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The Who : "Endless wire"
Un mythe écorné

lundi 25 décembre 2006, par Marc Lenglet

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J’apprenais il y a peu que durant l’année 2006, Kurt Cobain était devenu le plus riche des chanteurs morts, avant même Elvis Presley. Il est difficile d’évaluer si un Kurt Cobain mort vend davantage d’albums que n’en vendrait un Kurt Cobain vivant de 40 balais, prêt à devenir le nouveau Neil Young pour les jeunes formations garage-rock des prochaines années ou dans le pire des cas, un Kurt Cobain en cure de jeunisme qui collaborerait avec Pink et 50 Cent. En tout cas, tout cela laisse l’impression qu’un groupe disparu se voit peut-être gratifié d’une toute autre aura que le même groupe qui vivoterait péniblement alors que son temps est manifestement écoulé. The Who, c’est un peu pareil. Certes, techniquement, ils ne sont encore qu’un groupe à moitié mort et à tout le moins, un groupe en pause-carrière depuis près d’un quart de siècle. Mais en tenant compte du poids de la disparition de Moon, de celle, plus récente, d’Entwistle et du silence des Who survivants pendant toutes ses années, on peut se demander s’il est opportun de faire revenir sur le devant de l’actualité une telle légende du rock...

Le temps a passé, les courants se sont succédés, les faits sont devenus légende, et les Who font partie de cette légende. Et puis subitement, malgré les décès, malgré le succès remporté par les tournées basées entre autres sur Tommy et Quadrophenia - ou peut-être à cause de cela justement - les Who livrent à la face du monde du nouveau matériel. D’un certain point de vue, l’ambition est courageuse. On peut saluer un groupe qui ose un tel retour suicidaire alors que, même dans leurs prévisions les plus optimistes, Pete Townsend et Roger Daltrey doivent se douter qu’il ne peuvent pas se montrer à la hauteur de leur légende. On ne peut même pas supposer que les Who aient besoin de payer leurs factures. Nécessité d’avoir quelque chose de nouveau à dévoiler pour justifier de futures tournées ? Peut-être... Après tout, les Rolling Stones ne procèdent pas autrement depuis bien des années. Besoin d’exprimer à nouveau son art ? Oui, finalement, c’est peut-être bien de cela qu’il s’agit.

On perçoit d’ailleurs sans aucune hésitation que Pete Townsend est aujourd’hui le seul maître à bord du navire Who. Malgré la profusion d’intervenants sur l’un ou l’autre morceau, Endless wire est clairement la Chose de Townshend, qui s’est occupé lui-même de la majorité des instruments. Roger Daltrey est ici réduit exclusivement à un rôle d’interprète, ce dont il s’acquitte avec un talent presque intact (ce qui n’est pas le cas de son comparse qui, lorsqu’il s’essaie à l’exercice vocal (In the ether), n’arrive qu’à parodier Joe Cocker ou Tom Waits de la manière la plus cocasse qui soit). Le don pour l’introspection du célèbre guitariste est au rendez-vous, de même qu’un certain regard critique sur le monde qui l’entour (le moralisme et la religion dans Man with a purple dress par exemple) mais avec un détachement élégant bien éloigné des imprécations maladroites requises pour cet excercice. On y perçoit aussi la satisfaction de donner du plaisir et de se donner du plaisir dans la droite ligne des plus grands (Mirror door), ainsi que de petites touches d’humour (God speaks of Marty Robbins). L’aspect musical d’Endless wire est lui aussi à l’image de la tendance Townshend des Who : des idées à profusion (19 pistes pour 52 minutes quand même), un ton globalement apaisé, avec nombre de tentatives crooner ; des balaldes, tendance folk, ciselées et mélodramatiques juste comme il faut ; et évidemment l’incontournable mini-opéra, véritable marque de fabrique de l’artiste. Cette pièce, qui débute au dixième titre, comprend pas moins de dix sections qui tapent pour la plupart entre une minute trente et deux minutes trente. Un peu décousu comme toujours, et composé de morceaux qui ne présentent pas un grand intérêt individuellement, ce Wire & glass demeure pourtant une création globalement intéressante, à l’image de la première moitié de l’album, même si on ne pouvait pas s’empêcher d’espérer quelque chose de plus énergique et de moins cérébral. Néanmoins, Endless wire offre tout de même son lot de petits plaisirs gourmands. On ne pensait plus jamais entendre ce clavier virevoltant tout droit exhumé de Baba O’Riley (sur l’ouverture Fragments), ni ces inoubliables moulinets de guitare plaqués sur des roulements de batterie qui ouvrent un Mike Post theme (titre assez touchant dans sa façon de revendiquer le passé tout en acceptant le présent) ou un We’ve got a hit qui ne fera pas mentir son titre ! D’une manière générale, Endless wire est truffé de clins d’œil aux grandes années du groupe.

Cet album qu’on n’attendait plus est sans conteste une réalisation d’une grande classe, travaillé jusqu’à l’obsession et composé par des... euh... par UN musicien doté d’une telle expérience qu’il parvient aujourd’hui à gommer toute trace d’amateurisme dans son oeuvre. Et pourtant, la déception pointe quand même son horrible museau au fil des écoutes, déception contrecarrée il est vrai par le respect sincère qu’on éprouve envers un travail soigné de cet acabit. En fait, le problème le plus visible, c’est qu’Endless wire serait tout à fait admirable en tant que travail solo de Pete Townshend. John Entwistle et Keith Moon étant toujours morts, et la soixantaine approchant à grand pas pour les deux membres encore valides, il ne fallait pas non plus espérer une fournée de rock ravageur qui rivaliserait avec My generation ou Won’t get fooled again. Et puis, un album de Pete Townshend, c’est dans l’ordre logique des choses. La tête pensante des Who n’a jamais véritablement cessé ses activités. Mais face à un truc estampillé « Who », les enjeux sont tout autres et, au vu de ce que ces gars-là ont réalisé entre 1965 et 1978, on ne peut pas faire autrement que d’avoir d’énormes attentes, même si on sait qu’elles seront fatalement trahies. Les Who ne sont tous pas morts avant d’être devenus vieux, comme ils le clamaient en 1965, et Endless wire est tout sauf déplaisant, mais ceci n’est pas un album des Who, pas plus que les albums de Paul McCartney ne sont des albums des Beatles. Faut pas prendre les gens pour des cons non plus... Même si présenté dans la continuité d’un mythe, Endless wire se vendra inévitablement mieux, toute sournoise que la méthode puisse être. Ceint d’une aura d’honnêteté et d’estime s’il venait de Townshend, Endelss wire ne peut être qu’une - relative - déception.



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Marc Lenglet





Il y a 4 contribution(s) au forum.

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The Who : "Endless wire"
(2/2) 25 décembre 2006




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The Who : "Endless wire"

25 décembre 2006 [retour au début des forums]

Ce disque va cartonner. Toutes les nanas de 50 à 60 ans sont folles de Roger Daltrey, ont du flouze et ne downloadent pas leurs morceaux sur internet...

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