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Le flop du mois
Nitzer Ebb : "Industrial complex"
Le mou du genou

dimanche 7 février 2010, par Christophe Renvoisé

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Menacés précocement d’ostéoporose, ces vrais faux Teutons pionniers d’un EBM rugueux et sans complexe, qui nous avaient mis à genoux de 1987 à 1995, cherchaient depuis un moment le moyen de réveiller la bête, à lui titiller la voûte plantaire pour la faire pogoter dans ses vieilles Doc Martens pouraves. Gageure, quand on sait les réticences de l’animal à les quitter. Qui plus est, les progrès réalisés depuis en matière d’imagerie musicale rendent assez vaines ces velléités trop fréquentes à vouloir coûte que coûte faire durer le plaisir, en usant de plâtres qui, à force, s’avachissent : remasteriser et repackager à tire-larigot (admettons, il faut bien becqueter), humecter la voix, enrichir par la technologie ou l’ornement mélodique ce qui ne devait surtout pas l’être ne font qu’empirer les choses : quand on rouille, on rouille. Et si la corrosion a atteint la dure-mère c’est fichu. Radiographie et hypothèses diagnostiques sur une relative disgrâce et une absolue déception.

Dans l’ensemble, le sujet Nitzer Ebb se porte et présente bien : les cheveux sont courts, la mise soignée, classique voire austère, pour des artères encore jeunes. Le symbole tronqué d’une devise (variable selon l’édition) réaffirme le peu d’appétence du groupe pour les pochettes et les choses alambiquées. Ça s’applique jusqu’au titre, qu’on jurerait un rien totalitaire et prétentieux (même si, prétendent-ils, il convoque double sens et distanciation).

Prenons un peu de champ car la vue s’est un peu presbytérisée depuis le temps. La radio présente au niveau du cartilage une boursouflure, bénigne mais perceptible en première analyse (cliché n°1) : si Promises il y a elles ne sauraient être celles du renouveau ; 242 fois et des brouettes nous avons entendu ça et c’était d’ailleurs très bien, alors. Mais le second (Once you say) est susceptible de faire bouger les tibias, enfin au moins l’un des deux, avec son beat putassier (entendre efficace du point de vue locomoteur) même si servi à la sauce DMienne : le refrain est dégoulinant de sucs, qui empêche la rotule de s’éclater réellement, reléguée qu’elle est, au seul profit de la glotte du Martin Gore (oui, lui ici, qui couine tel un Freddie Mercury !), au rang d’accessoire sous-huilé.

Réalisé sur un substrat grave groove le 3ème cliché montre encore plus clairement ce que l’abus de Depeche Mode, pourtant depuis bien des modes prescrit dans les seuls cas de flemmingite précoce, peut entraîner comme dégâts sur la plasticité du ligament croisé antérieur. Bonne motricité d’ensemble cela dit. Mais ça se meut un peu flotteux. Encore que ce ne soit rien comparé aux trois clichés suivants, dont le chant (encore !) et l’hémorragie de sophistications confirment une surconsommation de produits bio synth-pop pour le moins iconoclaste, s’agissant de sujets issus de l’élevage en batteries plutôt que contempteurs de l’industrie lourde.

Down on your knees (cliché 7) montre un genou sain, surprenant dans ce contexte rassis. Là, l’ingénierie du son opère. Pris d’un doute, nous avons même demandé à notre préparatrice de vérifier s’il n’y avait pas eu interversion avec le dossier Leæther Strip – mais non, il s’agissait bien du même patient anglais. De fait, plusieurs écoutes lassent et ça ne casse pas trois pattes à un canard.

Le reste à l’avenant, décevant dans le meilleur des cas (mais il n’y en aura pas d’autre). Certes un travail sur les mélodies (I’m undone, presque émouvant) a été fourni durant l’exercice mais étions-nous venus pour ça ? On finit sur les rotules. Principe de précaution oblige, notre laboratoire dans ses conclusions préconise un jeûne au pain sec et une abstinence totale de consommation de ces vieux avant l’âge atteints de calcification.

Car nous nous attendions à reconnaître au moins un peu cette pâte visqueuse et surtout l’énergie noire qui procuraient sa saveur unique à un album comme That total age, qui donnait dans le slogan vomi. Au lieu de quoi des textes avec des phrases dedans et (mon dieu !) de vrais refrains pour les servir, traduisent enflure, thromboses et surcharge pondérale. Pour ce genre musical on exige du son plutôt que du sens, du rythme vertueux qui développe le sens du rythme plutôt que de la bouillie virtuelle pour gens propres sur eux.

D’industriel, cette génuflexion flageolante n’a donc conservé que les résonances open-space. Comme on les trouve, à travers le son frisquet, décalé vers les aigus, dans les ateliers péri-urbains en voie d’embourgeoisement reconvertis en loft. Quinze ans c’est un peu long pour qui attendait la réouverture de cette fameuse boucherie en quête d’une bonne barbaque - et qui en ressort encombré d’une religieuse au café, certes pas dégueu mais qui laisse son carnassier comme deux ronds de flan. Personne suivante.



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Christophe Renvoisé





Il y a 16 contribution(s) au forum.

Nitzer Ebb : "Industrial complex"
(1/7) 15 janvier 2014, par Brent A. Cullinan
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(2/7) 5 décembre 2012, par ugg boots on sale
Nitzer Ebb : "Industrial complex"
(3/7) 30 octobre 2012, par mini
Nitzer Ebb : "Industrial complex"
(4/7) 17 mars 2010, par Christophe M. Toulouse
Nitzer Ebb : "Industrial complex"
(5/7) 9 février 2010
Nitzer Ebb : "Industrial complex"
(6/7) 8 février 2010
Nitzer Ebb : "Industrial complex"
(7/7) 7 février 2010




Nitzer Ebb : "Industrial complex"

15 janvier 2014, par Brent A. Cullinan [retour au début des forums]

Tout comme jouir des choses que nous faisons habituellement, l’écriture devrait également faire partie de cette jouissance. Ne pensez jamais que l’écriture est une perte de temps parce que dans tous les petits détails que nous écrivons essay samples, nous nous rendons au courant sur ​​les choses autour de nous. L’écriture peut vous amener à de nouveaux sommets qui vont se développer vos compétences plus.

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30 octobre 2012, par mini [retour au début des forums]

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Nitzer Ebb : "Industrial complex"

17 mars 2010, par Christophe M. Toulouse  [retour au début des forums]

Je ne suis pas du tout d accord avec cette chronique "arthrosée et sénile" de cet album.Certes il n a pas le punch de "that total age" ou le coté froid d ’un "belief" , mais il possede a mon avis un coté plus abouti et travaillé !Douglas Mac Carthy ne sait pas que gueuler ou scander , il sait chanter egalement de façon mélodique et pop(never known,hit you back,undone)voire "modienne" avec once you say (je recommande la version remixée par pouppée fabrikk pour les amateurs ebm old school).De plus, leur passage a Paris au bus palladium(10 mars 2010)a eté un véritable succés avec leurs singles cultes des années 87-95 et les tubes potentiels de cet "industrial complex" (classé 2e au hit parade indépendant allemand).Nitzer Ebb n est pas encore mort....

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Nitzer Ebb : "Industrial complex"

9 février 2010 [retour au début des forums]

Christophe Renvoyé.

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Nitzer Ebb : "Industrial complex"

8 février 2010 [retour au début des forums]

Sacré Marc Lenglet !

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Nitzer Ebb : "Industrial complex"

7 février 2010 [retour au début des forums]

"Vrais faux Teutons" qui sont 100 % rosbifs.

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    Nitzer Ebb : "Industrial complex"

    8 février 2010 [retour au début des forums]


    Je les ai vu en 1ere partie de Depeche Mode, justement, le 20 janvier 2010, et même si je ne connais pas bien leur discographie, leur prestation était plus qu’honorable et ils ont fait bouger toute la salle en qques minutes.
    Côté énergie, ils pourraient en remontrer à bon nombre de formations récentes.
    A part ça, on ne peut pas être et avoir été... donc pourquoi sans cesse attendre un retour aux sources de la part des groupes ? Je vous laisse méditer là-dessus :-)

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      Nitzer Ebb : "Industrial complex"

      8 février 2010, par Christophe Renvoisé [retour au début des forums]


      Parce que la moindre des honnêtetés eût été de ne pas mettre en avant le caractère « industriel » de ce come-back que je juge, sans doute sévèrement, instruit par des considérations alimentaires. Certains des titres proposés ici ont erré un peu partout (tv, jeux vidéo…) avant de faire le remplissage de cet album. Comme s’ils étaient orphelins d’inspiration et d’intentions artistiques véritables, choses toujours utiles pour en faire un bon. Je n’attendais pas un retour aux sources, seulement d’être séduit et plus positivement étonné. Bref, étiquette et conditionnement me paraissent relever de la publicité mensongère. C’est d’autant plus regrettable que Mc Carthy sait faire par ailleurs du bon café, notamment en mélangeant son robusta avec l’arabica de Terence Fixmer. Quant aux grand-messes modistes omnisports, vous aurez deviné que c’est pas trop ma tasse de thé…

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