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Marina & The Diamonds : "The family jewels"
Gene Simmons n’y est pour rien

mardi 16 février 2010, par Yû Voskoboinikov

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L’on a tendance à sous-estimer le rôle du producteur d’un album, alors même que les commerciaux n’ont de cesse de mettre en avant de prestigieux noms pour expliquer combien vous devez écouter ce disque. Sous-entendu, les musiciens sont insipides, les compositions nulles, et Charlotte Gainsbourg chante avec autant d’appel d’air que Carla Bruni, mais c’est Beck qui produit, donc c’est bon. Première erreur : Beck est un pauvre type. Deuxième erreur : l’on ne dit pas producteur mais réalisateur, et merde à ceux que cela gêne.

Daniel Miller est un excellent gestionnaire (son label Mute est à ce titre une réussite incontestable), mais il est également un réalisateur exécrable. Je le prends comme premier exemple, car il est représentatif du manque de moyens chronique qui obligeait les indépendants à faire avec les moyens du bord, c’est-à-dire pas grand-chose. Les premiers albums de Depeche Mode souffrent, aujourd’hui encore, de ce manque de moyens : les compositions sont là, mais le son tire l’ensemble vers le bas.

Alors, bien sûr, l’on peut arguer que les moyens techniques n’étaient pas aussi avancés et accessibles que maintenant. À ceci près que, et d’une Gershon Kingsley a fait mieux que Depeche Mode en 1969, et de deux, l’album Nevermind de Nirvana est l’illustration parfaite de comment la mise à disposition de moyens techniques pléthoriques peut flinguer un album. Là encore, des compositions excellentes (Lithium est une chanson parfaite !) mais une réalisation trop propre pour ce trio de sales gosses, qui règleront leurs comptes avec Steve Albini au travers de l’album In utero, antithèse primitivement somptueuse du trop luxueux Nevermind.

Et puis vient Marina & The Diamonds, la réponse « anglaise » (elle vient du Wales) à Lady Gaga, le raffinement contre la vulgarité. Les références sont plus (Kate Bush, Diamanda Galas...) ou moins (Linda Perry) distinguées, d’autant que la gamine tapote le clavier en plus de composer. Malheureusement, ce ne sont pas moins de trois producteurs qui se partagent le gâteau (enfin, la galette), et cela s’entend, non seulement d’un titre à l’autre, mais également dans l’ensemble, avec un son se présentant au mieux comme une copie ratée de Caprice, limite Songsmith de Microsoft. En face, Lady Gaga n’arrive pas à digérer La mélodie pour les nuls, mais elle s’en sort avec une production impeccable, calibrée à la noire près.

Marina Diamandis peut donc remercier Liam Howe, Biff Stannard et Pascal Gabriel, pour avoir gâché son travail. Bravo les mecs, vous êtes des pros, y’a pas à dire.



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Yû Voskoboinikov





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Marina & The Diamonds : "The family jewels"
(1/1) 18 février 2010




Marina & The Diamonds : "The family jewels"

18 février 2010 [retour au début des forums]

Yû = synonyme de "avis péremptoire, infondé et à côté de la plaque sur toute la ligne". Dans le genre chroniqueur nul qui se la pète, un cageot de chicons en or !

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