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Dios : "We are Dios"
C’est pas eux, c’est moi.

vendredi 3 décembre 2010, par Yû Voskoboinikov

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Leur premier album prenait le temps de commencer, comme si la platine n’arrivait pas à lire le disque, pour ensuite prendre le temps d’exister. Ce nonobstant, il ne s’agit pas tant d’un album complexe, qui demanderait plusieurs écoutes attentives pour être cerné, que d’un album évident, instantanément assimilé dans tous ses constituants sonores. Techniquement, les écoutes successives n’apporteront leur lot de surprises qu’aux déficients de l’attention. Ceux-là, déjà, peuvent laisser tomber, car s’il ne peuvent déjà pas voir correctement le doigt du sage, comment pourront-ils saisir l’essence de cet appendice ?

Sobrement innomé, le premier album de Dios était purement métaphysique. Une sorte de barbu à lunettes pince sans rire — surtout son auditoire — déclamant d’une voix monocorde des banalités sans nom :

- Excusez-moi Monsieur, j’attends les résultats de ma biopsie, je ne pourrai pas assister à votre cours aujourd’hui.

- Ce n’est pas grave, rentrez chez vous et regardez un film de Woody Allen, vous irez mieux après. [1]

Pourtant, et aussi peu ragoûtante que pouvait être la forme, le fond était aussi immense que passionnant, et si seulement l’histoire de la musique n’était pas laissée aux mains de pseudo journalistes incompétents, alors cet album serait l’équivalent de Jean-Paul Sartre conceptualisé par Alain Renaud : le dernier disque.

Cette thèse absolument scandaleuse — donc pertinente — n’est pas dénuée de fondement, voire même s’inscrit justement dans l’Histoire : car si Robert Smith serait aujourd’hui décédé autrement qu’artistiquement s’il avait continué sur la lancée de Pornography, Dios aurait sapé son édifice à la base avec un puissant jet d’urine si le groupe avait tenté de donner une véritable suite à son chef-d’œuvre. Peut-être ont-ils essayé, mais alors ont-ils eu la politesse de taire cet égarement, qui a donné naissance à un disque plus qu’honnête, même si souffrant définitivement de l’existence de son aîné.

Fort heureusement, le sacrifice n’aura pas été vain, puisque We are Dios — titre définitif s’il en est après quelques changements de nom pour ne pas heurter les esprits les plus transparents — sonne comme une déclaration ; Dios est de retour, et même s’ils ne livreront jamais un nouveau premier album, ses membres ont encore beaucoup de choses à dire. Croire qu’il n’y a qu’un satori est illusoire, et We Are Dios est le premier pas vers l’édification d’une nouvelle réussite, où l’impétuosité de la jeunesse (petits merdeux) laisse place à la sagesse des ainés (vieux cons).

Ce n’est pas un satori, ni même Disneyland, et je prédis d’emblée que nous allons entendre les pires âneries au sujet de cet album pas psychédélique mais presque, et qui n’est donc pas, pêle-mêle, du Pink Floyd, du Beach Boys / Brian Wilson, du Beatles, et surtout pas du Strawbs (Déjà-vu). J’insiste sur ce dernier groupe car c’est moi qui le pense, alors même que je sais pertinemment que cela n’a rien à voir et que c’est une connerie.

Mais le fait est que We are Dios laisse perplexe, et que si leur premier album ne faisait pas concurrence à Steve Jobs et Philippe Starck dans mon panthéon, sans doute est-ce que je le considérerai comme une merde trop insipide pour être classée dans la case Bois de Boulogne, et que je serai en train de réécouter leur premier opus, en me disant que personne ne sort jamais vivant d’une crise d’intelligence. Mais voilà, j’ai un Mac, je suis snob et élitiste, en plus d’être meilleur que vous, et j’ai acheté l’album dans son pressage britannique, avec le disque supplémentaire qui n’était pas fourni dans le kit numérique pour les journalistes, ce dernier contenant par contre les paroles.

(Tout va bien : nous restons dans le Grand Guignol.)

Achetez-le, ou volez-le, ou piratez-le. Pis : devenez journaliste ! Mais surtout, écoutez-le, et comprenez enfin pourquoi Pink Floyd est un groupe pédant.


[1] Authentique.



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Yû Voskoboinikov





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Dios : "We are Dios"
(1/2) 12 avril 2013, par extermination
Dios : "We are Dios"
(2/2) 3 décembre 2010




Dios : "We are Dios"

12 avril 2013, par extermination [retour au début des forums]

— . Croire qu’il n’y a qu’un satori est illusoire, et We Are Dios est le premier pas vers l’édification d’une nouvelle réussiteFort heureusement, le sacrifice n’aura pas été vain, puisque We are Dio ; Dios est de retour, et même s’ils ne livreront jamais un nouveau premier album, ses membres ont encore beaucoup de choses à dire mighty students essays

[Répondre à ce message]

Dios : "We are Dios"

3 décembre 2010 [retour au début des forums]

"Pink Floyd est un groupe pédant" ...... ?!!!!!! encore du grand n’importe quoi mon pauvre Yû ! tu m’as l’air autrement plus pédant que Pink Floyd !
encore un qui pète plus haut que son cul

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