Pop-Rock.com


L’album du mois
Them Crooked Vultures : "Them Crooked Vultures"
Trio de têtes, Acte III

mardi 15 décembre 2009, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Röyksopp : "Junior"
Immune : "Sound Inside"
Masi : "2nd shape"
Frigo : "Funambul"
Mr. Sportsman : "Good morning virtue E.P."
Late of the Pier : "Fantasy Black Channel"
Dragons : "Here are the roses"
Rajna : "Yahili"
The Subways : "Young for eternity"
Black : "Between two churches"


Des vautours en goguette, une triplette en platine et diamants qui montre des becs énormes, Them Crooked Vultures avait tout du choc évènementiel avant même ses premiers coups d’ailes. Il fallait voir comme les admiratifs des plumeux jouissaient d’avance, se pâmaient de cette union entre titans des hauts plateaux. Le combo de luxe avait réussi à surprendre, il fallait alors convaincre les impatients.

Autant Dave Grohl et Josh Homme dans le même studio, on connaissait vu que leur association a déjà donné du monumental avec Songs for the deaf. Ce qui a le plus surpris, c’est bien l’arrivée au sein de cette belle paire de John Paul Jones qui peut vous balancer dans la tête son CV avec pas moins que Led Zeppelin comme référence ultime. Vu que seuls trois zouaves peuvent se permettre de montrer tel background sans mentir (sans compter le fiston Bonham il est vrai), la nouvelle a de quoi imposer le respect.

Mais pas prétentieuse la star, bien loin de tout maniérisme en rapport à son grand âge ou son bagage en plomb, Jones se fait simple membre, exécutant poli et appliqué, raison sociale qu’il trimballe depuis ses voyages en dirigeable. On le dirait d’ailleurs parfaitement heureux d’intégrer cette nouvelle expérience aux cotés du poulpe Grohl, qui s’amuse depuis sa retraite nirvanesque à déconner de concert avec toutes ces idoles de jeunesse.

Qu’avons-nous donc dans le nid de nos plumitifs starlettes, un batteur qui n’en finit plus de démontrer sa supériorité incontestable dans le martelage de peaux, un bassiste dont on n’espérait plus une trempe aussi heavy et un maitre de cérémonie en la personne de Josh Homme qui survole d’une bonne tête la folle équipée, tout juste armé de sa guitare et de sa chemise de bûcheron. On n’ira pas étonner les foules en indiquant que Them Crooked Vultures sonne pas mal comme du Queens Of The Stone Age, mais le simple référent QOTSA serait réducteur.

D’ailleurs, si vous êtes de l’autre coté de l’Atlantique, on rapproche davantage la musique du trio à du Led Zeppelin moderne alors que les Européens y voient très clairement l’influence lourde des Kyuss et autres Fu Manchu. Il ne faut pas être un dieu en musique pour piger que ces influences sont évidentes, suffisait de reluquer les fiches techniques des membres et walou, tu l’as ton background. Les influences, ça va ça vient, et on n’ira pas en parler sur cinq paragraphes. Pour mon cas, écouter les vautours m’a donné envie de ressortir le sous-estimé Rated R des Queens, injustement floué de son titre de meilleur album stoner rock par l’arrivée de son petit frangin tout rouge.

Avec ses psychotropes sous la couette, Them Crooked Vultures n’en finit plus d’extraire sa bonne came de sous les plumes, en cela parfaitement fourni en moments merveilleux par l’Homme, bien à l’aise dans son rôle de guitar hero croisé avec Elvis Presley. Tout est dans les refrains, crassement indispensables et qui profitent de l’expérience en la matière du gratteux, grand volatile au-dessus des jeux de grosses pelleteuses de ses compères. Il faut dire que le bonhomme commençait à s’emmerder ferme chez ses folles de l’âge de pierre et ça se sentait de plus en plus (Era vulgaris avec le recul, franchement...). Ici on le sent enfin de nouveau prêt à remuer les foules, avec un déroulement de riffs tous plus pervers les uns que les autres, ceux qui ne changent rien au monde actuel mais qui font preuve d’une efficacité garantie sur facture.

Ce disque est celui de la foire aux bonnes idées, même si pas toujours bien exploitées. Con comme la lancée d’Elephant amène à un titre de rock assez quelconque, dommage comme les successions de virages de Reptiles sont chiantes au bout du compte. Mais c’est que je minauderai sur l’album du mois dis-donc ! N’y voyez pas malice, car même pas toujours au delà de nos espérances, ce disque est suffisamment bien monté pour gravir les marches du podium. Ça reflète peut-être la nullité fantastique d’autres compétiteurs mais il est certain que cette triple alliance a fait des miracles. Mettre tant de piafs talentueux dans le même nid engendre des trouvailles, pas toujours digérables sur le moment, c’est fatal.

John Paul Jones, notre vétéran, nous gate avec sa participation à la basse mais aussi aux claviers. Ça émoustille sévère à l’écoute de Caligulove ou de Scumbag blues, qui gagne d’ailleurs le titre du morceau le plus zeppelinien du lot. Il faudrait caser dans les compil’ de Noël des bizarreries aussi bien foutues que Warsaw or the first breath you take after you give up et son psychédélisme toute en poussées orgasmiques, Dead end friends qui fait grimper au mat malgré un apparent simplisme (et alors ? Ben non, c’est bon de fait), et ne pas omettre Spinning in Daffodills qui dit tout en une phrase "I’m so high I just may never come down" et en effet, les bougres sont haut sur l’échelle du génie.

N’en jetez plus, il était entendu que cette association ne pouvait aboutir qu’à quelque chose d’extrême, soit le lourd échec, soit la franche réussite. Et malgré quelques tentatives pas totalement convaincantes, les vautours nous offrent là quelque chose de diablement excitant, bandant en somme. Les groupes qui ont vraiment provoqué tel engouement, telle espérance cette année ne sont pas légions, loin s’en faut. A voir si cet album pourra prétendre aux mêmes cimes que Songs for the deaf en son temps, mais cette livraison de fin d’année fait bien plaisir. Le genre de cadeaux qu’on attend et que l’on déballe avec calme, en profitant du moment. Même en musique, c’est pas tous les jours Noël...



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Them Crooked Vultures : "Them Crooked Vultures"
(1/2) 16 décembre 2009, par Plunk
Them Crooked Vultures : "Them Crooked Vultures"
(2/2) 15 décembre 2009, par Rouffied




Them Crooked Vultures : "Them Crooked Vultures"

16 décembre 2009, par Plunk [retour au début des forums]

Marrant, je trouve cet album très chiant et poussif (et je suis pas le seul, d’après d’autres impressions lues dans des forums).

[Répondre à ce message]

Them Crooked Vultures : "Them Crooked Vultures"

15 décembre 2009, par Rouffied [retour au début des forums]

Comme c’est mal écrit !!!

[Répondre à ce message]