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Fabienne Delsol : "On my mind"
Et plus car affinité.

jeudi 2 décembre 2010, par Yû Voskoboinikov

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Comme vous le savez, je n’ai rien contre les indépendants, j’adore les indépendants, je suis même farouchement indépendant. Sauf que lorsque Damaged Goods Records me vend l’album de Fabienne Delsol dans un emballage minable, du genre de ceux qui furent vendus un temps à dix euros sans livret pour contrer le piratage, même au prix vert je ne suis pas content. D’autant plus que le second effort solo (Between you and me) de l’expatriée ne cassait pas trois pattes à un canard boiteux, a fortiori enfoncé par le premier (No time for sorrow), aussi inattendu que formidable.

Il faut dire que les Bristols de Liam Watson et Ed Deegan ont brillé par leur absence quasi totale de médiatisation, au point que beaucoup en venaient à penser qu’ils n’étaient qu’une mauvaise blague anglaise. Pourtant, l’herbe du voisin est toujours la plus verte, et s’il fallait Londres pour que Fabienne se découvre un talent de chanteuse, il fallait bien une Française pour que les deux ingénieurs son se rendent compte de la frivolité de leur projet, et se décident à la laisser mener la barque jusqu’à destination.

Ce n’est pas tant que Delsol en solo se démarque radicalement des Bristols, mais plutôt le fait que l’explosion du triangle amoureux — Deegan sur la touche au profit de Watson et Delsol — a rendu caduque la continuation du projet Bristols, et permis aux deux dissidents de s’affranchir des contraintes. En résulte une musique mature, brillant autant par son érudition que par sa maîtrise technique, archiviste d’une époque révolue tout en restant inscrite dans son temps.

Et puis, il y a la voix de Fabienne, faussement immature, faussement française, mais véritablement texturée. Il y avait quelque chose à en faire, et tant pis si elle ne s’était jamais destinée au chant, la production en studio couplée à l’investissement total de l’interprète fonctionne avec bonheur, et tente de renouer avec la réussite de No time for sorrow tout en évitant de renier trop opportunément les errances — prodigalement prématurées — de Between you and me. Ce n’est certes pas le renouveau attendu, ni même la nouvelle référence de sa discographie (je ne le répéterai jamais assez : achetez No time for sorrow !), mais seuls ceux qui ne travaillent pas ne font pas d’erreur, et On my mind est le résultat d’un travail conséquent qui porte ses fruits. Rien que pour cela, son dernier disque n’est pas négligeable.



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Yû Voskoboinikov





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Fabienne Delsol : "On my mind"
(1/1) 2 décembre 2010




Fabienne Delsol : "On my mind"

2 décembre 2010 [retour au début des forums]

C’est tellement beau que j’ai eu l’impression, le temps d’un instant, que c’était Mr Ouslati qui l’avait pondue celle-ci... De celles, comme j’en parlais au sujet d’une autre, qui me donne envie d’aller l’acheter cette galette...

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