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These New Puritans : "Hidden"
Ils veulent la guerre

mardi 2 février 2010, par Christophe Renvoisé

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Ce que veut le complexe militaro-industriel ? Du volume à l’exportation, une production à flux tendu et un carnet de commandes qui dégueule pour renouveler par l’innovation la plus délirante de quoi charmer la soldatesque engeance. C’est exactement ce à quoi devrait parvenir Hidden, ce projectile à têtes chercheuses de seconde génération, V2 tout juste sorti des arsenaux de TNPS, ce quarteron de généreux casse-tête qui nous avait déjà bien exterminé l’envie de mégoter il y a deux ans. Gonflé d’ailleurs, ce Jack Barnett, qui y officie en généralissime déjanté et un brin mégalo, qui nous postule maintenant une guerre qui se voit, se respire et s’entend de loin. Une vraie guerre comme dans le temps. Moi à sa place je n’aurais même pas touché aux équipements fourbis dans le garage de Beat pyramid et creusé davantage l’insolent génie d’un Swords of truth, par exemple, dont la rareté faisait comme un Pont Neuf tout musical entre hip-hop et indus. Plus pacifiste, j’aurais même œuvré pour un Munich mental, une paix des braves, de celle des petits punks beaucoup plus instruits d’aujourd’hui –et je me serais bien vautré.

C’était de toutes façons sans compter sur la sorcellerie des nombres (une petite lubie inoffensive du quatuor) qui fait qu’à nouvelle décennie doit correspondre forcément quelque nouvelle manière de guerroyer contre la dureté des temps. Ce second essai, ceci dit, prolonge le premier plutôt qu’il n’en désavoue les intentions, d’abords plus primesautiers. On y expérimente, avec bonheur ça se sent, un arsenal plus richement doté. La guerre débouche après tout sur quelques festivités –pendant pour les belligérants (qu’on songe à l’hilarité que provoque la musique militaire), au sortir sinon, pour les autres.

Attention la première écoute désarçonne. Mais les suivantes (c’est promis) procurent des plaisirs de tournoi : vous faites corps avec la bête et avez fort bonne allure ; vous êtes devenu Centaure et la tête de l’ennemi est à bonne hauteur. Vous serez également en territoire connu : un même refrain transperce l’album de part en part.

We want war disent-ils, donc, pour titrer un péplum futuro-médiéval que je prendrais en BOF si j’étais un Kubrick encore jeune et vivant. Ici comme ailleurs les armes y fourmillent, plutôt théâtrales que létales : cuivres et anches s’y entrechoquent pour semer une désolation des plus articulées dans un paysage de morne plaine où gisent ça et là les débris concrets d’un piano post-minimaliste (plus évidents sur Hologram), mais où rien n’est froid : pas une goutte de sang ne traîne, juste une sensation d’encore tiède et fumant. Une lame sèche comme la Mort en train de frapper sort du fourreau à plusieurs reprises –un jeu de sons offert sans grandiloquence aucune qu’on retrouvera avec bonheur ici et là : ici c’est une pluie sur le trucidant Three-thousand (une approximation du nombre de figurants ?), là un orage mortel, sur Attack music, s’abattant sur quelque triomphe romain ou égyptien.

Que la méthode industrielle, qui consiste à cadavériser les choses pour en mieux détacher l’intéressante consistance, revienne insidieusement à la mode ne m’étonne pas : seul le cynisme, vues les conditions offertes dans la vie civile, semble offrir quelque échappatoire. Danser sur place, l’air lugubre et patibulaire du tout, s’impose comme une évidence crasse –cette dernière couleur indiquée juste pour simplifier tout ce qui nous sépare des horizons arc-en-ciel vendus par les politiques -et aussi les belles-mères.

Inutile de me proposer une tisane je vais bien. Quand j’écoute Attack music il me semble justement que tout ira désormais pour le mieux, que c’était bien la der des ders, la dernière fois que j’ai écouté des Anglais qui m’ennuyaient… Ici d’étranges chœurs canons fabriquent une charge massivement musicale qui serait manœuvrée en terre proche-orientale des temps futurs, sur les dance-floor de laquelle s’exécuterait une nouvelle danse du tapis (volante). On reconnaît la bonne musique à ce qu’elle fabrique toute seule ce genre d’utopies. J’ai même fait l’effort de ne pas lire les paroles.

Un titre comme Fire-power vous demande avec l’insistance des meilleurs Rapture et Nine Inch Nails du monde si vous reprendrez bien une rasade de morgue avant de partir en campagne armé de tomahawks, et vous n’osez même pas refuser, avec votre petit grade de robot biffin, qu’un tel breuvage déglinguera pourtant ; vos circuits le sentent mais, rendu à ce stade de l’album vous êtes déjà trop bien conditionné. Ici, vous êtes bien peu de chose on vous le redit.

Orion, Canticle, Drum courts…, ainsi que la voûte constellée d’étoiles de certaine chambre funéraire, cette suite prépare à passer l’éternité dans les bras d’Osiris (car le mieux, s’agissant de la guerre, est bien de mourir au combat). Elle vous constelle l’espace aérien de mille pâmoisons fabriquées à l’aide de chœurs tendrement cuivrés et d’instruments à peau toute tendue, vous remplit l’univers intime d’une cascade de fluides toxicomaniaques, de flèches mélancoliques et de piques néphrétiques. Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, disent les survivants après leur bataille. C’est de la musique post-industrielle du XXIème siècle que viendra ton salut, disent ceux qui mort-vivent en attendant l’épreuve, puis-je enfin leur répondre -car j’espérais ça depuis un moment.

L’épilogue 5, dont le fond de l’air effraie car il annonce le silence fatal qui suit le dénouement tout proche, clôt avec maestria un album à ne surtout pas découvrir par morceaux (comme le propose certaine industrie du disque dégénérée). Un conflit s’installe entre bois, vents et percussions, suave et entêtant, entre Björk instrumental et requiem des temps classiques, qui vous fait redouter le traité de paix –le seul moyen d’échapper à ce funeste destin est de se remettre en selle car, non, on ne meurt pas pour de vrai ici.

Grande armée, à espionner de près (*), car de chair fraîche composée qui plus est. Avec deux frères jumeaux dedans, ce qui devrait en consolider les fondations. Je me demande tiens si après l’inflation des groupes en « The » ne viendra pas un jour, en forme d’hommage aux combattants, celle des « These »…

(*) : C’était (car c’est sans doute déjà trop tard) à butiner sans faute au Botanique le 17 février ou à la Cigale le lendemain



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Christophe Renvoisé





Il y a 12 contribution(s) au forum.

Customized Fat Loss By Kyle Leon
(1/7) 16 septembre 2013, par Hermina Loren
These New Puritans : "Hidden"
(2/7) 24 mai 2013, par Punk
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(3/7) 24 mai 2013, par Punk
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(4/7) 9 mai 2013, par Ryder
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(5/7) 9 mai 2013, par Ryder
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(6/7) 9 mai 2013, par Ryder
These New Puritans : "Hidden"
(7/7) 29 avril 2010, par lkj




Customized Fat Loss By Kyle Leon

16 septembre 2013, par Hermina Loren [retour au début des forums]

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, disent les survivants après leur bataille. Visit Our Website Click Here => http://health.reviewship.com/custom...

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These New Puritans : "Hidden"

24 mai 2013, par Punk [retour au début des forums]

taine industrie du disque dégénérée). Un conflit s’installe entre bois, vents et percussions, suave et entêtant, entre Björk instrume.

VCPC510 || 9L0-408 || 9L0-412

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These New Puritans : "Hidden"

24 mai 2013, par Punk [retour au début des forums]

ée, à espionner de près (*), car de chair fraîche composée qui plus est. Avec deux frères jumeaux dedans, ce qui devrait en con

850-001 || ST0-200 || VCP5-DCV

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These New Puritans : "Hidden"

9 mai 2013, par Ryder  [retour au début des forums]

My hometown is famous for several amazing natural features.
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These New Puritans : "Hidden"

9 mai 2013, par Ryder  [retour au début des forums]

Let’s see how a concluding sentence (in bold font) might look in our sample paragraph about Wheaton :
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These New Puritans : "Hidden"

9 mai 2013, par Ryder  [retour au début des forums]

Both buns "hold" the meat, onions, and so on. Similarly, the topic sentence and concluding sentence "hold" the supporting sentences in the paragraph
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These New Puritans : "Hidden"

29 avril 2010, par lkj [retour au début des forums]

Probablement un des meilleur truc sortie depuis le début d’année.

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