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Vus en live : Bow Street Runners
mercredi 21 novembre 2007

Voici ma définition du groupe parfait : le chanteur aurait la voix de Tom Chaplin de Keane et le charisme de Mick Jagger ; le guitariste aurait l’agilité de The Edge de U2 et l’attitude d’Angus Young d’AC/DC ; le bassiste serait aussi provocant que Paul Simonon des Clash et aurait le talent de John Dalton des Kinks ; le batteur serait un autodidacte inspiré comme Topper Headon (The Clash). Tout comme la playlist parfaite, le groupe parfait n’existe pas, et nous continuons tous à chercher désespérément un équivalent, quelque chose qui s’en rapproche, ne serait-ce qu’un peu, dans chaque salle, chaque bar de chaque ville dans laquelle nous passons.

Hier soir, Belfast fêtait le cinquantième anniversaire des soirées Up In The Attic, organisées par l’association Bruised Fruit. La salle de concert Auntie Annie’s, légendaire et populaire, aux murs lambrissés et aux lumières tamisées, a été témoin de l’éclosion de presque tous les groupes locaux, qui n’ont rien à envier à leurs compatriotes londoniens. Pour qu’une ville possède une scène rock aussi riche, il faut qu’elle aie quelque chose à offrir. Paris offre sa sophistication révoltée, Londres offre sa légende et sa littérature victorienne, New York offre ses clubs de jazz enfumés. Belfast offre un appétit insatiable de reconnaissance et une odeur de vieille bière.

Dans Dublin Road, hier soir, les Bow Street Runners ont émergé, dans un mélange de nervosité et d’excitation, de confiance et de timidité qui était absolument irrésistible pour quiconque croisait le regard fiévreux de son charismatique leader, Charlie Bates. Charlie est de ceux qui monopolisent une pièce, un étage, un bâtiment, votre cerveau tout entier. Un regard perçant, une cravate de soie savamment nouée autour du cou, et vous voilà transporté dans le monde de Dickens, de Sir Francis Drake, dans cette Angleterre empirique, faussement puritaine, arbitrairement répressive. Dans cet amalgame oppressant se dégage une joie de vivre certaine, une insolence propre à une jeunesse belliqueuse. Alors que le garage-rock se veut le porte-parole d’une jeunesse blasée qui n’a peu ou prou d’idéaux à défendre, les Bow Street Runners rappellent à notre bon souvenir que des bas-fonds provient le rock, en particulier ce britrock qui a bercé nos oreilles la décennie précédente.

Vincent Caddell, le tout jeune guitariste (19 ans) explique : "On vient juste de commencer. J’ai envie de dire que mon but est de devenir célèbre, de dominer l’Angleterre, l’Europe, tout ça, mais la vérité c’est qu’on est un groupe de Belfast, profondément ancré dans Belfast, et qu’avant tout j’ai envie d’obtenir la reconnaissance et le soutien de la scène locale avant de me lancer ailleurs." Une maturité et une humilité motivée par Charlie Bates, qui explique avoir "soulevé le talent" du groupe afin d’accéder à la "domination mondiale". Comment compte t-il s’y prendre ? "Avec un bon concert. Ce soir seront les meilleures vingt cinq minutes de ta vie."

Ambitieux, mais tellement vrai. Quand Mark, le batteur, se penche, il arrive à clouer littéralement la ligne rythmique sur le sol déjà tremblant. Pour une première "vraie" scène live (le groupe a donné un set acoustique la semaine dernière), les Bow Street Runners ont joué la carte de la stupéfaction. Malgré quelques incidents techniques (souci de retour), le groupe grave les mémoires. Il n’en aura pas fallu plus pour nous convaincre. Désormais en hiatus pour cause d’enregistrement d’une démo cinq titres, les cinq dandys, partageant leur vie entre Belfast et Londres, s’apprêtent à conquérir les yeux et les oreilles des rares sceptiques qui pourraient encore se trouver de ce côté-ci de la Manche. Quel que soit le line-up de votre groupe parfait, il y a de fortes chances que les Bow Street Runners s’en rapprochent dangereusement. Définitivement la révélation de cette fin 2007.

Sarah El Jabri


VOIR EN LIGNE : http://www.myspace.com/bowstreetrunnerstheband

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