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Yeah Yeah Yeahs : "It’s Blitz !"
London can sleep quietly...

mardi 19 mai 2009, par Vincent Ouslati

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2003-2009, voila ce qu’aura duré un groupe passablement intéressant et foutraque, joyeux combo organisé autour d’une furie délicieuse et qui donnaient aux réveils difficiles un peu du piment nécessaire aux journées de labeur. Ce nouvel album ne fait que suivre une évolution logique et banale, une inéluctable chute dans la médiocrité. Il est cependant permis d’apprécier à sa juste valeur la rapidité foudroyante de la dégringolade.

Yeah Yeah Yeahs a suivi un concept publicitaire pensé par une fameuse multinationale de la boisson gazeuse. Soit donner à chaque génération son produit star et fédérateur. Fever to tell était la grosse boutanche 2L de Fanta, fun, rebelle, teenager, coloré, vif, énergique, la patate, l’insouciance, les premières fêtes bordéliques entre petits minois de 13 et 14 ans. Très sucré, très avenant, prometteur, addictif.

Puis le jeune grandit, il se met au Sprite et à Show your bones. Toujours autant de bulles, mais l’on passe de l’orange anarchique au transparent plus policé. Fini le sucre en liquide pour boutonneux, on a grandi, on pense moins à faire la teuf et plus à nos corps qui se transforment, mais que c’est pas sale, et qu’on pense à des sujets importants comme la mort et le taux de glucides dans les chips.

Enfin vient la troisième cible commerciale, la bonne, la vraie, la mythique bouteille à l’étiquette rouge, indémodable, célébrissime, sans risque, rassurant. It’s Blitz ! est la bouteille de coca des Yeah Yeah Yeahs, moins de gaz, du consommable passe-partout qui en devient insignifiant, une couleur indistincte, et l’impression qu’ils ont laissé la canette ouverte trois jours dans le frigo. Résultat, un banal jus de chaussette juste bon à soigner votre diarrhée.

Que sauver d’un cocktail aussi peu potable, certainement pas les titres les plus calmes qui sont les plus foireux du lot. Karen O. minaude et en devient au mieux fade, au pire exaspérante (Skeletons, Hysteric pas hystérique du tout). Quant aux éléments supposés plus relevés, type Zero ou Dull Life, il restent juste agréables sans faire dériver la colonne vertébrale. Ça ne donne pas envie quoi, on serait même plus proche du verre d’eau aromatisé à l’aspirine, soit le truc qui vous dégoute, mais que vous devez bien prendre pour soigner votre mal de tête d’après la biture dominicale avec vos beaufs.

Du punk à large spectre de salon, propre sur lui, suffisant pour trémousser du bassin entre gens aux goûts peu surs. Karen et consorts veulent donner à tous ce qu’ils cherchent, un peu de dance, un peu d’electro, un peu d’ambient, un peu de punk-rock parce que c’était quand même notre fond de commerce initial. Mais à faire un shaker aussi lourd, les ingrédients se perdent, les saveurs se brouillent.

It’s Blitz !, loin de zébrer le ciel de ses compositions furibardes est un petit album de rock indie obèse et sans charme, un de plus dans la masse. Nos sales gosses se sont mués en progéniture policée et soumise, vraiment pas de quoi se relever la nuit.



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Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Yeah Yeah Yeahs : "It’s Blitz !"
(1/1) 22 mai 2009, par Moi




Yeah Yeah Yeahs : "It’s Blitz !"

22 mai 2009, par Moi [retour au début des forums]

Il serait intéressant d’établir quelques statistiques.
Notamment :
- combien d’artistes se sont relevés de leur 1ier album ?
- combien de second album décevant ?
- après combien d’albums un artiste fini par "ennuyer" son monde (à part les fans hardcores)

Et une question : le passé glorieux d’un artiste rachète-t-il les daubes qui suivent ?

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