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Tina Dickow : "Count to ten"
La grande échappée

mardi 4 août 2009, par Albin Wagener

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Alors même que la belle chansonnière danoise en est à son sixième opus (une compilations de trois E.P.), je me suis dit qu’il serait bon de revenir sur ce cinquième album, Count to ten, qui l’a véritablement révélée hors des frontières du Jutland. Tina Dickow (également connue sous le nom de Tina Dico), c’est ce genre d’artiste féminine qui parvient à émouvoir sans tomber dans les écueils du songwriting bâclé, en ayant la finesse d’être juste à chaque note.

Du coup, bien évidemment, il serait mensonger de vous promettre du rock ou de l’électro dans ce Count to ten intimiste et mélancolique. On est ici bien plus proche de Suzanne Vega ou d’Anna Ternheim, pour ne vous donner que ces deux exemples. La guitare acoustique reste cependant omniprésente, ainsi que ce fameux spleen scandinave qui ne vous lâchera jamais tout au long de ces onze morceaux. Le premier titre, Count to ten, donne le juste ton pour ce qui se révèlera être un album à la fois agréable et amer, comme une pilule difficile que Tina Dickow fait passer avec une grande maîtrise des mélodies et des arrangements. Et tout au long de cet album, on a qu’une seule envie : mettre ce disque à fond dans une voiture et rouler pour se rendre loin, très loin.

Tina Dickow lance donc une véritable invitation au voyage, voire à la fuite. Et ce n’est certainement pas la comptine Night cab qui me fera mentir. A chaque fois que Tina aborde un sujet, on s’y croirait, tout simplement ; les paroles font mouche et n’en disent jamais plus que ce qu’elles devraient, et ce qui y est suggéré l’est toujours avec finesse et retenue. De ce point de vue, Tina Dickow est sans doute l’une des songwritrice les plus intéressantes du continent européen en ce moment. Et même le single Sacré Cœur, qui évoque clairement un passage du côté de la ville lumière avec tristesse et beauté, reste toujours digne sans en faire trop dans le pathos.

Rien d’étonnant à ce que Tina Dickow ait remporté plusieurs récompenses et ait souvent supplanté de gros bonnets internationaux dans les charts danois (Coldplay et U2 en ont fait les frais, bien que le Danemark soit sans doute le cadet de leurs soucis !). Si vous cherchez de la folk-pop bien fichue et aigre-douce, vous aurez avec Count to ten un album qui vous satisfera. Il suffira d’écouter le doux Craftsmanship & Poetry qui en dit long sur l’art qui inspire la belle blonde et sur la sincérité qui l’anime.



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Albin Wagener