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Dessel, 25, 26 et 27 juin 2004
Graspop Metal Meeting 2004
Notre compte-rendu

jeudi 1er juillet 2004, par Marc Lenglet

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Voici revenu le temps des légions de pithécanthropes chevelus entièrement vêtus de noir, marchant à grandes enjambées dans les plaines flamandes sans autre but immédiat que de s’abreuver à vil (?) prix de boissons céréalières fermentées ; des émeutes sous contrôle (? ?) des fosses des différentes scènes, des artistes sévissant dans des styles allant de la sauvagerie passible de flagellation dans la société mormone jusqu’au hair-metal mal redescendu de son dernier rail de coke du réveillon 86 ; le temps de la débauche et de la déraison. Voici revenu le temps du Graspop Metal Meeting.

Pour cette 9e édition du plus luxueux des rassemblements metal non-teutons, soucieux d’éviter les regrettables absences éthyliques de l’année dernière, nous avions pris deux résolutions respectables aux yeux de l’humanité civilisée (et admirables quand on nous connaît un peu mieux). Ne pas boire comme des Slaves égarés dans le désert de Gobi depuis 6 mois et offrir un compte-rendu exhaustif -autant que faire se peut- et dignes des journalistes non enregistrés, non salariés, et même pas syndiqués que nous sommes. Pas un applaudissement dans le public ? Personne n’y croit, c’est ça ? A raison peut-être... Au moins une de ces deux assertions n’a pas été respectée.

Vendredi

Arriver trop tôt, encore pétris de nos serments imbéciles, ne s’avère finalement guère utile en cette année 2004. L’organisation a été revue et, malgré l’évidente foule déjà présente au festival vers 14h, aucune file préjudiciable n’est à déplorer, ni dans le camping, ni sur le site proprement dit. Ce qui nous oblige à découvrir méthodiquement les spécialités houblonnées du terroir, en écoutant distraitement un groupe de reprises d’AC/DC.

Ce n’est qu’en fin d’après-midi que les choses sérieuses vont commencer, avec le groupe allemand le plus décomplexé de la scène metal. In Extremo concentre ses efforts sur les morceaux plus lourds de ses deux derniers albums, au détriment des gigues médiévales de Weckt die Toten !. Un peu dommageable à mon sens, d’autant que le groupe teuton doit assumer la difficile mission « d’ouvrir » le festival en tant que premier groupe d’envergure à jouer. Ils s’en tireront avec les honneurs, même si, début du festival oblige, nos joyeux troubadours semblent avoir un peu de mal à secouer l’apathie d’un public pas encore tout à fait gagné par l’ambiance festivalière.

Le concert d’Anathema aura été l’un des plus surprenants de ces trois journées. D’ordinaire, les ex-maîtres du doom anglais n’ont pas la réputation d’être des foudres de guerre sur scène. D’autre part, leur optique musicale ne peut se savourer pleinement qu’au fil de multiples écoutes au sein d’un environnement calme, et non se révéler dans l’urgence d’une heure de concert. Les foules se dirigent pourtant en masse vers le Marquee 1, attirées par la perspective d’une heure de léthargie planante, parfaite pour souffler un brin entre After Forever et Hypocrisy. Et c’est là qu’Anathema prend tout le monde à rebrousse-poil en se lançant dans un concert enlevé et soutenu, où même les plus délicates et ténébreuses des chansons, accélérées pour l’occasion, se trouvent boostées par un véritable traitement aux amphétamines. Il faudra attendre la reprise de Comfortably numb de Pink Floyd sur la fin pour bénéficier de cette langueur dépressive propre à accompagner la consommation de psychotropes de qualité. A défaut d’avoir été brillant sur toute la ligne, Anathema a réussi à adapter son style aux impératifs du festival et laissera un excellent souvenir à tout ceux qui auront eu la chance de se trouver en première ligne. On me signale en régie que Vince n’est pas du tout de mon avis. Sans doute trop déçu de ne pas avoir pu bénéficier de la profonde maîtrise spleenique d’Anathema, ici redevenu un « bête » groupe de metal.

Bien réveillé par cette prestation surprenante, il est temps d’aller faire un tour du côté de chez Hypocrisy. Pas pour très longtemps, mais suffisamment pour comprendre que si le groupe suédois fait partie des grosses pointures de la scène death mélodique, ce n’est pas par hasard. Brutale, oppressante et exécutée d’une main de maître, la déferlante sonore de Peter Tätgren se montre à la hauteur de sa légende. Brillant concert que l’on devra écourter pour devancer la ruée des hordes vikings vers la tente de Iced Earth. La fatigue qui commence à se faire sentir nous empêchera de profiter au maximum du plus attendu des groupes du vendredi mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, on en ressortira pourtant avec un goût de trop-peu. Vince est resté de glace durant tout le set ; moi-même qui suis à la base plus fan que lui des hommes de la Terre gelée, je dois pourtant confesser un sentiment diffus d’insatisfaction. Ni les musiciens, ni le choix des morceaux (avec de fantastiques réussites, comme un Declaration day de très haute volée) ni même Ripper Owens ne sont à mettre clairement en cause. Ce dernier, encore un peu hésitant par instants, a globalement trouvé ses nouveaux repères avec une rapidité tout à fait honorable. Mais il manque à ce concert de Iced Earth la petite touche de magie qui fait toute la différence entre une bonne prestation et une Grande prestation. Mais à l’idée des concerts époustouflants qui nous attendent le lendemain, on n’a guère envie de trop s’appesantir sur ce qui n’est finalement qu’une demi-déception.

Samedi

Les premiers groupes de la journée ont toujours le plus mauvais rôle, à savoir jouer devant un public très clairsemé, composé pour moitié de touristes occupés à prendre leur déjeuner houblonné sur le sol, et pour l’autre, de zombies mal remis des libations de la nuit précédente. D’ailleurs, on regarde assez distraitement l’ouverture des hostilités déclenchée par Evergrey. Si le chanteur Englund a indéniablement un grain de voix unique et très attirant, personne dans notre petit groupe n’éprouve suffisamment d’empathie pour le groupe suédois pour juger objectivement du concert. Tout de suite après, les Brides Of Destruction assurent un show parfaitement rôdé. Leur hard-glam festif et vicieux semble taillé pour la scène, et voir ce vieux bandit de Nikki Sixx sautiller sans discontinuer, comme s’il n’avait pas 20 ans de bouteille et 4 overdoses à son actif, a quelque chose de rassurant pour la pérennité du mythe rock’n roll. Les Brides offrent une excellente mise en bouche pour la journée même si, comme pour la plupart des groupes revival 80, les oldies suscitent nettement plus d’enthousiasme que les nouveaux titres. Ici, en l’occurrence, c’est une tonitruante reprise de Shout at the devil de Motley Crue qui remporte tous les suffrages.

Impossible de pas mentionner l’existence d’Air on Maiden, coincé sur un minuscule podium entre deux friteries. Comme son nom l’indique, Air On Maiden est un groupe d’air-guitar, assez renommé paraît-il. Et son unique intérêt est de montrer quatre crétins en train de s’agiter comme des épileptiques sur du AC/DC, du Metallica ou du Maiden. D’ordinaire, l’air guitar, on la pratique chez soi, quand on est sûr que personne ne regarde, et que même le chien est enfermé dans une autre pièce. Pas ici, où le brassage d’air attire une foule plutôt nombreuse compte tenu de la nature de ce micro-événement. Ca a l’air crétin ? Ca l’est encore bien plus que vous ne pouvez l’imaginer. Et pourtant, il y a un tel côté décalé à la chose, un tel esprit Wayne’s World et une telle conviction de la part de ces quatre énergumènes secoués du bulbe qu’on finit par trouver ça presque thérapeutique, surtout avant d’aller voir un groupe aussi gonflé d’orgueil et de sérieux que Morbid Angel. Maîtres du death metal ou pas, l’ange morbide fait partie des groupes que j’ai toujours détestés sans le moindre complexe. Leur style et leur fonds de commerce me laissent totalement froid. Leur dernier album, Heretic, était l’une des pires choses qu’il m’ait été donné d’entendre l’an dernier. Et les membres du groupe attirent tout sauf la sympathie : entre le mythomane prétentieux qu’est Trey Azagtoth et leur infâme ex-chanteur, ce détestable nazillon de David Vincent, on était servis question beaufs métalliques à deux balles. Et pourtant, en live, Morbid Angel peut se targuer d’assurer une présence scénique impressionnante qui compense amplement le fait que, pour un non-amateur dans mon genre, tout a un peu tendance à se ressembler. Au bout d’une heure de riffs abrasifs, je suis même déçu que tout cela soit aussi vite terminé. Même remarque pour Soulfly, qui livre un concert d’assez bonne facture. Alors que le groupe suit une pente descendante tout à fait régulière avec ses albums de moins en moins inspirés, il ne perd rien de son attrait exotique sur scène. Il est vrai qu’il ne faut pas être devin pour se rendre compte que c’est dans ces conditions que Soufly peut libérer son plein potentiel. Mais il doit être vexant à la longue pour Cavalera de constater que malgré tous ses efforts, aucun morceau de Soulfly ne parvient à déclencher autant d’hystérie qu’une simple reprise de Roots bloody roots !

Il existe une malédiction -voire même peut être un complot orchestré par des puissances supérieures- qui m’empêche d’assister au concert d’Anthrax à chaque fois qu’ils mettent les pieds dans un festival, et cette édition 2004 n’échappera pas à la règle. Dans la foulée, j’ai également la brillante idée de rater la prestation de Motörhead, autre pointure qui avait pourtant joué un rôle non négligeable dans ma décision d’aller au Graspop. M’étant renseigné sur la qualité du spectacle assuré par le pustuleux sexagénaire, j’eus droit à des haussements d’épaules à la fois satisfaits et résignés : « Bah... C’était un concert de Motörhead, quoi ! » Libre à chacun d’interpréter cette déclaration comme il le souhaite.

Très mécontent de ce coup du sort et n’ayant plus guère le goût de vivre, je décide d’aller dans la fosse pour assister au concert de Slipknot. Dès que les neuf détraqués masqués commencent à faire parler la poudre, un seul mot d’ordre : survivre ! Très occupé à tenter de préserver mon intégrité physique et à éviter une fracture non remboursable par l’assurance, j’ai à peine le temps de regarder ce qui se passe sur scène, mais je profite des courtes accalmies entre les rafales de coups pour jeter de rapides regards vers la scène, où la violence est tout aussi omniprésente. Slipknot, qu’on apprécie ou pas sa musique parfois superficielle et gratuitement violente, reste un groupe fantastique à voir de près.

Pendant ce temps, sous le Marquee 1, c’est My Dying Bride qui tente de plonger l’assemblée sous une chape de plomb, sous le regard inquisiteur de Vince. Si le set reste de bonne facture, le groupe subit les inévitables problèmes de sonorisation qui gâchent toujours bien l’un ou l’autre moment du festival. Et puis, il faut bien ajouter qu’avec le soleil qui s’infiltre encore sous la tente à cette heure, la musique sépulcrale du groupe anglais perd un peu de son pouvoir d’évocation...

C’est avec appréhension que je rejoins mon camarade de beuverie sous le Marquee où va se produire Cradle of Filth. Les vampires anglais sont abonnés aux concerts qu’on pourrait qualifier, au mieux, de désastreux. Etant donné qu’il s’agit de ma première expérience d’un concert de la bande à Dani, je serai peut être plus indulgent. Il est vrai que la qualité du son laisse franchement à désirer, que les orchestrations symphoniques sont noyées dans un véritable bourbier électrique, que le chant, ou plutôt les glapissements de Dani Filth sont assez inaudibles (même si il paraît qu’on a déjà connu pire), et que ce même Dani à tendance à cabotiner de manière un peu surfaite. Mais, pour une première impression à chaud, on se dit que finalement, ça tient encore la route. Enfin c’est du moins ce que l’on pensera jusqu’au concert de Dimmu Borgir le lendemain.

Deuxième grande tête d’affiche du festival, Alice Cooper rempile pour la seconde année consécutive. Le show de l’an dernier m’avait très légèrement déçu. Alice m’avait semblé un peu fatigué et j’avais regretté l’absence presque totale de morceaux issus de la période 80/90. Cette fois encore, à l’exception de l’inévitable Poison, Alice persiste et signe dans la même direction : un show fortement centré sur les grands classiques des années 70 et sur les titres de The eyes of Alice Cooper. Et, malgré cette prestation assez similaire, ce concert de l’inventeur du shock-rock est tout simplement éblouissant. En forme olympique, Alice ne reste pas une seconde en place. Ballons, fouet, raclée administrée à la (charmante) fille Cooper ou au guitariste, rappels à n’en plus finir... Que dire, à part qu’un concert d’Alice Cooper reste dans tous les cas de figures un événement extraordinaire et une manière excentrique et colorée de clôturer le plus intéressant des trois jours de festival.

Dimanche

Inconnu au bataillon, le groupe trash/death Destruction et les nettement plus renommés Testament livrent des sets intéressants, malheureusement gâchés par des problèmes persistants de sonorisation. Les vétérans de Saxon débarquent sur scène vers le milieu de l’après-midi et, alors que personne ne s’y attend, nous offrent un des meilleurs moments du festival. Bien sûr, leur metal est daté et totalement connoté NWOBHM. Mais quel plaisir d’entendre autant de morceaux légendaires à la chaîne (Crusader, Wheels of steel, Strong arm of the law) interprétés de manière aussi magistrale ! Mais, plus important encore, ce qui différencie ce concert de Saxon de beaucoup d’autres au cours du festival, c’est que les musiciens ont vraiment l’air de prendre leur pied, et, par osmose, le public le prend aussi. Jamais le groupe ne tente de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Biff Byford, toujours aussi impérial dans son imper noir, semble heureux au possible de jouer, se met le public dans sa poche en un clin d’œil, plaisante entre chaque morceau, se débarrasse de sa playlist d’un air entendu... Un regret ? L’aigle géant, symbole du groupe anglais, est absent de la scène. C’est vous dire à quel point le reste était au dessus de tout reproche.

Petite période loin des scènes. Et bien oui, on a beau être journaleux amateur fan de metal, on n’en reste pas moins humain, et le corps -surtout l’estomac et le foie- réclament qu’on s’intéresse un peu à leur devenir. On n’en entend pas moins de loin la performance de Death Angel, qui a l’air de tenir la route. A l’inverse, on n’est pas très inspirés par le son un peu brouillon qui s’échappe de la tente où sévit Therion. Le groupe de metal symphonique a l’air d’avoir du mal à faire passer la richesse de sa musique dans de telles conditions et se rabat sur ses anciens titres plus classiques, qui ne sont pas vraiment ce que le metal des années 90 a connu de meilleur. Fear Factory, auréolé de son statut de revenant miraculeux, propose -ce qui ne surprendra personne- un show calibré, carré et mécanique au possible. Centré de manière importante sur l’excellent Archetype, sorti voici quelques mois, la prestation du cyber metal band est de très bonne facture, mais, tout comme pour Iced Earth, il semble lui manquer la petite étincelle propre à transformer ce show ultra professionnel en souvenir mémorable.

Le festival se termine et c’est l’heure de la comparaison tant attendue entre les deux groupes de black metal les plus renommés de la scène. Il ne faudra qu’un ou deux morceaux pour que Dimmu Borgir démontre sa domination totale sur son challenger et la maîtrise parfaite de son sujet. Le son est ici monumental, les orchestrations emplissent le Marquee avec une pureté totale. Qu’il s’agisse des chansons les plus typées black metal ou des véritables bandes originales de films hollywodiens de Death Cult Armageddon, Silenoz chante à la perfection et possède une présence naturelle dont Dani pourrait seulement rêver du fond de sa crypte. Victoire totale des Norvégiens sur leurs rivaux anglais, donc.

L’heure est venue de nous quitter : la dernière tête d’affiche et la prestation finale du Graspop sont arrivées. Et après Iron Maiden l’an passé, il était bien normal que ce soit Judas Priest qui bénéficie d’un tel honneur. Un Judas Priest qui, malgré l’arrivée salvatrice de Ripper Owens, a connu une décennie entière de vaches maigres. Une tendance qu’on espère voir rapidement s’inverser, suite au grand retour de la marque de fabrique vocale du groupe anglais : le légendaire Rob Halford, absent depuis plus de 14 ans.

Premier constat, en ce qui me concerne en tout cas, Rob Halford est moins impressionnant que ce à quoi je m’attendais. J’ignore d’ailleurs plus ou moins à quoi je m’attendais, mais Halford silencieux a l’air d’un homme comme vous et moi. Ce n’est qu’une fois les premières lignes de chant posées qu’on se rend compte que l’on a bel et bien affaire à un Dieu vivant. Et pour débuter ce qui se devra d’être un concert de légende, on a bien entendu droit au doublé The hellion/Electric eye. Après cette mise en bouche, à notre grande surprise, le concert semble avoir un peu de mal à décoller. Les titres abordés ne suscitent qu’un enthousiasme mitigé (par rapport aux attentes et à la stature du groupe, bien sûr !) et Halford, en veste à frange, reste quelque peu en retrait du public. On frémit déjà à l’idée que le vieux prêtre rate son retour. Et pourtant, dès que les vestes cloutées et la Harley font leur apparition, la tempête commence. Rob reprend possession de la scène, reléguant les autres musiciens -Tipton et Downing compris- au rang de faire-valoirs. Les quelques fois où l’on parvient à détacher les yeux du mythe vivant présent à quelque pas de nous, on a le loisir de noter qu’ils sont au dessus de tout soupçon, techniquement -ce qui est une évidence- et par rapport à leur comportement scénique, ce qui l’est moins. Breaking the law et Turbo lover déclenchent un tourbillon qui ne s’arrêtera qu’au bout de près de 2 heures de pur heavy metal, avec en apothéose un Painkiller assourdissant, dont personne ne semble encore s’être tout à fait remis. Rob Halford est plus que jamais le détenteur officiel du titre de Metal God ! Si Judas Priest n’a peut-être pas donné le meilleur ou le plus étonnant des concerts sur l’ensemble des trois jours, il n’en a pas moins rempli avec brio les espoirs placés en lui.

Il n’y a pas que la musique dans un festival. Et si on se fait chier dans des files interminables, qu’on passe des nuits exécrables et qu’on souffre de tourista en permanence, même la meilleure affiche du monde ne pourra rien y changer. Une fois de plus, peu de reproches à faire à l’organisation générale : commodités suffisantes, junk-food très correcte, facilités bancaires, zones de rechargement GSM,... Rien à redire de ce point de vue-là. Soucieux d’éviter les conditions d’accès épouvantables de l’an dernier, l’organisation a cette fois nettement séparé la zone de camping et le site. La distance à parcourir est certes assez gênante si on souhaite aller rapidement rechercher quelque chose dans la tente (compter une grosse demi-heure aller-retour en marchant vite) mais en contrepartie, on évite toutes les files à l’entrée de l’un ou de l’autre. Par contre, l’espace camping s’avère cette fois encore trop petit. Mais alors là, vraiment en-deçà des prévisions. Imaginez-vous un instant chercher vainement en pleine nuit l’allée où vous aviez planté votre campement le jour d’avant, avant de vous rendre compte que l’allée a disparu sous un amoncellement de tentes. Ca m’a valu une nuit à la belle étoile. Ca doit être pour ça que je râle...

Mais il s’avère que ces quelques couacs organisationnels n’ont pas été la plus grosse tache sur l’ambiance générale du camping. En arrivant, nous délirions un peu en pensant nous rebaptiser Vincent Le Goannec et Ange Santini, de manière à passer nous aussi pour des minorités soi-disant opprimées par l’hydre francophone. Avec le recul, nous aurions dû effectivement mettre cette idée en pratique. Fait malheureusement imprévisible (encore que ?), il semble que les récents résultats électoraux aient décoincé sérieusement pas mal de demeurés. Il n’est pas particulièrement agréable de devoir quitter le camping en pleine nuit parce que quelques abrutis ont jugé le moment opportun de rejouer leur version de Leuven 1968 raconté par le père à grands coups de penalty et de slams cathartiques sur la tente, ponctués bien entendu de Walen buiten ! ou de Belgïe barst !. On pensait que la musique, même metallique était au-delà de ces clivages et on aimerait dire qu’il s’agissait d’événements tout à fait isolés. Mais nous avons malheureusement eu la désagréable impression que la réalité avait l’air un peu trop souvent autre. Enfin, cette atmosphère parfois lourde n’aura pas réussi à gâcher ce qui demeurera comme un festival varié et de haut niveau. Nous étions là pour la musique, pas pour plonger dans les remous nauséabonds de la politique belge, et de ce point de vue, nous n’avons pas été déçus. Et c’est finalement le plus important.

Mais peut être irons-nous plutôt à Hirson l’an prochain ? La question en tout cas mérite d’être posée...



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Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

> Graspop Metal Meeting 2004
(1/1) 2 août 2004, par patricia




> Graspop Metal Meeting 2004

2 août 2004, par patricia [retour au début des forums]
patricia

hello, super votre article sur les têtes d’affiche du Graspop 2004 mais avez-vous pensé qu’il y en avait d’autres ?.... j’étais présente le samedi et étant de la région montoise, j’ai été soutenir mes compatriotes de Do or Die qui ont fait un carton et qui ont déchaîné la population qui était présente sous le chapiteau !!!!! tous ces talents ont assez de mal de percer dans notre beau pays, faut-il oublier de les citer..... on est avec vous les gars !! Amitié

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