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Gand, Handelsbeurs, 23 octobre 2009
Peter Murphy
Touched by the hand of God

dimanche 25 octobre 2009, par Jérôme Delvaux

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Peter Murphy, Daniel Ash, David Jay et Kevin Haskins ont été les Fab Four du goth-rock, c’est une réalité que personne ne devrait avoir l’audace de contester. Les membres de Bauhaus, véritables démons du glam, ne parviennent toutefois que trop rarement a rencontrer pareille reconnaissance en dehors du groupe mythique qui les a fait connaître. On a encore pu s’en rendre compte vendredi soir, à Gand, où moins de cent personnes sont venues applaudir Peter Murphy à l’Handelsbeurs…

Le chanteur de Bauhaus jouit pourtant encore dans les milieux d’initiés d’une aura absolument gigantesque. Courtisé par des groupes comme TV On The Radio, Nine Inch Nails et même Agoria, qui lui ont tous proposé une collaboration dans un passé plus ou moins proche, Murphy reste une icône intouchable pour toute une génération d’artistes nourris aux sons dits gothiques, batcave, cold-wave, post-punk et rock alternatif… Et pourtant, sa carrière solo, débutée en 1986 avec Should the world fail to fall apart, ne rencontre le plus souvent qu’une timide adhésion du public. Dommage car sa discographie, certes inégale, renferme de bien jolies choses, à l’image de son Dust de 2002, un album mystico-expérimental véritablement ensorcelant.

Sa tournée actuelle a réservé une belle surprise aux fans belges avec rien de moins que deux dates : à Gand et à Charleroi. La Flandre avait les honneurs du premier soir, ce vendredi, à l’Handelsbeurs. La salle est peu connue du côté francophone du pays, ce qui est regrettable car nous parlons ici d’un lieu accueillant comme on aimerait en connaître davantage. Il s’agit d’un luxueux centre culturel situé en plein cœur de Gand et disposant d’une salle intimiste d’une capacité d’environ 200 personnes. L’acoustique des lieux est très bonne et le complexe offre aux spectateurs un confort exceptionnel. Pour vous donner quelques exemples, le vestiaire est gratuit, tout comme les toilettes ; le bar est spacieux et la salle est jouxtée par un restaurant chic. Là où le bât blesse, c’est du côté de la promo. Pour ce concert, les organisateurs n’en avaient pratiquement fait aucune, pas même sur internet, ce qui explique en partie le peu de public présent. L’autre explication, c’est le choix d’organiser une seconde date dès le lendemain à l’Eden de Charleroi (où plus de 300 personnes se sont déplacées). Résultat : il n’y avait pour ainsi dire aucun Wallon à Gand ce vendredi. Pour couper la poire en deux, si Murphy avait joué un seul soir, à Bruxelles, à l’Orangerie du Botanique, par exemple, il aurait probablement fait salle comble… Mais soit, la petite centaine de fans présents en ont pris plein la tronche et, pour moi, c’est bien là l’essentiel.

Avant de prendre la route pour Gand, j’avais fouillé internet en quête de set-lists de cette tournée (mauvaise habitude, mais je suis un grand curieux). J’avais vu avec ravissement qu’il jouait beaucoup de classiques de Bauhaus, mais aussi des reprises de Nine Inch Nails (Hurt), d’Iggy Pop (The passenger) et de son idole number one, j’ai nommé David Bowie (jusqu’à quatre de ses chansons dont Be my wife, certains soirs). A Gand, il n’en fut rien. Le concert a principalement été axé sur la discographie solo de l’artiste : Indigo eyes, I’ll fall by your knife, Subway, Time has nothing to do with it et Marlene Dietrich’s favorite poem ont toutes été jouées. Pas de quoi faire la fine bouche ! En sus, Murphy a dévoilé plusieurs nouvelles chansons tirées d’un album à paraître réalisé avec son groupe actuel (dirigé par Mark Gemini Twaithe, ex-guitariste de The Mission). La première, dont le titre serait Memory go, évoque tout simplement du Interpol/Editors renforcé par la voix de Bauhaus (la vraie, pas une imitation, pour changer...) ; en un mot : imparable ! Mais le sommet du concert, pour moi, reste la reprise de la monumentale In every dream home a heartache de Roxy Music, entre grâce et folie totale. Tout à fait dans l’esprit de l’originale, cette cover rend un vibrant hommage au groupe de Bryan Ferry, que Peter Murphy n’est pas loin d’égaler, qu’il s’agisse de son charisme ou de ses qualités d’interprète. Du côté du répertoire de Bauhaus, on a notamment eu droit à She’s in parties et à un petit bout de Bela Lugosi’s dead, élégamment couplé à A strange kind of love.

Avant le rappel, enfin, on a fait quelques pogos sympas entre trentenaires sur Transmission de Joy Division et Ziggy Stardust du Maître (dont Bauhaus avait fait un hit-single en 1983) livrées dans des versions absolument démentielles ! Car qu’il joue devant quatre-vingt personnes ou plusieurs milliers, Peter Murphy agit en grand professionnel : il se donne sans compter. Au final, les spectateurs présents seront repartis avec le sentiment d’avoir été privilégiés. Pouvoir assister à un gig du chanteur de Bauhaus dans de telles conditions, une ambiance aussi intimiste, c’était tout simplement énorme. L’homme n’hésite pas à vous regarder droit dans les yeux, il répond volontiers aux spectateurs qui l’interpellent entre les morceaux et vous serre la main si vous la lui tendez au plus fort d’une chanson.

(Je vous parle en connaissance de cause, je ne me lave plus la main droite depuis vendredi).

Let love begin.



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Jérôme Delvaux





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Peter Murphy
(1/1) 27 avril 2016




Peter Murphy

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He never failed his fans when he set that big and successful concert. - Bobby Price

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