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Weezer : "Make believe"
Vive les vacances !

vendredi 1er juillet 2005, par Marc Lenglet

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Qu’est ce que Weezer pourrait bien vouloir nous faire croire ? Qu’ils ont mûri ? Que leur musique est plus adulte et complexe que jadis ? Mouais, ce n’est pas très vraisemblable au delà des dix premières secondes. Qu’ils sont toujours capables de pondre des mélodies estivales de haute tenue ? On est à peine plus convaincus... Si ce n’est qu’insidieusement, on passe sans même s’en rendre compte du scepticisme le plus pragmatique à un plaisir émerveillé.

De la power-pop solide et facilement accessible, des harmonies vocales bien maîtrisées, quelques influences new wave bienvenues et un album baignant dans un sorte de nostalgie estivale douce-amère : la recette n’a pas évolué d’un iota depuis les premières armes de Weezer, pas davantage que les états d’âme du fantasque Rivers Cuomo, sempiternellement bloqué dans son trip d’ado attardé.

Des chansons qui accrochent plaisamment l’oreille, comme les titres du début de la carrière du groupe savaient si bien le faire, on en trouve quand même un certain nombre sur Make believe. Sauf qu’ici, deux ou trois écoutes suffisent pour qu’on ait déjà envie d’aller zyeuter un autre album. Ne vous fiez pas à cette néfaste première impression ! Les mélodies sont si simplistes et évidentes qu’on a trop rapidement tendance à ranger Make believe dans la catégorie des albums d’un unique après-midi. Il suffit pourtant de le laisser prendre la poussière quelques temps sur une étagère pour se surprendre à éprouver une envie subite de lui donner une dernière chance et de lui payer un dernier tour de manège. Et là, contre toute attente, c’est le panard total ! On rajeunit de 10 ans, on se retrouve dans la peau du petit con qu’on était, à hocher méthodiquement la tête sur les mélodies ensoleillées de Weezer, en se roulant un joint affalé dans un coin de sa chambre.

En dehors du single Beverly Hills (déjà un peu usé à mon goût par les multiples diffusions), Weezer tire de son chapeau de la mélancolie énergique (Damage in your heart), de l’insolence pré-pubère (We’re all on drugs), des sarabandes new wave épiques (This is such a pity), des tubes pour planche de surf (The other way) et bien d’autres choses encore. Si seuls deux ou trois titres semblent posséder un petit quelque chose au départ, on découvre bien vite que chacune des chansons possède sa petite personnalité, son petit côté séducteur sans avoir l’air d’y toucher.

Weezer fait du sur-place, personne ne le niera. Et personne ne s’en plaindra non plus. Car à défaut d’une originalité démentielle, reste dans tout cela une intense fraîcheur qui pourra même séduire les plus grincheux des auditeurs. C’est là tout le mystère de cette nouvelle production des sympathiques Californiens et de leur Nerd de leader. Make believe, ou comment fourguer de la bonne came en ayant un énorme poil dans la main et faire en sorte qu’on s’y laisse piéger de bon cœur. Aux éditions Weezer.



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Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Weezer : "Make believe"
(1/3) 4 octobre 2016
> Weezer : "Make believe"
(2/3) 5 juillet 2005, par blue
> Weezer : "Make believe"
(3/3) 2 juillet 2005, par Toto




Weezer : "Make believe"

4 octobre 2016 [retour au début des forums]

The band has their own way of expressing the kind of music which is very unique to them. - Morgan Exteriors

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> Weezer : "Make believe"

5 juillet 2005, par blue [retour au début des forums]

Weezer = album bleu
+ un peu pinkerton

le reste on oublie !

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> Weezer : "Make believe"

2 juillet 2005, par Toto [retour au début des forums]

Un poil dans la main ? Non, mais je rêve ! Weezer, du sur-place ! Mieux vaut lire ca que d’être aveugle, mais tout de même. Weezer se réinvente à chaque album, et tous possèdent, malgré une base musicale commune, une personnalité propre. A mon sens... Et toutes leurs productions sont extrêmement travaillées : je pense que la chose la plus dure en termes de musiques est de donner une telle illusion de simplicité presque primaire pour un fond aussi travaillé...

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