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O. Children : "O. Children"
Après la new rave, la new grave ?

mercredi 21 juillet 2010, par Yû Voskoboinikov

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S’il était à relever un premier paradoxe avec O. Children, ce serait sans doute le fait que, malgré un environnement visuel ciselé, le chanteur Tobias est celui que l’on remarque en premier. Du haut de sa carrure conséquente, il prend un malin plaisir à vous regarder d’en bas, d’un air de défiance semblant asséner : “Ouais, j’suis Noir, j’aime pas l’rap, et j’t’emmerde !”. Et contrairement à la copine d’Anaïs, il a bien raison.

Mais le second paradoxe – de loin, je vous rassure, le plus important – est cette manie des médias anglais de vouloir à tout prix coller une étiquette “new” sur le groupe. “New grave”, “neo goth”, et “new goth” pour les plus répandues. À la rigueur, cette dernière irait parfaitement bien à London After Midnight qui, mine de rien, a juste défini la seconde génération de gothiques, c’est-à-dire celle venant après les charognards de Bauhaus, et avant ceux de, justement, London After Midnight. En d’autres termes, le Selected Scenes from the End of the World représente un jalon, le renouveau du goth qui, après cette secousse sismique dont nous entendons encore les retombées, a pu à nouveau reposer en paix jusqu’au dernier sursaut post-mortem de Bauhaus avec la somme Go away white. Et puis, plus rien. Oh, éventuellement, les Australiens d’Effigy (Jérôme Prévost déteste, ce qui est toujours bon signe), les comiques dramatiques de Joy Disaster (Jérôme Prévost déteste aussi, forcément), et puis Interpol, du premier au deuxième album, ainsi que les Editors, encore que dans ce dernier cas, c’est surtout Jérôme Delvaux qui parle. Toutefois, il est également persuadé que les Killers ont produit plus d’un bon titre, alors...

Et gardez vos pierres dans vos mains, car ceci n’est pas une digression. En effet, un dénominateur commun se dégage bel et bien de tous les groupes apparus après London After Midnight : ils sont résolument pop. Tout à fait, pop, comme ce qui colle au derrière d’Iggy. D’ailleurs, Cure, c’est de la pop. Il n’y a qu’en France où les pseudo corbeaux présentent encore cela comme du rock gothique. Certes, les débuts sont évocateurs, mais cela reste fondamentalement pop. Du coup, non, O. Children n’est pas du new goth, du neo goth, du post goth, encore moins de la new grave, et surtout pas de la new rave. D’ailleurs, si je ne devais me vanter que d’une seule chose dans ma vie, ce serait celle d’avoir ouvertement dit dès le départ que les Klaxons étaient de la merde dans sa forme la plus nauséabonde. Et entre nous, qui se souvient encore qu’ils ont existé, hein ? Vous n’êtes toutes que des suceuses honteuses du NME.

(Ne jetez pas encore vos pierres.)

Ceci étant, qu’est-ce qu’O. Children ? Un groupe de musique. Mais encore ? Euh, ils ne crachent pas sur le fait d’être qualifiés de post-punk. Oui, comme à peu près tous les groupes depuis, quoi, l’avènement de Joy Division ? Formidable. Et de toute façon, la première moitié de la réponse a été donnée en début d’article : dans O. Children, nous retrouvons un florilège de la musique anglaise, du 10 juin 1979 au 11 juillet 1983, saupoudré des quelques pas supplémentaires effectués après : London After Midnight, Joy Disaster, Interpol, et toujours dans une moindre mesure, les Editors. Pas seulement du linge sale, donc, pour un groupe à la fois humble et travailleur, comme en témoigne leur premier album, longuement attendu.

Car le groupe a su prendre son temps, polissant sans cesse son travail tel Tucker Crowe avec son album Juliet. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que le premier simple du groupe devienne activement recherché, car la version présente sur l’album diffère, en mieux, mais Duncan n’écoute que Duncan, alors Duncan préférera toujours Juliet à poil devant le Prisunic. Je délire ? Non, c’est juste l’enthousiasme qui l’emporte, car après la monstrueuse déception Hockey, O. Children fait plus que tenir ses promesses : j’en venais à espérer un album écoutable, et je me retrouve minuscule crevette face au premier opus d’une œuvre que ses géniteurs appellent création. Apporter quelque chose de neuf tout en s’amusant, cela ne vous rappelle rien ? Ils ne s’en rendent pas compte, et c’est bien pour cela que je me permets de vous expliquer pourquoi tous ceux qui n’aiment pas cet album sont des imbéciles, car O. Children – pour au moins une fois dans l’année utiliser à bon escient cette formule pompe-à-fric – est the next big thing.

(Vous pouvez maintenant disposer de vos pierres comme bon vous semble.)



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Yû Voskoboinikov





Il y a 6 contribution(s) au forum.

O. Children : "O. Children"
(1/3) 28 février 2013, par nike
O. Children : "O. Children"
(2/3) 21 juillet 2011, par tet2mul
O. Children : "O. Children"
(3/3) 25 octobre 2010




O. Children : "O. Children"

28 février 2013, par nike [retour au début des forums]

With the cuts, the various charges and institutions is touching them get rid of their beloved bmw deal official cars. This occurs in municipalities, autonomous regions and central government. Usually media hypes, but not easy to buy one of these cars or, at least, one of the best. Again New Audi A5 Cabriolet the "cronyism" is felt : one goes to the first hour on the first day of sale, direct to the car of your interest and say they are "awarded".

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O. Children : "O. Children"

21 juillet 2011, par tet2mul [retour au début des forums]

mais moi cette chancon me va droit au coeur j suis con papa ?

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O. Children : "O. Children"

25 octobre 2010 [retour au début des forums]

t’en as pas marre de tout critiquer ?

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    O. Children : "O. Children"

    13 février 2011 [retour au début des forums]


    bah... tout à déjà été dit sur le pénible auteur de ce site.
    Perso, ce que je trouve chiant, c’est que je cherche de temps en temps une INFO sur un disque et me retrouve sur ce genre de site où, en plus de ne rien apprendre, on perd son temps à se farcir la "grande plume" (de cul) de ces andouilles qui pensent faire de la critique musicale (la liberté d’expression à bon dos quelques fois !) et la confondent avec leur journal intime (voir du papier chiotte) en se pensant subtilement caustiques.

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