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Paris, Le Zénith, 14 avril 2006
The Sisters of Mercy Anachronisme mardi 18 avril 2006, par |
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"Bordel, les Sisters à Paris !" - telle fut ma réaction (et je ne fus pas le seul) à l’annonce de ce concert. Difficile de croire qu’après 25 ans, la France n’était plus persona non grata pour Andrew Eldritch qui avait toujours pris soin de tourner partout sauf ici, continuant ainsi à alimenter la rumeur de sa rancoeur personnelle contre ce pays. Depuis quelques années, l’idée d’un concert parisien des Sisters faisait surface de temps à autre dans la capitale, sans que l’on y croie vraiment. Et là, à l’annonce des dates de concert du Sisters Bite the Bullet Tour 2006, voir une date prévue à Paris faisait déjà douter beaucoup de gens. Quant au fait de la voir annoncée au Zénith, inutile de dire que cela a fait douter encore plus de la réalité de la chose, ni de dire que ça en ait fait rire beaucoup.
Car oui, même en connaissant l’ego d’Eldritch, comment imaginer qu’il puisse croire pouvoir remplir une salle de 6.500 personnes, même en attirant tous les frustrés qui n’avaient jamais fait le déplacement à l’étranger pour voir les Sisters en live, depuis la réactivation du "groupe" il y a dix ans ? L’exorbitant prix des places (38 euros) n’aidait pas. Même avec l’aide de l’enthousiasme nostalgique des amateurs de tout poil (qu’ils soient vieux fans, vieux goths, vieux hardos, journalistes ou chroniqueurs spécialisés...) et d’une promo discrète mais surprenante (au point de voir fleurir pendant quelques jours des affiches sur les quais du métro parisien), il fallait être réaliste : la salle ne se remplirait pas. Jour après jour, certains s’amusaient à consulter les sites internet de billetterie juste pour vérifier que le concert n’était toujours pas complet, ou pour s’assurer qu’il n’était pas annulé. Parce qu’après tout, les vieilles habitudes restent. Les Sisters à Paris ? La bonne blague. D’autant plus que cinq jours avant la date fatidique, le sieur Eldritch joue à Barcelone avec la voix complètement abîmée, au point de promettre au public local un futur concert gratuit en compensation. Ca sent l’annulation, ça, ma bonne dame ! Eh bien non. Les Sisters à Paris ? Oui. La bonne blague. Nous y voici, ce vendredi 14 avril au soir. Depuis le temps qu’on attend ça - ah non, c’est vrai, pardon, on ne l’attendait pas. Après tout, si vous étiez vraiment fan, vous vous seriez déjà déplacé à Roskilde, au M’Era Luna, au Pukkelpop, à Lokeren (choisissez votre festival d’été) pour voir les Sisters. Et si vous n’étiez pas vraiment fan, vous ne vous faisiez pas d’illusions. Tout le monde sait ce que valent les Sisters en live. Alors, en arrivant au Zénith, et en voyant que la salle est en configuration minimale, on a un peu mal au coeur, c’est sûr, mais on se dit que les Sisters l’ont cherché. Et c’est en voyant débarquer le groupe de première partie qu’on se dit que les Sisters l’ont vraiment cherché. Nihil, qu’il s’appellent. Et ça, on ne risque pas de l’oublier. Parce que le chanteur de ce combo français, visiblement tout ému d’être là, nous épelle gentiment le nom de son groupe histoire qu’on s’en rappelle bien. Et il nous demande ensuite si on s’en rappelle toujours. Et si on va bien. Forcément, ça fait très cliché "DJ de province", et ça fait sourire. Leur musique aussi - parce que même avec une solide base rythmique (en particulier un batteur qui y croit à fond), ça reste du rock FM pour minettes, et le jeu de scène (entre un guitariste qui pose avec sa cravate à rayures rouges et noires façon punk à roulettes et un chanteur à la gestuelle hésitante) n’arrange rien. Désolé, les gars, faudra repasser. En attendant vous aurez une jolie ligne sur votre CV. En attendant l’arrivée des Sisters, on voit progressivement les fumigènes recouvrir totalement la scène. On commence à se demander si on arrivera à percer ce brouillard pour voir quelque chose, mais c’est le jeu habituel. Le line-up de cette tournée 2006, c’est donc Chris May et le tout nouveau Ben Christo aux guitares - exit le plutôt doué Adam Pearson, membre des Sisters depuis 93, et désormais chez les MC5. On y perd au change, sans doute. Christo se place à gauche, May à droite, et Eldritch se place tranquillement au milieu, applaudi par la foule. S’il fallait, pour ceux qui ne suivent pas, une preuve que les Sisters 2006 ne sont pas les Sisters 1985, c’est bien Eldritch. Les seules choses qui subsistent du look d’autrefois que les gens persistent à garder en tête, ce sont les éternelles lunettes noires. En dehors de cela, point de salut pour le goth qui ignore que les plus beaux atours actuels du chanteur feraient honte aux membres de Front 242 à leur grande époque. Et il faut s’y faire, Eldritch aura désormais joué plus d’années avec cet accoutrement qu’avec celui porté lors du concert au Royal Albert Hall de Londres en 85, seul show du groupe immortalisé en vidéo, et d’ici quelque temps il aura joué plus longtemps sans cheveux qu’avec. On pourrait croire aujourd’hui que le bonhomme fait tout pour faire oublier cette image. Et le premier titre joué ne vient pas non plus du passé, désolé - Crash and burn ouvre le bal, tant bien que mal. Plutôt mal, d’ailleurs. Quand on y pense, il y a deux opinions répandues au sujet du Zénith : "le son est toujours excellent" ou "le son est toujours pourri". Ce soir, le son est plutôt pourri, et la star, c’est malheureusement Doktor Avalanche : la boîte à rythmes légendaire du groupe assure aussi la basse pendant 95 % du show. Et il faut bien le dire, le Doktor joue de la basse comme une merde. Si ce groupe est défini par sa rythmique si particulière, il l’est tout autant pour ses lignes de basse. Sur ce point, ça fait plutôt mal, on aurait apprécié des arrangements moins simplistes, ou échangé l’un des deux guitaristes contre un bassiste - même débutant, qui aurait assuré largement mieux que le Doktor, qui joue fort comme c’est pas permis, à croire que l’ingé son s’est endormi sur sa console. Alors, que le son massacre une chanson récente qui n’a jamais été enregistrée sur disque, ça peut passer - mais qu’il massacre Ribbons, ça, c’est inadmissible. Pendant au moins les cinq premiers titres, la voix d’Eldritch sera à peine audible, forçant les spectateurs à tendre l’oreille au début de chaque titre pour tenter de le reconnaître. Les titres défilent à grande vitesse (le Doktor laissant à peine le temps de respirer entre deux titres et le moteur est déjà reparti). L’album Vision Thing est à l’honneur, puisque suivent un medley Dr Jeep / Detonation Boulevard et le single When you don’t see me - le public apprécie, sans plus. C’est l’arrivée de Flood I qui va commencer à déclencher les clameurs, et cela se répétera à chaque chanson tirée de Floodland. En effet, on a bien l’impression que parmi ce public de trentenaires et de quadragénaires, cet album reste ancré dans les mémoires. A chaque hymne de 1987 succède un titre récent, histoire d’appuyer l’idée que les nouvelles chansons valent également la peine d’être entendues. C’est particulièrement le cas de We are the same, Susanne, une des premières chansons de l’ère "moderne" du groupe, reconnaissable dès l’intro et véritablement porteuse d’émotion. On finit même par fredonner we are the same, give it a name, Susanne à la fin du titre. Le charme prend et on finit par voir un travail de mise en scène derrière ce nuage de fumée, percé par un rai lumineux horizontal qui traverse toute la scène de gauche à droite, barrant le visage des musiciens. Eldritch se cache, réapparaît à volonté, et lorsqu’on entend enfin sa voix correctement, le théâtre d’ombres finit par avoir un sens. De plus, le chanteur semble presque heureux d’être là... et il parle ! Bien sûr, si personne ne s’attend à le voir discourir quinze secondes entre chaque titres, le simple fait de l’entendre dire "Bonsoir", "Merci" et même un "Ca ne me gêne pas" en réponse au public, ça étonne, ça fait plaisir et ça frustre en même temps. Le reste du temps, on le voit, cramponné à son micro d’une main décharnée, une cigarette dans l’autre main toute aussi décharnée, et on ne peut nier que le charisme est toujours bel et bien là, même avec un T-shirt en lycra jaune fluo ! En dehors des autres nouveaux titres, qui laissent la majorité du public de marbre, on retient une interprétation solide de Giving Ground - énorme plaisir que d’entendre en live ce single tiré d’un album où Eldritch ne chantait pas : la différence se sent, et la fin de la chanson se fait sur un tonitruant "in the giving ground", d’une voix tremblant à l’extrême. Malheureusement, l’interprétation en dents de scie des différents titres n’arrive pas à laisser une impression de cohérence, et on ne sait pas qui blâmer pour le massacre en règle d’Anaconda, single classique de 1983, absolument méconnaissable, alors que l’on entend aussi de très bonnes versions de Dominion / Mother Russia et Alice, où les pogoteurs se déchaînent et où les bras se lèvent en masse. La guitare douze cordes est de mise pour les deux derniers titres du set, un I was wrong qui sert de ballade obligatoire, avant que le déchaînement ne revienne avec This corrosion, où la voix du public couvre enfin celle des deux guitaristes, dont on préférera oublier les performances vocales. La chanson - bien trop courte - achevée, Eldritch s’incline, et se retire de scène. Le public applaudit, hurle, et tout le monde tape du pied sur les gradins comme des malades. Il y aura deux rappels, on le sait déjà - tout est prévu, pas d’improvisation. Les Sisters sont à Paris, mais ce n’est pas pour ça que Paris aura droit à un traitement spécial. Et pourtant, Eldritch débarque avec un innommable manteau. Un manteau blanc bordé de fourrure, absolument hilarant. Plusieurs spectateurs autour de moi sont d’ailleurs morts de rire. "Pan dans ta gueule !" semble ainsi dire Eldritch aux chantres du bon goût goth, dont un très jeune représentant, plutôt seul, traîne à ma droite, menottes à la ceinture et New Rock aux pieds. Ce rappel de deux titres commence doucement et finit vite : un très calme, très envoûtant Something fast est enchaîné avec un super classique Lucretia my reflection - rien à dire sur la musique, au contraire du manteau, dont la vision pendant ces quelques minutes reste surréaliste. Les trois musiciens s’inclinent avant de quitter la scène une nouvelle fois. Le second rappel est moins heureux : les guitaristes s’amusent seuls pendant cinq minutes, en prenant visiblement du plaisir à jouer les métalleux, mais il manque quelque chose - et lorsque Andrew Eldritch revient, c’est juste pour chanter Temple of love, dans une version bien trop courte, avec des choeurs peu agréables à l’oreille. Christo et May s’éclipsent aussitôt, pendant qu’Eldritch remercie sobrement le public en anglais, avant de s’en aller sans autre forme de cérémonie. Les lumières se rallument aussitôt, faisant comprendre au public que tout est terminé. Et à vrai dire, il n’y eut pas la cérémonie attendue. "Tout ça pour ça", ai-je entendu à la sortie. Il ne fallait pas croire non plus qu’il allait nous offrir des fleurs, avais-je alors envie de répondre. Les Sisters sont venus à Paris comme partout ailleurs, voilà tout. Si on vous dit que leurs prestations scéniques sont souvent médiocres, c’est sans doute vrai. Ce fut toujours le cas. Si on vous dit que la voix d’Eldritch fait de l’effet, c’est sans doute vrai aussi. Ce fut toujours le cas. Comme le groupe de 1990, le groupe de 2006 est trop éloigné du mythe pour qu’on puisse vraiment croire qu’il court après son passé - il faut donc prendre l’incarnation actuelle des Sisters pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils ont été. Toutes les époques des Sisters furent différentes, il serait donc dommage de n’en garder qu’une en tête. Ce groupe a plus que des souvenirs à vendre. Ces fichus nouveaux morceaux sortiront un jour sur un album - plus qu’un concert en France qui était bien un non-évenement, c’est là le pari à prendre. |
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Il y a 19 contribution(s) au forum. Custom Essay Writing Service
(1/11) 14 mai 2013, par Custom Essay Writing Service Custom Essay Writing Service
(2/11) 4 décembre 2012, par Custom Essay Writing Service B2B marketplace
(3/11) 2 novembre 2012, par B2B marketplace The Sisters of Mercy
(4/11) 19 octobre 2012, par teiling The Sisters of Mercy
(5/11) 15 octobre 2012, par pueso The Sisters of Mercy
(6/11) 7 octobre 2012, par centdisc The Sisters of Mercy
(7/11) 15 août 2007, par macmaniac The Sisters of Mercy
(8/11) 24 avril 2006, par Pierre-Yves The Sisters of Mercy
(9/11) 19 avril 2006, par Alevin The Sisters of Mercy
(10/11) 18 avril 2006, par DJ Rattle The Sisters of Mercy
(11/11) 18 avril 2006 |
The Sisters of Mercy 22 juillet 2012, par rrOGTIqZxDZtCVIxJ [retour au début des forums] Rat You got me there, it’s hard to conceal my ilfnuences. Indeed, I am quite a fan of all things Industrial, EBM, Darkwave, Goth, Synthpop, Post-punk etc. This usually results to mash-ups with a darker edge and even fewer downloads LOL Who cares about Lady Gaga when you can add some Dead Can Dance in the mix ? :-PFollowing Aggro1’s footsteps is a very hard task, but I promise to try making more tunes that fit to a club filled with dry ice ;-) Cheers !
The Sisters of Mercy 25 avril 2006, par Batman’s friend [retour au début des forums] Le concert de l’Ancienne Belgique de ce 22/04 était tout bonnement scandaleux... 1h15 de concert dans lequel les chansons étaient plus massacrées les unes que les autres. Aucune flexibilité dans le set, aucun morceau de First and Last and Always, un nouveau guitar hero qui s’est trompé de groupe, un son sans relief... Seules Dominion et Lucretia me paraissaient répondre à l’attente. Pour 35EUR, c’est tout simplement manquer de respect à son public. Je plains ceux qui ont débarqué de l’étranger pour assister à ce concert. Andrew, c’est très mal.
The Sisters of Mercy 19 avril 2006, par Jérôme Prévost [retour au début des forums] Juger qu’un groupe est mort parce que vous ne reconnaissez qu’un seul album comme étant valable est un peu abusif. Floodland a bien mieux défini l’identité sonore des Sisters que First and Last and Always... La faute à un surplus de guitares n’étant plus toléré par Eldritch comme un élément majeur - d’où une remasterisation en CD abusive, mettant à l’écart le jeu de guitares des deux frondeurs. The Sisters of Mercy 20 avril 2006, par Alevin [retour au début des forums] L’identité sonore... ! Ils n’ont quand même fait que trois albums, et leur son est reconnaisable sur les trois.... !
The Sisters of Mercy 7 mai 2006 [retour au début des forums] T’as rien à regretter : c’était nul et Marian n’est pas venue.
The Sisters of Mercy 18 avril 2006, par Jérôme Prévost [retour au début des forums] Effectivement, on trouvera toujours à regretter certains titres non joués (Marian notamment) ; sur une setlist aussi courte, avec un set d’1h20, il y aurait beaucoup de titres à regretter, malheureusement. The Sisters of Mercy 20 avril 2006, par christophe [retour au début des forums] on aime ou pas....au moins on est pas indifferent.. ;j’ai aimé en 1992...en 1997...c’était juste bien..en 1998 aussi..en 2001 c’etait n’importe quoi...j’ai décidé d’arreter les frais....mais une chose est sure..quand on voit Bauhaus ou New Model Army en 2006....il y a de quoi se poser des questions sur les...."performances" de certains ;-)....a bon entendeur. The Sisters of Mercy 12 mai 2006, par coldcold [retour au début des forums] Hum,,, il est vrai que Sisters en live ce n’est plus comme avant, et c’est même assez nul ( pour les bootlegs que j’ai entendu)
Lui et sa bande on tout de même réaliser 2 albums CULTES ,,first and last + floodland
Evidemment que c’est moins technique que cure et bauhaus ( dont je suis aussi fan ) ,,, mais je ne sais pas ,,, comme je dis ,
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