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Paris, Olympia, 15 mars 2006
Simple Minds
Seen the lights

lundi 3 avril 2006, par Albin Wagener

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La première fois que j’ai vu les Minds sur scène, c’était sur cette même scène de l’Olympia, il y a de cela quelques années déjà. A l’époque, la bande de Jim Kerr venait de sortir un Cry en demi-teinte, et j’avais surtout pris ma place pour la beauté de la salle et pour le côté plus nostalgique qu’autre chose. Comme je m’attendais à un vieux groupe qui allait effectuer un best of géant, correct mais sans plus, je n’étais pas préparé à ce qui allait se produire. J’y croisai un Jim Kerr fascinant, communicatif et simplement heureux d’être là, devant un public. Et par la même occasion, j’assistai à un des plus beaux concerts de ma vie.

Cette claque, à l’époque, j’étais bien loin de la soupçonner. Comme tous ceux qui ne connaissent les Minds que de loin, j’avais une idée préconçue du groupe, une idée pas forcément avantageuse. Mais l’énergie positive et contagieuse qui s’était dégagée du concert m’avait alors enchanté, émerveillé que j’étais, comme un enfant un soir de Noël. Et ce mercredi 15 mars 2006, l’alchimie, fort heureusement, a su se faire jour à nouveau. Bien que le groupe ait l’air un peu plus fatigué que la dernière fois.

En première partie, c’est un charmant monsieur appelé Born qui ouvre le bal. Les filles adorent, pas les mecs. Sa pop est sirupeuse au possible, le genre de soupe à guitares qu’on balance âprement en générique de fin d’une série américaine. Et même si le bonhomme ressemble étrangement à un David Sylvian aux cheveux longs, ça ne suffit pas : il n’en a ni le talent, ni le charisme. Six ou sept ballades qui se répètent, et un type dans le public qui hurle "c’est mauvais, casse-toi !". La messe est dite.

Lorsque l’intro se fait entendre, tout le monde se met à hurler. Les cinq musiciens débarquent en même temps et se mettent illico à entamer le set par un lumineux Stay visible (en tout, seuls deux morceaux du nouvel album Black & White 050505 ne seront pas joués). Jim Kerr est survolté, bondit à travers la scène, sourit à la foule, joue avec la colonne d’amplis. Tiens, parlons-en des amplis ! Car par malheur, le set s’interrompt dès la fin de Home, où de cruels problèmes de son se font sentir... et pour cause : on n’entend plus que la batterie de Mel Gaynor. Le groupe n’entend pas ce couac et décide de jouer le légendaire East at easter alors que la foule agite ses mains, pour faire signe que personne n’entend plus rien. Kerr remarque, arrête de chanter, se penche pour entendre ce qu’on lui dit. Il arrête Gaynor et Burchill, plaisante, et attend avec sérénité que le problème soit réglé. Le staff technique court à travers la scène, et un type qui ressemble à Frank Zappa, cheveux courts, nous indique qu’il y a un problème en façade. Fort heureusement, tout se règle en quelques minutes, et le set reprend. Si cet incident a le malheur de couper un peu l’élan, East at easter rallumera la flamme assez vite.

Le groupe mélange morceaux récents, tubes pour stades et chansons plus méconnues : ainsi, Seeing out the angel sera jouée en rappel, à la surprise générale, mais sera précédée par des perles comme Big sleep ou Book of brilliant things. Bien évidemment, le public exulte de joie sur les tubesques Alive & kicking et Don’t you (forget about me), mais s’active surtout sur Stranger ou Different world [TAORMINA.ME]. D’autres hymnes légendaires ne seront pas oubliés : All the things she said, Waterfront, Up on the catwalk, Glittering prize et même See the lights. Les Minds ont même le bonheur de nous présenter leur version musclée de New gold dream (81-82-83-84), qui se termine par quelques minutes de transe générale, alimentée par un kick inénarrable et une transformation de ce titre hypnotique en ritournelle sous acide. D’autres morceaux ont le mérite de soulever des bras enjoués : l’inespéré Speed your love to me, notamment, ou encore The Jeweller Part. 2 (rescapé de Our secrets are the same et remis au goût du jour), mais aussi le très new wave Someone, somewhere in summertime ; avant les rappels, le groupe terminera même par le somptueux et émouvant Dolphins, provoquant instantanément des frissons troublés le long de mon échine. On n’en peut plus, et visiblement, Jim Kerr non plus : sa chemise est trempée et a changé de couleur depuis longtemps, mais cela ne lui ôte rien de sa pêche. Au contraire : il plaisante même en nous demandant qui de la France ou de l’Angleterre a gagné le dernier match de rugby. Etant Ecossais, il est ravi d’entendre que l’équipe de la perfide Albion a perdu. Toutefois, on pourra s’étonner qu’aucun morceau de l’album Street fighting years n’ait été joué : pas de Mandela day, de This is your land ou de Belfast child.

Lumières tournoyantes, une basse omniprésente (Eddie Duffy fait un travail merveilleux sur absolument tous les titres, et plus personne ne pourra désormais contester qu’il fait intégralement partie du groupe), un Charlie Burchill dans une forme olympique et un Jim Kerr toujours aussi énergique et heureux d’être sur scène, voilà ce que les Simple Minds nous ont livré une nouvelle fois, ce soir-là, avec deux rappels et une liesse générale et continue. Avec simplement un seul message à faire passer : le plaisir d’être sur scène, le plaisir de jouer devant un public, son public, et le plaisir de faire partager se plaisir - le plaisir d’en donner et d’en recevoir. S’il n’y a qu’une leçon à retenir de ce groupe écossais lorsqu’on les voit en concert, c’est bien cette surprenante vérité : on en ressort tout simplement lavé de toute énergie négative, et heureux de voir que, malgré les hauts et les bas de leur carrière, un groupe désormais aussi mésestimé que les Minds parvient à faire fi de tous leurs détracteurs pour faire ce qu’ils savent faire de mieux : de la musique. Et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils le font mieux que quiconque.



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Albin Wagener





Il y a 9 contribution(s) au forum.

Simple Minds
(1/6) 15 mai 2006, par Chelsea
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(2/6) 7 avril 2006, par foxylady
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(3/6) 7 avril 2006, par Joelle
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(4/6) 7 avril 2006, par bw13
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(5/6) 3 avril 2006, par galnoir
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(6/6) 3 avril 2006, par Paipone




Simple Minds

15 mai 2006, par Chelsea [retour au début des forums]

Merci beaucoup pour ton article sur Simple Minds ! Il est bon de reconnaître leur talent. Personnellement je les ai revu (après une pause de 20 ans j’avoue, j’en ai 40) à Besançon, et je n’ai pas été déçue de revoir mon groupe préféré depuis l’âge de 17 ans... Ils ont du plaisir à jouer sur scène et ce plaisir est communicatif, et même s’ils ne remplissent plus des Bercy, ils ont toujours un public qui aprécie grandement leurs prestations, et on en redemande !
Hélène

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Simple Minds

7 avril 2006, par foxylady [retour au début des forums]

http://forum.visibleminds.fr/viewto... _ ;-)

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Simple Minds

7 avril 2006, par Joelle [retour au début des forums]

Et dire que c’est la Belgique qui nous honore d’une superbe revue du concert parisien des Minds !!!!
Ne le prenez pas pour une insulte SVP, mais on attend toujours une revue de ce concert de la part des journalistes parisiens... Il y en avait pourtant quelques uns sur place ce soir-là...

Ma seule remarque sera pour la première partie, Born... J’ai trouvé le public parisien plutôt sympa avec eux, même si je ne les ai pas adorés...

Encore merci !

Joelle (la parisienne...)

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Simple Minds

7 avril 2006, par bw13 [retour au début des forums]

Superbe article, j y etais, je partage à 200 % l’avis de l’auteur :
Les OLympia 2002 et 2006 furent exceptionnels d’intensité !
mais une note encore supérieur pour ce Lyon 2006...

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Simple Minds

3 avril 2006, par galnoir [retour au début des forums]

Cela a du être un super concert...

... Pour ma part, je fus à celui au Reservoir à la fin de l’année dernière... merveilleux concert à la fois puissant et intimiste.

quel plaisir d’avoir vu en 2005 Factory et Love Song en live

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Simple Minds

3 avril 2006, par Paipone [retour au début des forums]

C’est vrai que c’était un très bon concert, mais bizarrement, j’ai préféré celui d’il y a deux ans au Zénith. Ne serait-ce que pour la version de New gold dream qui a pris une tournure "technoïde" alors qu’au Zénith, elle était conforme à la version studio.

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