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Pixel : "Ainsi fond"
Deuxième résolution

vendredi 19 mars 2010, par Boris Ryczek

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Deuxième LP d’un trio parisien encore méconnu mais qui mérite qu’on s’y attarde, Ainsi fond creuse sa voie entre influences anglo-saxonnes et tradition hexagonale. Résultat : un bel ensemble de morceaux de styles variés, agencés entre eux selon une logique propre à tous les véritables albums, celle du parcours.

Le disque s’ouvre avec Première classe, titre d’une grande efficacité, limite obsédant, qui ne surprendra pas les habitués du rock français. Des riffs de guitare en cascade, superposés les uns aux autres portent un couplet, un refrain... une belle chanson sur un amour impossible. Le morceau trouve son pendant sur la dernière plage avec Corinnes, titre plus sombre, où derrière les mots "bistrot", "mégot", etc. plane l’ombre d’un Miossec, fondu dans un univers purement rock.

Entre ces deux pôles, le groupe se promène, d’influences pop-folk minimalistes (Peter Pan, Non conforme) en décharges d’électricité (Dernière à Paris). Avec, sur Correspondances, un hommage très métropolitain aux vieilles chansons de zinc qui ont fait la réputation de la capitale française. Parmi les tours de force de l’album, on retiendra A.I., soudaine envolée lyrique, portée par une ambiance électro et des chœurs pop très originaux : un peu indie, un peu hippie... En somme assez ovnis.

Grâce à son riche panel instrumental (glockenspiels, melodicas, mellotrons...) et à des compositions toutes en nuances qui dévoilent leur complexité petit à petit, Ainsi fond ne lasse pas. Au contraire, il impose son originalité, son univers dégagé des courants et des statues des commandeurs qui plombent trop souvent le rock hexagonal.

En dernière instance, on s’attardera sur les textes. Nassib, chanteur, guitariste et parolier (David s’occupe de la batterie, Natan de la basse et, en gros, de tout le reste) s’avère une plume affutée et délicate, maniant les mots tendres comme les coups de gueule. Préférant, sur un titre écolo comme L’épouvantail, les images et les impressions, aux leçons de morale. Jouant avec le vocabulaire amoureux pour en tirer des leçons désabusées sans être plombantes (Etonnamment). Témoignant à son tour pour une génération qui a bien du mal à grandir et à abandonner ses rêves, fussent-ils des chimères...

Que dire de plus à part : dépêchez-vous d’écouter ce disque. Il vient de sortir...



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Boris Ryczek