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Ringo Starr : "Y Not"
Because "What goes on", maybe ?

mercredi 18 août 2010, par Vincent Ouslati

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On n’ira surprendre personne (quoique) en annonçant que Ringo Starr fut tant dans sa période Beatles que solitaire un piètre compositeur, le moins doué des Fab Four. Passons sur l’ignoble What goes on de Rubber soul, on préfèrera franchement parler de Don’t pass by me ou d’Octopus’s garden qui sans faire démouler une victoire de la musique parvenaient à occuper un disque des Beatles sans trop tâcher la moquette.

Curieusement, notre ami Ringo sera le premier à se lancer dans l’aventure de la carrière solo suite à la séparation du groupe, alignant albums sur albums, étiquetés pop, country et se limitant la plupart du temps à jouer l’interprète, laissant sagement la composition à d’autres plus doués.

Comment expliquer la carrière prolifique de Ringo Starr, en total décalage d’avec ses capacités musicales, quatorze albums (Y not est le quinzième !) depuis 1970 ? Vrai que le nom aide, le coté légende, le mythe et le pesant blablabla des inconditionnels du groupe. Après quarante années, avoir un sticker “ex-Beatles still alive” collé sur le cul arrive toujours à rameuter le chaland, c’est beau le marketing. A bien creuser, on peut trouver nettement plus minable que ces gentilles pop/rockeries de seconde zone, succession de titres nostalgiques qui font bien évidemment penser aux Beatles (tu m’étonnes…), parce que sans ce label presque religieux, on en parlerait bien entendu encore moins (d’ailleurs, pourquoi j’en parle ?). Ringo Starr est heureusement toujours conscient de ses possibilités limitées et fait appel à quelques potes dont Ben Harper ou Joss Stone qui soutiennent le pauvre Joe Walsh (Eagles) dans son œuvre de sauvetage de la baraque.

Mission bien complexe voire impossible lorsque notre vieux Most famous than J.C., pris de nostalgie, s’en va déclarer sa soif de paix et d’amour sur Peace dream. Fallait pas, fallait pas tenter l’hommage à Lennon, pas avec des paroles aussi quelconques...

"Just like John Lennon said, In Amsterdam, from his bed,
One day the world will wake up to see, the reality"

... Et une musique aussi nulle.

Il n’y a pas grand-chose à sauver de Y not, qui sent tout du long la vieille chaussette. Je passerai pour plus sympa à vos yeux si je sauvais Other side of Liverpool, ses petits claviers, et son petit refrain rock, si je parvenais à apprécier Y not et ses sitar pas désagréables. Mais c’est franchement pour ne pas trop gratter le vernis respectueux plaqué sur le personnage de Ringo Starr. Car ces tentatives sont si empreintes de mauvais recyclage sixties que l’album s’en voit directement confiné aux bacs des occas’.
Ringo Starr, aimez son passif, et oubliez - dans son propre intérêt et le votre - son présent...



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Vincent Ouslati





Il y a 29 contribution(s) au forum.

Ringo Starr : "Y Not"
(1/4) 19 décembre 2012, par christian pellerin
Ringo Starr : "Y Not"
(2/4) 25 octobre 2010, par gilles colas
Ringo Starr : "Y Not"
(3/4) 20 août 2010
Ringo Starr : "Y Not"
(4/4) 18 août 2010, par Phil Danstachambre




Ringo Starr : "Y Not"

19 décembre 2012, par christian pellerin [retour au début des forums]

Bonjour, merci pour ce billet sur la musique de Ringo Starr

Christian Pellerin

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Ringo Starr : "Y Not"

25 octobre 2010, par gilles colas [retour au début des forums]

Au-delà du caractère anecdotique de ce nouvel album et de plus d’un de ses prédécesseurs, un tel mépris pour Richard Starkey tient plus du radotage que d’un regard (ou une oreille) lucide sur sa carrière modeste mais bien plus intéressante que le suggèrent ces ricanement depuis des décennies. Il est d’usage facile de se défouler sur le seul Beatle qui n’aurait, indéniablement, jamais connu la gloire sans son appartenance aux Fab Four. Du laboratoire d’émulations que fut le quatuor pour Mc Cartney, Lennon et le discret Harrison, Ringo Starr n’a certes pas acquis le génie de compositeur. Il n’en est pas moins l’auteur ou co-auteur de morceaux plébiscités ou méconnus qui transportent simplement mais brillamment jusqu’à Nashville ou Los Angeles le son de Liverpool, souvent bien plus efficacement que ne le firent ses anciens comparses (partis explorer d’autres sphères, mais pas toujours convaincants dans le revival) : It don’t come easy, After all these years, Liverpool 8... En tant qu’interprète seul, il fut le premier Beatle après le clash du groupe à connaître un vrai succès solo mérité avec deux excellents exercices de reprises publiés coup sur coup en 1970 : Sentimental journey (hommage au années 30) et Beaucoup of blues (enregistré en seulement 2 jours avec la crème de la country music à Nashville). A l’image de son All-Starr band dans les années 90-2000, supergroupe scénique à géométrie variable (Joe Walsh des Eagles, Roger Hodgson de Supertramp, Dave Stewart de Eurythmics, feu Billy Preston, Dr. John, Todd Rundgren, Dave Edmunds et nombre d’autres pointures se pressent pour travailler avec lui), Ringo sait s’entourer pour livrer une discographie où les pépites abondent, derrière des creux certes indéniables et parfois très prononcés particulièrement entre 1976 et 1981 (années de dépression et d’alcoolisme, dans l’ombre complexante des trois autres Fab Four qui n’ont du reste jamais rechigné à lui prêter main-forte). L’album de son retour en studio en 1992, Time Takes Time, mérite incontestablement de trôner dans le top 10 de disques d’ex-Beatles : simple, à l’image de l’homme (et de son jeu de batterie, un temps gâté par sa descente aux enfers, mais cité en exemple par nombre de pointures du métier louant sa sobriété et ses innovations parmi les meilleurs batteurs des 60’S), mais exceptionnellement efficace dans le beat renaissant, la production soignée, l’écriture ou le choix des mélodies qu’auraient pu lui proposer Lennon-Mc Cartney si le groupe avait continué. Tout comme l’album homonyme Ringo deux décennies plus tôt, qui vit pour la première fois les scarabées se réunir en studio après le split.

Je n’irai pas jusqu’à évoquer ses autres talents dont ceux d’acteur et réalisateur (documentaire Born to boogie, anthologique hommage à son ami Marc Bolan). J’espère juste vous inciter à davantage découvrir et mieux considérer cet autre "plus illustre inconnu au monde", selon la formule de John Lennon concernant Yoko Ono.

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Ringo Starr : "Y Not"

20 août 2010 [retour au début des forums]

ben moi je préfèrerai toujours ce bon vieux ’What Goes On’ sur "Rubber Soul" aux affreux ’Don’t Pass Me By’ sur le double blanc ou ’Octopus’s Garden’ sur "Abbey road" !
quand à Phil Collins, même si sa carrière solo fait vraiment pitié (à part ses deux premiers albums plutôt intéressants), il a composé quelques bons morceaux au sein de Genesis !

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Ringo Starr : "Y Not"

18 août 2010, par Phil Danstachambre [retour au début des forums]

Malgré toute la sympathie que j’ai pour le bonhomme, je dois dire que si les batteurs étaient censés être de grands compositeurs, ça se saurait. Et c’était d’autant + dur vu à qui il se mesurait.
A part Grant Hart au sein de HÜSKER DÜ, qui pouvait largement rivaliser avec son leader, j’en vois pas d’autre.

Charlie Watts ?
Lars Ulrich ?
John Bonham ?
Keith Moon ?
Nick Mason ?

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