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Antony & The Johnsons : "Swanlights"
"Ecoute ça, ça ne peut que te plaire."

vendredi 24 septembre 2010, par Vincent Ouslati

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Dans l’étouffante backroom de la rédaction de Pop-Rock, deux sinistres individus complotent et ricanent. Impulsifs comme ils le sont après tant d’années nimbées d’une misère sexuelle qui a vu flétrir leurs - jadis - superbes attributs, ils en viennent à torturer leurs camarades innocents de leur disgrâce actuelle. Ce jour-là, ils envoyaient avec un rictus de haine sur le visage un album tout de plastique vêtu en direction d’une boite aux lettres bien précise. Ils y avaient inscrit ces quelques mots à l’envers de l’enveloppe : "Ecoute ça, ça ne peut que te plaire".

Nous reviendrons dans un prochain épisode sur le degré de dégénérescence mentale de certains membres de la rédaction, car nous en sommes maintenant à la réception dudit colis, après une traversée de l’Atlantique et d’une partie de la cordillère des Andes pour enfin atterrir avec grâce dans ma pile de courrier.

Alors en pleine session démoniaque d’avec les derniers Death Angel, Grave Digger et Angelus Apatrida [1], je ne peux que subir un choc au vu de cette pochette aux codes visuels illustrant sans doutes aucuns de la musiquette troussée avec des aiguilles, incompatible d’avec mes lubies sauvages du moment.

Les rats déviants du directoire de P-R m’ont envoyé un album d’Antony & The Johnsons... Sans vous assommer d’un long argumentaire, j’aime pas beaucoup Antony et tous amis. Je ne peux donc - encore une fois – que constater toute la perversion des hommes en noir à grosses lunettes, noires. La blague prend tout son sens lorsque je lorgne ce laconique "Ecoute ça, ça ne peut que te plaire" tout en lançant le disque.

Je ne suis pas de suite dégouté, car un mec qui tapote du piano en format minimaliste, ça me touche assez facilement, mon côté lopette, grand sentimental, et que sais-je encore. Apres avoir chaleureusement remercié les expéditeurs pour ce beau cadeau [2], je poursuis l’exploration dudit Swanlights. L’orchestration est toujours aussi touchante, aussi fragile et nue, un facile tire-larmes pourrait-on objecter et je vous laisse bien évidemment objecter ce que vous voulez.
Surprenant aussi que cette association réduite d’entre quelques cymbales, un piano et la voix du monsieur dégage autant de grandiloquence, jamais loin d’un aspect guignolesque que j’imagine variable selon l’humeur de l’auditeur. Par contre, le Antony là, il en met toujours une couche de trémolos dans ses vocalises, grasse et parfois indigeste. C’est évidemment l’aspect que je redoute le plus avant même les premières tentatives d’écouter Swanlights.

Et pourtant… Everything is new est une bien belle invitation à prolonger une expérience que je soupçonnais douloureuse et qui s’avère, avec insistance, une curiosité des plus touchantes. The spirit was gone, bien que barbouillé de déprime jusque dans les violons du fond de scène n’en est pas moins une vraie belle chanson, où Antony “Je chante comme je pleure” conserve une sobriété bienvenue, loin de ses poussées lacrymales précédentes. Ce qui forcement passe mieux.

Il y aussi ces instants fugaces où je me reprends à haïr les gens méchants qui m’ont envoyé tel ovni, notamment lorsque je me coltine innocemment Thank you for your love, et sa tripotée de Ouuh toutes les cinq secondes franchement insupportables. Si il exprime son amour de cette manière, je crains nombre de déconvenues sentimentales. Et puis, répéter à n’en plus finir Thank you, thank you sur un fond jazzy mou n’aidera pas à une rapide réconciliation. Lorsque le bonhomme se prend à délaisser son caractère maussade pour embrayer sur la plus petite joie de vivre, ça dérape direct dans le ridicule, je ne lui en veux pas, c’est ainsi.

Passée cette sempiternelle première mauvaise impression, je dois donc constater que Swanlights est plutôt attractif. Serait-ce par un début d’accoutumance à ce timbre si horriblement gnangnan, par des compositions toujours plus ajourées et fines, ou par un début de sobriété dans le propos ? Je me pose toujours la question. L’album semble porter en son fronton un Antony plus aisé d’approche, moins surfait, moins ridicule en somme. Qui plus est lorsqu’il se laisse aller au jeu du duo, qui lui sied parfaitement, notamment lorsque celle qui l’accompagne n’est autre qu’une Björk intimiste sur Fletta. L’émotion domine sur la stupéfaction, et sans convier ce dernier album à l’entièreté de mes - nombreux - moments d’oisiveté dans une totale obscurité, il faut admettre que l’œuvre maudite se laisse atteindre avec plaisir.

Cela n’enlève rien à la nature perverse de certains de mes camarades, simplement que Swanlights, à l’instar de I am a bird now ou The crying light ne touchera que quelques-uns et en dégoutera bien d’autres, un singulier conflit pour un timbre tout aussi singulier...


[1] De la musique que d’aucuns qualifieront de non-musique, mais j’assume comme vous le savez mes gouts de beauf.

[2] Si tu m’envoies encore tes poubelles par la Poste, je te bute et fais souiller ton cadavre par un lama fortement doté. Cordialement, Moi.



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Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

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(1/1) 9 juillet 2014, par Holine




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9 juillet 2014, par Holine [retour au début des forums]

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