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Neil Young : "Le noise" Le Loner fait toujours du tapage vendredi 10 décembre 2010, par |
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Étrange pochette de la part de Neil Young, cet espèce de Messie apportant la lumière et l’électricité dans un temple aux reliefs sombres, aussi inquiétant que parfaitement dénué de modestie (ou plein d’humour ?). Et ce titre donc, comment dites-vous, Le noise ? Éludons la question, cet album se nomme ainsi en hommage à son producteur Daniel Lanois dont le nom devint au cours des sessions un prétexte à grosses vannes. "Lanois", "Le noise", Young et sa jeunesse d’esprit...
Cependant, ce terme (“noise” = bruit en angliche, merci, de rien) se justifie lors des premières écoutes, tant le son est sale et corrosif. Sans s’avérer inécoutable, la musique en ressort abrasive sans que le son s’en voit altéré, Daniel Lanois a su avec brio retranscrire l’état d’esprit de son client sans dénaturer quoi que ce soit. Si ces choix sont déroutants, ils sont judicieux sur le long terme, permettant à Le noise de s’orner d’une patine quittant toute possibilité de le dater avec certitude. Par cet artifice, Lanois rend Young un peu plus intemporel qui’il ne l’était déjà. Ce qui n’empêche pas quelques fautes de goût, comme ces désagréables bidouillages vocaux, échos divers et tripatouillages en fin de chaque piste ou presque, une tentative conne pour le coup de raccrocher Young au monde contemporain ? Peut-être, mais c’est pas réussi du tout, heureusement que ces quelques détails restent peu envahissants, car vient ici l’essentiel. L’essentiel, c’est la musique, brute. C’est Neil Young tout en voix et en cordes qui débarque avec une palanquée de morceaux indispensables, juste suite des perles déjà présentes sur Fork in the road. Le ton reste ferme, désabusé, mais jamais indifférent, Neil est toujours ce barde investi des affaires du monde, et dénonçant par sa musique, inlassablement. Cet activisme social, politique, peut être jugé désuet aujourd’hui où tout a l’odeur de tout et où confondre idéal politique et opportunisme demande si peu d’efforts. Sauf que Young s’en branle, Young fait sa critique dans son coin et son autocritique en backstage, il n’a plus l’âge de remettre en cause ses engagements qu’il s’enfile chaque matin avant même ses chaussettes. Des engagements qui demeurent, des constats sur la nature humaine désespérante, des considérations sociales teintées de plus en plus de noire ironie, ce bon vieux Neil se fait cynique en plus de vindicatif. A 65 ans ou presque, il reste conquérant sur Sign of love, (pourvu de phrasés curieusement proches du Just singin a song de son prédécesseur) et sait encore offrir ce rock bouillant qu’il parfait depuis quelques disques. Mais plus encore qu’il y a un an, c’est par sa guitare qu’il fascine, dotant chaque titre d’un riff, d’un jeu, d’un paquet de notes qui surprend. Someone’s gonna rescue you, entre autres, épate par sa cavalcade sur le manche, aussi angoissante que costaude. Love and war est une superbe ballade où Young lutte avec sa guitare acoustique, sa voix se fait d’une grande fragilité, sur le point de se briser, mais le Loner manie toutes ses cordes avec la même assurance, privilège de l’expérience. La longue Peaceful Vally Boulevard en est de fait totalement dépourvue, laissant à Young le soin des arrangements, minimalistes et d’y poser sa simple et belle voix. Dommage que ces parasites de prod’ salissent quelque peu un grand disque de Young, aux couleurs variées et à la verve intacte, se rangeant sans peine dans le haut du casier qui lui est dédié. |
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Il y a 1 contribution(s) au forum. Neil Young : "Le noise"
(1/1) 19 avril 2011, par romain |
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