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Hermanos Inglesos : "The wander of you"
Oiseaux de nuit

jeudi 11 mars 2010, par Jérôme Delvaux

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Hermanos Inglesos, ce sont bien des frères, comme le nom l’indique, mais ils n’ont rien d’espagnol. Ils s’appellent Didier et Cédric Engels et sont issus de la scène gantoise. Après s’être fait remarquer comme DJ’s, notamment au Culture Club, tout s’enchaîne : ils remixent dEUS, commencent à produire leurs propres tracks, tournent un peu partout en clubs et en festivals, sympathisent avec Tiga et décrochent une signature chez PIAS. The wander of you, qui sort le 29 mars, est leur premier album.

Et même si on peut parfois lui reprocher certaines longueurs, cet opus est l’une des toutes bonnes surprises belges de ce premier trimestre de l’année. L’on peut dire qu’il s’ouvre en beauté avec Wanderland, un titre electro/house un peu chill qui n’invente rien, ne révolutionne rien, mais donne une irrésistible envie de se trémousser sur la piste, et c’est bien là l’essentiel. Et le soufflé ne retombe pas dès la seconde plage, comme c’est malheureusement trop souvent le cas des disques qui démarrent pied au plancher. Au contraire, les tueries s’enchaînent, l’intensité monte de titre en titre… Ca bastonne vraiment sévère dès la troisième plage, Snapshot, une collaboration avec le duo punk/electro Nid & Sancy. Ca ne se calme pas avec Mastermind, le single du moment, qui évoque gentiment Mr. Oizo avec ses sonorités aiguës gueulardes semblables au chant des oiseaux (ceux d’Hitchcock, qui seraient coincés dans une volière exiguë) ; chaud devant !

Forts de leur expérience de DJ’s, les frères Engels savent comment s’y prendre pour faire exploser un dancefloor : tout au long de l’album, les basses sont calibrées juste comme il faut, les beats virevoltent. Et puis, ce qui ne gâche rien, il y a de vraies mélodies. Oh, elles ne sont pas toutes originales, certes. Certaines mesures de Qwistax semblent décalquées sur Mea culpa de David Byrne & Brian Eno, mais on nous rétorquera sans doute qu’il s’agit d’une pure coïncidence…
Sur d’autres titres, comme Dunno, on relève des influences rock dans le choix des sons et la manière dont le morceau est construit. On pense alors au Sexor de Tiga ou à aux compositions les plus electroclash de DJ Hell. Que de des bonnes références, en somme. Efficaces.

Bien sûr, cela reste malgré tout de l’electro, un genre dans lequel cela fait longtemps qu’il n’y a plus guère de réelles innovations. Ainsi, à l’écoute de The wander of you, on pensera encore tour à tour à Compuphonic, Digitalism et Vitalic, entre autres. Il n’en demeure pas moins que c’est rudement bien fichu, très bien produit (peut-être même trop bien, tant certaines séquences auraient peut-être gagné à être moins "propres") et - c’est le plus important - toujours foutrement dansant.

Les frères Dewaele ne sont plus les deux seuls frangins terribles de Gand, qu’on se le dise.



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Jérôme Delvaux