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Yeah Yeah Yeahs : "Show your bones"
Retour au calme

lundi 24 avril 2006, par Marc Lenglet

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On les avait quitté en 2003 avec le souvenir d’une petite sensation garage-rock new-yorkaise en devenir, foutraque comme il se doit, et pouvant compter sur la présence d’une chanteuse déjantée au possible. A dire vrai, une formation encore un rien maladroite mais qui semblait posséder un petit grain de folie bien à lui, à même de lui promettre un avenir intéressant...

Et voilà qu’en 2006, on redécouvre ces étranges Yeah Yeah Yeahs déjà assagis. Au lieu de continuer à capitaliser sur leur propension à jouer les jeunes chiens fous de la nouvelle vague rock - ce qu’on aurait pu sans problème accepter - ne voilà-t-il pas que ces New-yorkais se sentent attirés vers d’autres rivages nettement moins chaotiques.

Passé un premier single - Gold lion - très accrocheur, on découvre avec surprise une formation dont les liens de parenté avec celle de l’époque Fever to tell semblent étrangement ténus. Les Yeah Yeah Yeahs ne semblent plus réellement décidés à marcher sur les traces des Stooges, préférant puiser leur inspiration chez une armada entière d’artistes pop, rock et folk des dernières décennies. Autant Fever to tell diffusait un sentiment d’excitation perpétuelle, autant Show your bones semble avoir été composé dans le calme, avec une notion claire des objectifs à atteindre et un vif désir dans le chef du groupe de montrer de quel bois ils se chauffent pour confectionner des mélodies aussi agréables que scintillantes.

Ceci dit, les riffs énervés de Nick Zinner montrent tout de même le bout de leur nez de loin en loin (la gigue électrique fofolle de Honeybear en est un parfait exemple), mais il est clair que l’état d’esprit des Yeah Yeah Yeahs n’est plus à la détraque perpétuelle. Les perles pop les mieux ciselées (au hasard, Cheated hearts ou Dudley) n’auraient même pas dépareillé sur les meilleurs albums des Pretenders avec, il est vrai, certaines limitations vocales en plus. Car Karen O. est nécessairement moins impressionnante lorsqu’elle chante que lorsqu’elle mime, avec beaucoup de conviction, la mangouste enragée. Cet amateurisme n’est pas déplaisant, loin s’en faut. Il contribue même avantageusement à la sympathie qu’on peut porter aux Yeah Yeah Yeahs.

En nous dévoilant aussi vite ce qu’ils pourraient être dans l’avenir, les Yeah Yeah Yeahs ne vont-ils pas trop vite en besogne ? Tiendront-ils la distance, pour avoir si promptement abandonné leur son originel ? On n’en est pas encore là. Certains passeront leur chemin, dégoutés comme si les Babyshambles venaient d’annoncer qu’ils se mettaient au disco. D’autres découvriront un groupe enfin écoutable et civilisé. En tout cas, cette transition surprenante donne naissance à un album intéressant et globalement réussi. Par rapport à Fever to tell, Show your bones n’est ni meilleur, ni moins bien. Il est juste différent.



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Marc Lenglet





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Yeah Yeah Yeahs : "Show your bones"
(1/1) 22 mai 2016




Yeah Yeah Yeahs : "Show your bones"

22 mai 2016 [retour au début des forums]

The band has surely got something that made them a hit in the music industry. Their music are nice after all. - Barbara Wyer

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