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Bruxelles, Botanique, 5 novembre 2005
Queen Adreena
Pretty like drugs !

mardi 8 novembre 2005, par Marc Durant

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Il est des soirs où on se demande ce qui va se passer réellement, connaissant le caractère survolté de la belle mais très imprévisible Katie Jane, figure de proue des presque légendaires Queen Adreena, un groupe ressuscité des cendres de Daisy Chainsaw, combo hippie-punk complètement déjanté qui faisait alors jaser dans les années 90. Queen Adreena affiche sur ses trois albums la résolution de faire un rock dur, puissant, sensuel et même sexuel, un groupe qui diffère de ce qu’on a l’habitude de voir en tout cas. C’est avec cette curiosité et l’espoir d’assister à quelque chose d’intéressant que je me suis précipité à leur concert ce soir au Botanique. La veille ils étaient au Paradisio d’Amsterdam, le lendemain ils étaient à Cologne, leur tournée se termine doucement.

Tout devait commencer par Hulk, première partie pas vraiment attendue mais qu’il allait falloir supporter, même si certains arboraient avec une certaine fierté le T-shirt promotionel dudit groupe. Mais par (un heureux ?) hasard nous n’avons pas dû patienter, et Queen Adreena a joué tout de suite, avec une Katie Jane visiblement sous influence, un guitariste totalement à son jeu (étant au bord de la scène j’ai eu plusieurs fois droit à son pied à quelques centimètres de mon visage, écrasant au passage mon bras et ébranlant mon appareil photo), mais c’est le jeu du spectacle aussi, être rebelle à tout prix, choquer et montrer qu’une attitude rock se doit de bousculer et mettre le bordel autant que possible. Pourtant Katie Jane a été assez sobre (et je parle du comportement), tenue un rien dévêtue qui valait un cortège de langues pendues parmi les mâles de l’assistance, jeux avec une chaise qui lui permettait d’écarter les jambes pour réveiller de vieux fantasmes du sex, drugs and rock and roll (on avait droit aux trois ici), et elle a fini en beauté mais pas en finesse avec une bouteille de champagne entre les jambes simulant la masturbation et envoyant un peu du mousseux dans un public qui n’en demandait pas tant. Remarquable aussi sa capacité à s’élancer sur le guitariste et lui monter dessus, joyeux numéro d’acrobatie approximative.

On a eu droit à un pot pourri des trois albums, ce qui n’était pas pour me déplaire, ainsi que le public visiblement acquis à leur cause. C’est Pretty like drugs qui sera un des moments forts, où jouant son rôle (mais en est-ce un ?) parfaitement, elle démontrait tout ce que les excès d’une vie de rock peuvent avoir de flamboyant et de pathétique (les deux sont souvent liés). A la fin du concert, le groupe s’en va et Katie Jane reste, un peu perdue, comme si elle se demandait ce qu’il lui arrivait, elle entonne d’une voix de petite fille une chanson et s’en va, laissant peut-être un goût de trop peu mais qui révèle bien la satisfaction qu’on a eu envers ce concert court mais bon. Si l’enfer à cette gueule, j’en reprendrai volontiers.

A notre départ les gens arrivaient en disant, "ah la première partie doit être finie, vite je veux pas manquer Queen Adreena". Pas de chance...

Photo : (c) Marc Durant - Droits réservés



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Marc Durant