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Paris, Café de la Danse, 13 avril 2006
Perry Blake
Crooner né

samedi 15 avril 2006, par Albin Wagener

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Doux pleureur aux allures de dandy solitaire, admiré par Françoise Hardy et Emilie Simon, le crooner irlandais Perry Blake nous a gratifié ce jeudi soir d’un concert particulièrement éclatant et intimiste, dans un Café de la Danse archi-comble qui écoutait dans un silence quasi-religieux les perles de pop impressionniste et lyrique de cet héritier de Scott Walker, de Leonard Cohen et des Tindersticks. Rencontre avec l’univers élégant et inspiré d’un artiste malheureusement trop sous-estimé, qui venait promouvoir son excellent nouvel album, The crying room.

Perry Blake, c’est d’abord un port altier et une fausse désinvolture, mariés à une classe irlandaise sobre et appliquée, costume à l’appui. Soucieux et austère au premier abord, le séduisant chanteur charme instinctivement par son aise à pouvoir s’exprimer en public. Contrairement à ce qu’on pourrait croire de ce songwriter à l’existence monacale, Perry plaisante volontiers entre les titres, rappelant parfois la fausse candeur de Mick Harvey, lors de son concert à la Rotonde du Botanique. Par ailleurs, le Café de la Danse ressemble assez à la salle bruxelloise, et se prête ainsi volontiers à une ambiance chaleureuse et feutrée, permettant même à certains fans de s’asseoir carrément sur la scène, plutôt que par terre.

Entouré d’un petit décor soigné (un cube lumineux et une vieille lampe semi-victorienne), Perry Blake s’abreuve volontiers d’eau, sirotant parfois discrètement son verre de whisky. Toujours dans la mesure, jamais dans l’excès, Perry parait volontiers sérieux et concentré sur ses morceaux. Assis sur une chaise moderne, il ne se lèvera guère tout le long de son concert, ce qui rajoutera à l’ambiance très intimiste. Autour de lui, quatre fabuleux musiciens, pratiquement tous français : un batteur, un guitariste, un bassiste et un pianiste hors normes.

Il est injuste qu’un artiste aussi talentueux soit boudé par la plupart des pays. Pourtant, la France a été la première à repérer et révéler notre artiste aux multiples facettes, grâce au label Naive. Ce soir, Perry était proche de son public, et proposait avec humilité une poignée de titres qui ont jalonné sa carrière jusqu’à présent. Ainsi, le nouvel album sera représenté entre autres par Forgiveness (qui ouvrira le concert en beauté), Freedom et son irrésistible banjo, Blue sky calling qui clôturera le set dans un a capella digne et stellaire, mais également le majestueux These young dudes, que Perry et son groupe reprendront à la fin pour le deuxième rappel. L’album California est également représenté par le morceau éponyme, qui provoquera littéralement un tonnerre d’applaudissements, à la grande surprise de Perry (il faut rappeler que California avait récolté des impressions plutôt défavorables lors de sa sortie), qui nous le fera remarquer ; mais Ordinary day sera également de mise. Avec un morceau du premier album, et un impressionnant Song for someone issu de son avant-dernier opus Songs For Someone, Perry visitera les diverses facettes de sa jeune carrière avec une beauté rare dans l’interprétation de ses chansons.

Mais ce n’est pas tout : un inédit est également présenté (et Perry s’égarera en prétendant que cette chanson se trouve sur un de ses anciens albums, puis se corrigera par la suite, admettant qu’il ne l’a encore ni jouée, ni sortie sur aucun support), tout comme une étonnante reprise du classique Something des Beatles, mais également un hommage vibrant au maître spirituel de Perry, David Sylvian. En effet, en l’absence du chanteur (qui quittera la scène préalablement), ses quatres musiciens interprètent avec savoir-faire le culte Forbidden colours, composé par Sylvian et le musicien japonais Ryuichi Sakamoto. Une bien belle surprise !

Transcendant et lumineux, ce concert restera gravé dans ma mémoire comme un des plus beaux moments de mon existence. Quand un artisan musical aussi accompli présente ses travaux d’orfèvre avec la délicatesse et la retenue qui le caractérisent, on ne peut qu’applaudir avec frénésie et regretter amèrement que Perry ne constitue actuellement qu’une pépite enfouie, noyée dans une masse d’artistes folk et pop éphémères. Persévérant depuis la fin des années 90, gageons que Perry poursuivra son œuvre et aboutira sur une réelle percée, hors du cercle d’initiés. En tous les cas, ce jeudi soir, nous avons ensemble communié en touchant la grâce, envoûtés par la voix suave et sensuelle du sieur Blake. Un moment recommandable, susceptible de renvoyer dos à dos Morrissey et Neil Hannon.



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Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Perry Blake
(1/1) 11 février 2013, par Chaeijoh




Perry Blake

11 février 2013, par Chaeijoh [retour au début des forums]

Avec un morceau du premier album, et un impressionnant Song for someone issu de son avant-dernier opus Songs For Someone, Perry visitera les diverses facettes de sa jeune carrière avec une beauté rare dans l’interprétation de ses chansons. powerpoint presentation | mba assignment

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