Label visible), Di’Anno finit par demander durant le solo d’un sublime Remember tomorrow qu’on lui amène les bouteilles d’oxygène, il s’en met une lampée énorme dans la gorge puis repart dans des hurlements caverneux de folie.

Mais cette putain de grippe et l’altitude finissent par avoir le dernier mot. Handicapé par des crampes dans la jambe et visiblement exténué, notre Popaul finit par laisser le dernier mot au guitariste maudit qui lance en guise d’ultime rappel Transylvania.

Di’Anno s’excuse maintes fois pour le spectacle un poil gâché par ses petits ennuis, mais on ne lui en tient pas rigueur. Tant sa capacité à mettre le feu en deux minutes est admirable, tant ce type insuffle une passion encore surprenante à son public qui le lui rend bien. On espère le revoir bientôt, le Popaul, dans un autre lieu et avec un meilleur gratteux, car il en vaut la peine. Les meilleures années d’Iron Maiden, c’est lui.

Pour la galerie photos, c’est par ici.



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Vincent Ouslati





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Paul Di’Anno
(1/4) 26 avril 2016
Paul Di’Anno
(2/4) 14 décembre 2009, par Lemmyke
Paul Di’Anno
(3/4) 13 décembre 2009
Paul Di’Anno
(4/4) 12 décembre 2009, par HB




Paul Di’Anno

26 avril 2016 [retour au début des forums]

He performed well. The concert was amazing. - League City Dentist

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Paul Di’Anno

14 décembre 2009, par Lemmyke [retour au début des forums]

Article plutôt sympa, ma foi ;-)

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Paul Di’Anno

13 décembre 2009 [retour au début des forums]

Que faisait le clown de Huy en Bolivie ?????

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Paul Di’Anno

12 décembre 2009, par HB [retour au début des forums]

Quels(s) bol(s) vous avez, vraiment, de pouvoir vous offrir ce genre de raretés. Magistrales et excellentes, vos précisions sur les ravages de l’altimétrie…

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