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Tim Christensen : "Superior"
Troubadour ou bluesman nordique ?

mercredi 12 août 2009, par Albin Wagener

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Tim Christensen est probablement l’un des artistes danois les plus connus hors des frontières terrestres du Jutland. Depuis pratiquement dix ans, cet ancien membre du groupe de rock Dizzy Mizz Lizzy s’améliore d’album en album, sans aucune faute de goût, alliant un songwriting à guitare très dylanesque à des accents de blues relativement musqué. Et son troisième albums Superior ne déroge pas à cette règle.

La variété des influences de Tim Christensen ne doit pas faire oublier l’essentiel : ce monsieur ne cherche pas à se justifier ou à s’assurer un quelconque succès ; il essaye simplement de faire la musique qu’il aime, toujours en basant ses compositions sur cette sacro-sainte guitare. En conséquence, on a parfois l’impression d’avoir à la fois affaire à un clone blanc et danois de Lenny Kravitz qui aurait écouté l’intégrale de la discographie des Crowded House... et si vous ne me croyez pas, je vous recommande vivement l’écoute du morceau Superior, précisément. Quand le rock intervient dans la musique de Tim Christensen, c’est donc souvent par l’intermédiaire du blues et d’une montée de moutarde dans son songwriting rarement répétitif.

Admettons-le, ce troubadour possède l’art des mélodies bien troussées. Aucun des morceaux de ce Superior ne semble pompeux ou insupportable, et sur la longueur, tout tient parfaitement la route. Même l’orgue très vintage de Wonder of wonders ne fait pas tomber le morceau dans le kitsch, car Christensen a l’art de récupérer avec élégance une mélodie trop simple pour la faire passer à la postérité. Mais quand il choisit la simplicité, c’est sans aucun artifice : en témoignent Tell me what you really want (bon sang, on croirait que Neil Finn chante sur ce titre !) ou encore le plus enlevé Hard to make you mine.

Oscillant entre mélopées mignonnettes et sincères et compositions nettement plus poivrées, la troisième galette de Tim Christensen prouve que le mieux est parfois l’ennemi du bien et que la simplicité d’un songwriting authentique ne vaudra jamais mille productions trop réfléchies. Et ce n’est pas le single India qui me fera mentir, que doivent sans doute secrètement jalouser David Sylvian et Bryan Ferry. Sans concession et sans artifice, Superior se base avant tout sur un esprit résolument sincère dans l’écriture des morceaux, ce qui fait prendre un bon bol d’air frais. A l’image de cet enfant sur la pochette qui mime une guitare à l’aide d’une raquette de tennis...



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Albin Wagener