Pop-Rock.com


Paris, Bercy, 20 juin 2006
Guns n’ Roses
One man show

dimanche 28 septembre 2008, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Sepultura
Van Canto
Paradise Lost
MetallicA
Magic Circle Festival III
Paradise Lost / Deathstars / The Old Dead Tree
Graspop Metal Meeting 2003
W.A.S.P.
Blaze Bayley
Graspop Metal Meeting 2004


Trop jeune pour avoir connu les Guns n’ Roses vintage, je dus en cette chaude nuit de juin me farcir leur mouture largement amputée. Plus de Slash, plus de Sorum, ne reste donc que le mégalomane en short et sa nouvelle troupe de cirque. Mais n’allons pas sortir immédiatement les mots d’oiseaux de mon vicieux chapeau, car même sans la bande originelle, les Guns devraient valoir le coup d’oeil, non ?

Je suis parti à ce concert avec une belle impatience, je n’avais jamais vu le groupe en concert, et je ne peux donc comparer avec des prestations anciennes. Les ayathollas vous diront que c’était mieux avant, pour le coup, je ne leur donnerai pas tort, les années de gloire sont bien derrière. Sans Slash, Matt et Duff, le groupe n’est plus que la chose d’Axl Rose, les nouveaux musiciens sont clairement écrasés par la présence du chanteur.

C’est en bande que nous nous rendons à cette grande kermesse, composée de Cédric A., un vrai fan et ses potes, nous nous retrouvons pour boire un coup et manger un morceau puis direction le POPB (Palais Omnisport de Paris Bercy...)

Je passerai rapidement sur les deux premières parties sans aucun intérêt, ça gueule, c’est dénué de toute mélodie, on assimile ça à un bruit de fond même pas agréable, à vite oublier. Des deux, je sauve quelques poses de Bullet From My Valentine, mais le son est complètement pourri, à croire qu’ils se sont servis d’eux pour faire les balances... Le supplice s’achève vers 21h30, mais il faudra encore patienter une heure avant que le Dieu Axl daigne se pointer. Déjà, on sentait monter la pression dans les gradins, Axl est d’humeur changeante, l’annulation est toujours possible... Je commence a regretter d’avoir parier autant, je prie, je sue, c’est intolérable cette chaleur dans ce four putain. Mais non, ça démarre en trombe avec les premiers accords de Welcome to the jungle, un truc démoniaque, et un Rose qui n’en veut dans son perfecto tout cuir, mes compagnons mouillent à s’en inonder les jeans, je les rejoints dans leur extase.

On poursuit par une pléiade de classiques, une grande partie du concert est - logiquement - axée sur Appetite for destruction, ce qui denote tant d’une absence totale de prise de risque que de l’assurance d’une bonne tuerie.

Les Guns new look ont trois guitaristes, oui, comme Iron Maiden. Je me limiterai seulement à dire que deux auraient suffi, Robin Finck nous gratifiera du moins bon solo du concert et son jeu ne m’a pas convaincu.Le plus agaçant sera de fait l’avalanche de soli tous plus chiants les uns que les autres, chacun ira de ses minutes de délires, mais rien ne ressort, ils ont le grave inconvénient de casser le rythme du concert et de le rallonger par leurs prestations masturbatoires. D’autant plus que les gratteux ne sont pas particulièrement des Guitar Heros, ce sont ces moments pénibles qui font vraiment regretter l’absence d’un Slash... Les larmes coulent coulent sur les joues de mes camarades, quelques huées surgissent, le drame et la nostalgie. November rain arrive après une intro superbement renouvelée, et ce titre conserve il faut l’admettre toute son aura. On ne revient pas les spécificités de cette belle ballade, de son solo de guitare tonitruant appuyé par un chant dantesque. Une recette classique mais qui marche comme au premier jour, le rock est affaire de simplisme, d’efficacité et de pas mal de talent par dessus. Izzy Stradlin, guitariste historique des Guns, rejoint le groupe pour quatre classiques en fin de concert. Quatre guitares, ça commence à faire un peu brouillon, mais sa présence ravit l’assistance.

On attendait beaucoup des nouveaux morceaux de l’album fantôme Chinese democracy, cinq seront joués, habilement distillés dans la discographie plus traditionnelle. Je n’ai pas été déçu, ces titres passent très bien en live, il serait temps de pouvoir comparer avec des versions studio achevées et non pas des mastes pirates comme c’est encore le cas aujourd’hui. Je n’ai pas parlé de la scène, il y aura pas mal d’effets pyrotechniques, plutôt sympas. Des banderoles géantes sont déployées derrière la scène et se muent en écrans géants qui passent des images en rapport avec les titres. Le set s’achève par un Paradise city de haute volée, il ne nous restera plus qu’à évacuer la salle à 01H30 du matin !!

Bien entendu, plus de métro, nous rentrerons à pinces jusqu’à Issy les moules pour moi et Boulogne pour mes confrères, une grande aventure là encore ! Si l’on excepte les soli inutiles, ce sera un concert mémorable, Axl Rose a prouvé qu’il est encore un chanteur énorme, et un show-man de qualite. Dommage que le son eut été aussi étouffé (cette salle n’est vraiment pas des plus géniales niveau sonorisation) et que sa nouvelle bande peine encore a trouver ses marques. A voir si l’on pourra un jour discuter de sa democratie chinoise, un doux reve qui pourrait bien se muer en cauchemar, ou en grosse blague.



Répondre à cet article

Vincent Ouslati