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Paris, Elysée Montmartre, 23 mars 2003
Paradise Lost
Within Temptation en première partie

mardi 25 mars 2003, par Jérôme Delvaux

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Nous les avions manqués à Brielpoort (sold-out très rapide), nous ne pouvions nous permettre de laisser passer leur concert dans la ville lumière. D’autant qu’après l’Allemagne, la France est un des pays où Paradise Lost est le plus populaire et ce, depuis leurs débuts, il y a treize ans.

Après deux concerts en France, à Montpellier et à Bordeaux, Paris était l’étape obligée des auto-proclammés maîtres du dark-rock.

Comme on pouvait s’y attendre, l’Elysée Montmarte affichait salle comble. Les billets furent vendus d’autant plus vite que Paradise Lost partageait l’affiche avec Within Temptation, un groupe montant de la scène gothic-metal. Les jeunes fans de cette formation hollandaise étaient des dizaines, reconnaissables par leurs T-shirts frappés de l’emblème du groupe, massés dans les premiers rangs. Il n’y a pas à dire, ils ont su mettre une ambiance du tonnerre. D’entrée de jeu, nous sommes obligés de mettre un bémol à notre jugement du public français, très décevant au concert d’Interpol. Il faut reconnaître que les métalleux parisiens sont capables de mettre le feu à une salle !

Il faut dire que sur scène le spectacle vaut le déplacement. La très charismatique chanteuse Sharon den Adel, en robe de mariée, donne vraiment de sa personne. Elle disparait de la scène, puis réapparait sur le balcon. Quand elle revient, c’est pour entonner de sa superbe voix l’hymnique Mother earth : un régal. La reprise de Running up that hill de Kate Bush sera la cerise sur le gâteau.

Jouer après un set d’une telle qualité, et devant un public divisé, n’est pas évident pour Paradise Lost. Ils parviendront toutefois à s’acquitter honorablement de la tâche. Des pogos assez violents commencent dans la fosse dès l’intro Isolate, premier titre du dernier opus. Malheureusement, aucun des deux claviers présents sur l’album ne sont sur scène ; le groupe joue sur une bande, diffusée depuis la régie. Si je trouve ce procédé déplorable, les métalleux radicaux, eux, se réjouissent de ne pas y voir ces instruments maudits.

Paradise enchaîne les titres récents comme Two words, Self obsessed ou Symbol of life avec des chansons plus anciennes, certaines datant de leur période death-metal pur et dur. On échappera pas à leur hymne de 1992 : As I die, le morceau qui les a propulsés au tout premier plan. So much is lost, au chant toujours Gahanien, sera le seul extrait de "Host", qui reste leur disque le plus controversé. "Believe in nothing", son successeur, est aussi un peu laissé de côté et les fans ne trouvent finalement rien à y redire. Un titre extrait du fameux "Icon" rendra bien plus heureux la majorité d’entre-eux. Erased, autre extrait du dernier album, laisse un goût de trop peu : le superbe chorus féminin de Joanna Stevens est absent, même de la bande pré-enregistrée. Enfin, la reprise de Small town boy, le tube pop de Bronski Beat est dans un premier temps très mal accueillie par le public (un intelligent hurle "chanson de pédés" au moment où Holmes la présente) mais finira par faire autant de déluges dans la fosse qu’Isolate. Un petit regrèt, Channel for the pain, le meilleur morceau de "Symbol of life", selon moi, est absent de la play-list.

Sur scène, Greg Mackintosh semble sur une autre planète. Bien que toujours excellent à la guitare, le compositeur et leader du groupe, qui arbore un t-shirt "666", est complètement bourré. Pendant l’heure et demi que dure le concert, il n’adresse pas le moindre regard en direction de son public. Très hautain, il se planque en backstage jusqu’à l’ultime seconde et joue sa diva. Le chanteur Nick Holmes (photo ci-dessus) partage la mégalomanie de son vieux compère. Il snobe ses fans. En backstage, il va jusqu’à refuser de signer des autographes. Sur scène, furieux à cause de problèmes de micros et d’oreillettes, il jette des regards assassins à un de ses roadies. Un "vieux" fan rencontré sur place et qui les a déjà vu sept fois (il s’appelle Jérôme, ça ne s’invente pas) nous confie que c’est une habitude. Nick a un jour copieusement insulté le public lors d’un passage à la Locomotive, salle parisienne sans doute trop petite à son goût. Une autre fois, dans un festival, il a passé son temps à se plaindre car il n’était pas content d’être programmé un après-midi.

Aaron Aedy (guitare), Stephen Edmonson (bass) et Lee Morris (batterie) sont eux à l’antipode des deux frontmen. Aaron plaisante avec le premier rang (dont fait partie votre serviteur) et donne même sa bouteille d’eau au fan à côté de moi. Avant le show, il dédicace ma place, tout comme Stephen et Lee toujours souriants et hypers accessibles.

C’est donc, au final, une performance assez mitigée du groupe anglais, à laquelle nous avons assisté. L’énorme ovation et les "encore" du public, loin d’être usurpés, étaient sans doute plus dû au bonheur de (re)voir sur scène un des plus grands noms du gothic-metal qu’à la qualité intrinsèque de la prestation du groupe anglais.

"Symbol of life"

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le document : ma place dédicacée par Aaron Aedy, Lee Morris et Stephen Edmonson



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Jérôme Delvaux





Il y a 2 contribution(s) au forum.

> Paradise Lost
(1/1) 7 mars 2004, par macf




> Paradise Lost

7 mars 2004, par macf [retour au début des forums]

Pour répondre à ton article, j’ai obtenue des autographes de nick et greg à la fin du concert et me suis fait prendre en photos avec eux, au fond ils aiment bien leurs fans quand même !

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    > Paradise Lost

    9 juillet 2004, par Géraldine [retour au début des forums]


    Moi je suis d’accord avec l’auteur de l’article : d’abord, Nick Holmes a chanté comme une chèvre, pour ceux qui ont eu la joie de discerner sa voix camouflée par les instruments, et la communication avec la salle était inexistante. Ca ne m’empêchera pas de continuer à acheter leurs albums, mais je ne me déplacerai plus à un de leurs concerts. En revanche, j’ai fort apprécié la prestation de Within Temptation que j’ai découvert et adopté lors de ce concert. Bravo, quel charisme et quelle joie devant les fans !

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