Pop-Rock.com



Wednesday 13 : "Fang bang"
Happy Halloween

mercredi 1er novembre 2006, par Marc Lenglet

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Kyo : "300 Lésions"
Editors : "In this light and on this evening"
Hitch : "We are electric !"
The Hives : "Tyrannosaurus Hives"
INXS : "Switch"
The Pipettes : "We are The Pipettes"
Art Brut : "Bang Bang Rock & Roll"
Patti Smith : "Trampin’"
Wilco : "Sky blue sky"
! !! : "Louden up now"


En cette période d’Halloween, difficile de trouver mieux que l’affreux petit Wednesday 13 pour célébrer comme il se doit la fête de l’épouvante, du kitsch et du fric facile. Le jeune homme ne se prenant guère au sérieux, on ne peut qu’abonder dans son sens et considérer sa nouvelle réalisation sans se prendre au sérieux non plus.

Si vous considérez Halloween comme une célébration malsaine, vulgaire et dégoulinante de superficialité et d’arnaque, vous n’aimerez certainement le deuxième bébé de l’ex-Murderdolls. Si au contraire, vous vous en foutez un peu et qu’il ne s’agit pour vous que d’une occasion supplémentaire de faire la fiesta sans se torturer les méninges sur l’avenir de l’univers, il y a bien là de quoi passer trois quarts d’heure agréables et sans tracasseries cérébrales. A chaque nouveau morceau de Fang bang, j’imaginais d’ailleurs avec un certain plaisir le synopsis des films dans lesquels on pourrait entendre un petit Home sweet homicide ou un Kill you before you kill me et à chaque fois, la même image s’imposait à moi. Ces deux morceaux passeraient idéalement en fond sonore dans un thriller pour ados au moment où le petit gothique, le sportif, la blonde avec de gros poumons et la bêcheuse invitent tous leurs potes à boire de la bière à la paille dans la maison de la bêcheuse pendant que les parents de cette dernière sont partis en vacances à Key West ou à Lake Tahoe. Ils enfileraient tous des casques de vikings en plastique et après l’à-fond à la paille (où la bêcheuse bave un peu) le sportif ouvrirait sa gueule - qu’il a carrée - pour faire une grosse réflexion machiste qui entraînerait de gros rires gras de la part de la petite assemblée. Après, j’hésite : je dirais Till death do us party en version étouffée, parce que le goth est dans le garage en train de fumer un joint, où la blonde dans la salle de bain en train de se repoudrer le nez. Et bien entendu, les deux clichés ambulants se feraient trucider à coup de chausse-pied ou de machine à espresso par un psychotique avec un masque de Jack Black, le tout sur le refrain obsédant de Faith in the Devil. Si un scénariste de navets est intéressé par ce concept inédit, qu’il me contacte à mon adresse privée. Mes honoraires défient toute concurrence

A part ça, Fang bang rapproche très nettement de ce punk-rock jovial qui n’en finit pas de crever outre-Atlantique. Seuls les textes, qui accumulent références aux bons vieux films d’épouvante à petit budget (American werewolf in London) et jeux de mots à deux balles (Morgue than words, Till death do us party,...), différencient les réalisations de Wednesday 13 de celles de ses petits congénères en bermuda et casquette.

Les rares tics metal qui subsistaient encore sur l’album précédent semblent morts et enterrés. Personne ne s’en plaindra au fond, car Fang Bang est plus agréable que son prédécesseur, Transylvania 90210, sans pour autant s’imposer comme une œuvre d’art incontournable. Les différents morceaux sont dynamiques, accrocheurs juste ce qu’il faut, exécutés sur les chapeaux de roues et interprétés par un Wednesday qui, inconsciemment ou pas, évoque chaque jour davantage un Alice Cooper qui se serait exclusivement dévoué à un style précis. Reste qu’on fait une fois de plus très vite le tour de cet opus, totalement homogène d’un bout à l’autre.

L’auteur lui-même considère son œuvre comme le pendant musical d’un série B, et il a bougrement raison. Il faudrait faire preuve d’un sens des valeurs totalement dysfonctionnel pour considérer Braindead ou Attack of the killer tomatoes comme de grands films. Ce qui ne les empêche pas d’être en l’espèce de bons films, le genre de truc cérébro-statique qu’on regarde en piochant dans son sac à popcorn. C’est exactement cela Fang Bang : 40 minutes de musique basique qui file la pêche pour la journée, mais qui ne laisse aucun souvenir mouillé digne de ce nom, un peu comme ces pubs qu’on trouve marrantes au moment où elles passent à la TV, mais qui ne me font pas se relever la nuit trois mois plus tard. On pourrait à la rigueur regretter qu’il n’y ait pas vraiment de petits éléments bien kitchs au sein des morceaux, style harmonium ou petit ricanement de sorcière pour aller jusqu’au bout du trip. Ce sera peut-être pour la prochaine fois, qui sait ? Mais d’ici là, j’aurai sans doute oublié le court plaisir apporté par ce petit album amusant mais sans grande consistance à long terme.



Répondre à cet article

Marc Lenglet





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Wednesday 13 : "Fang bang"
(1/1) 16 septembre 2015




Wednesday 13 : "Fang bang"

16 septembre 2015 [retour au début des forums]

Still the kind of hard rock music that they produced are recognized by their fans. - Dennis Wong YOR Health

[Répondre à ce message]