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Arlon, Maison de la Culture, 16 avril 2005
Jean-Louis Murat
Everybody knows this is nowhere

mercredi 20 avril 2005, par Nicolas Thieltgen

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Le nouvel album de Jean-Louis Murat, Mockba/Moscou, suite logique de Lilith mais également retour aux sources de ses mélodies du début des années 90, est dans les bacs depuis quelques semaines. L’Auvergnat a déjà repris la route avec son Neverending Tour qui sillonne les routes de France et de Belgique. Retour sur une halte arlonaise lubrique, électrique et sensuelle...

« A Arlon, on se couche tôt... comme en Auvergne, finalement », fait remarquer Jean-Louis Murat lors d’un de ces petits interludes badins de fin de concert dont il a le secret. Et on peut dire que, par cette boutade, il résume parfaitement nos craintes d’avant-concert.

C’est en effet avec quelque appréhension qu’on entre dans la salle de la Maison de la Culture d’Arlon en se demandant dans quel état d’esprit Jean-Louis Murat abordera ce concert devant une audience qu’on imagine un peu frileuse, lui qui est revenu se perdre dans la brousse du sud-Luxembourg belge pour la seconde fois en sept ans (il avait déjà atterri là en 1998, après la sortie de Dolorès, un peu par hasard, beaucoup grâce au travail de Losange, l’A.S.B.L. qui organise par ailleurs Les Nuits de l’Entrepôt).

Entamant les hostilités par Oh my love (« Je vis à l’enseigne / De votre beauté / Tel est mon logis ici-bas »), extrait de son petit dernier Mockba/Moscou, un Murat tout en formes (est-ce les joies de sa paternité récente ?) fait heureusement preuve dès le début d’une souplesse mélodique et rythmique rare. Epaulé par ses désormais inséparables comparses, Fred Jimenez (également bassiste chez AS Dragon et compositeur de A Bird on a Poire, l’album en duo avec Jennifer Charles d’Elysian Fields) et Stéphane Reynaud (à la batterie), le troubadour modèle et sculpte de sa voix leste et nonchalante des textes au romantisme évocateur et sublimement désuet.

L’ambiance est lourde à couper au couteau et tel le gros matou matois qu’il est, Jean-Louis s’amuse à jouer pendant une petite heure au chat et à la souris avec son public, se cachant dans l’ombre et miaulant quelques remerciements indistincts entre les morceaux. Les esprits rêveurs se promènent à travers une setlist exclusivement basée sur des extraits de ses quatre derniers albums solo (Le moujik et sa femme, Lilith, Parfum d’acacia au jardin et Mockba/Moscou), à l’exception d’un extrait de Mustango (un Jim pris à contre-pied), et grâce à ces titres retravaillés dans l’esprit de sa tournée Muragostang (intros des morceaux rallongées à l’infini, extraits sonores joués en arrière-plan, effets de réverbération dans la voix), mais pas dans la forme (un trio guitare/basse/batterie à l’élégance épurée), Murat installe sa prestation dans la durée et dans les esprits. Mention spéciale pour La Maladie D’Amour et L’amour qui passe, tout en circonvolutions et lentes montées en puissance.

Après un petit intermède trivial, dialogue surréaliste et fatigué avec son public, l’Auvergnat propose sa face plus électrique et énervée dans un sprint final ébouriffant composé du Cri du Papillon, de L’au-delà et de Ce qui n’est pas donné est perdu (« Ce qui n’est pas donné est perdu, ce que tu gardes est foutu », répété jusqu’à l’écœurement).

Au final, on constate (et ça va sans doute beaucoup l’énerver qu’on dise cela, on le lui a déjà tellement répété) que Jean-Louis Murat ressemble de plus en plus à Neil Young, que ce soit par son attitude de loner, toujours prêt à prendre les gens à rebrousse-poil ou par sa prolificité actuelle, véritable défi au modèle économique de la musique mis en place par les majors du disque. Il constitue en tout cas un des derniers artistes français de plus de 40 ans (avec Alain Bashung, sans doute) à être capable de proposer sur scène une vision cohérente et sans compromis de sa musique. Une sorte de rêverie lourde et moite de laquelle on ne voudrait jamais se réveiller.

En première partie de ce concert, Miam Monster Miam a présenté seul à la guitare une poignée de chansons extraites de son nouvel album Soleil Noir. Croisement improbable entre Johnny Cash (le costume noir et la guitare rouge) et Franck Black (la ressemblance physique entre Benjamin Schoos et un Black Francis juvénile est toujours frappante), le songwriter originaire de Seraing a su faire l’étalage de ses qualités de parolier et de sa gentillesse naturelle. On attend de le revoir accompagné de son groupe pour pleinement apprécier ses nouvelles compositions.

Jean-Louis Murat sera en concert le jeudi 28 avril 2005 au Cirque Royal à Bruxelles dans le cadre des Nuits Botanique, avec Karin Clercq en première partie.



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Nicolas Thieltgen





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Jean-Louis Murat
(1/2) 25 septembre 2009, par HB
> Jean-Louis Murat
(2/2) 20 avril 2005, par Joe




Jean-Louis Murat

25 septembre 2009, par HB [retour au début des forums]

Il constitue en tout cas un des derniers artistes français de plus de 40 ans avec (plus grand feu) Alain Bashung, sans doute.

I agree, découvrant son nouvel album (nous sommes en 2009).

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> Jean-Louis Murat

20 avril 2005, par Joe [retour au début des forums]

En tout cas j’y était...un petit peu froid au début mais au final plus relaché...jean lou nous a fait son Neil Young...MAIS TELLEMENT BIEN !!!!!!!!mais pourquoi bird on a poire n’a pas été "neil younguer" ????????En tout cas merci Jean LOU !!!!!!!!!Seul des mecs vivants comme jean Lou et Bashung sont indispensables pour la chanson française !!!!!
nb:merci aussi à toi Miam avec tes chanson à la Cash mais c’était trop court....

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