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Vinc Project : "My story"
On annonce une dépression sur la Suisse

mercredi 24 septembre 2008, par Geoffroy Bodart

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Membre de Ever Since, un groupe de melodic dark metal, Vinc s’est offert une petite escapade en solo pour explorer d’autres horizons musicaux moins agressifs et plus planants, mais surtout plus personnels. Introspectif, intime et mélancolique, My story s’avère être un très concluant premier essai qui valut à son géniteur une signature sur le label prog Musea. Autopsie.

Inspiré par une lourde déception amoureuse et la difficulté de se reconstruire après une dizaine d’années de vie commune, l’album a tout du concept casse-gueule. Combien en compte-t-on de chansons, d’albums, de carrières joyeusement plantés sur ce sujet qui, quoique universel, s’avère toujours délicat à traiter justement en raison du fait qu’il ne peut que parler à chacun. Trop mièvre, trop larmoyant, trop chargé de cette imbuvable dose d’espoir essentiel, on a tout connu. En centrant son projet sur son nom, en l’intitulant My story, en le fondant sur une histoire vécue, Vinc prenait tous les risques, et la moindre faute de goût lui aurait été envoyée à la figure sans concession aucune. Mais la force de cet album, c’est avant toute chose ses chansons. Si le sieur Vinc semble avoir eu du mal à se remettre d’une déception amoureuse, il semble avoir eu tout autant de mal à se remettre de l’écoute de l’album Eternity d’Anathema, auquel les allusions se font assez récurrentes, à moins que le chroniqueur ne souffre de monomanie (le fait qu’une chanson s’appelle Dream of eternity, par exemple, ce ne serait qu’une coïncidence ?). Alternant comme les Anglais passages électriques et acoustiques, entrecoupant la narration par d’expressives plages instrumentales, les similitudes dans l’approche se multiplient... Pour notre plus grand bonheur.

On soulignera la présence discrète mais efficace des instruments à cordes, qui renforcent le poids des chansons, sans jamais (ce qui semble devenir un exploit) les étouffer sous la guimauve. On retiendra également de cet album sa fantastique double intro : un instrumental cafardeux, My love, pour commencer, guidé par une mélodie au piano et un fond sonore pluvieux, suivi de Passion, sans aucun doute la meilleure chanson du lot avec ses très belles lignes de chant, ses arpèges inspirés et ses nappes de clavier qui emportent immédiatement l’adhésion. Sans être spécialement en-deçà de cette ouverture, on mentirait en affirmant que le reste de l’album parvient à tenir l’excellentissime niveau du début. Sans se ressembler, les morceaux sont taillés dans la même roche et privilégient l’aspect instrumental (il faut dire que le projet était pensé, au départ, comme un album instrumental et ambiant). On regrette juste un Without you faiblard, au solo héroïque un poil trop pompier pour être honnête.

Démarche salutaire et ultra-personnelle, Vinc Project avait tout du disque unique, du pur one-shot qui n’appelle pas spécialement de suite. C’est donc presque avec surprise qu’on apprend que le numéro deux est en chantier, dans une veine plus énergique semblerait-il. Et il est clair que l’impact de cet album sera d’autant plus important s’il demeure isolé et que la tonalité intime ne devient pas un fonds de commerce.



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Geoffroy Bodart