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The Virgins : "The Virgins"
Vierges effarouchées ou putes mal dégrossies ?!?

lundi 12 janvier 2009, par Jeremy Plywood

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Intro wikipédienne : quatuor new-yorkais formé en 2005, The Virgins alias Erik Ratensperger, Donald Cumming, Wade Oates et Nick Zarin-Ackerman nous proposent un premier album éponyme. On les a vu en première partie de The Jet, Sonic Youth, Patti Smith et The Pigeon Detectives. Quatre jeunes gens aux jeans moulants/cigarettes qui nous viennent des USA et pratiquent une pop indé ? Ca sent le bon plan à se mettre entre les esgourdes au plus vite et découvrir les nouveaux « ... » (remplir selon estimations personnelles)

A voir leurs têtes et leur récent palmarès, il se pourrait que l’on tienne ici les cousins des Strokes ou encore les frangins de Weezer. La déception est énorme lorsque je pousse le cd dans le mange-disques ! Les vierges new-yorkaises assènent une pop finalement assez gentille et qui, sans le passage de leur titre Rich Girls dans la très suivie série Gossip Girl, seraient toujours probablement en train d’écumer les arrières-salles miteuses de toutes les gargotes que l’on recense dans la grosse pomme. Le premier titre, She’s Expensive, fait mine de donner le change avec sa rythmique à la early-Talking Heads pendant quelques mesures, puis retombe dans la banalité la plus complète et se perd en guitares funky prévisibles.

One Week In Danger aurait pu s’appeler One Second In Danger tant sa dangerosité est digne d’un pitbull nain, cacochyme et valétudinaire, couvert d’acné et souffrant d’une néphrite aiguë. Là aussi on y croit quelques secondes avec ce riff piqué aux Beastie Boys mais ça part très (trop ?) vite sur un boum-tchak simpliste et agaçant. Arrive « le single imparable » Rich Girls, qui est probablement effectivement le titre le plus évident de l’album. Mais, ici aussi, on doit bien reconnaître qu’il y a du copié/collé dans l’air avec ce gimmick cambriolé chez je-ne-sais-plus-qui-mais-vachement-funky-new-wave-américain.

Teen Lovers est tout bonnement catastrophique ! Il n’y a rien d’autre à ajouter. La suite n’est guère plus réjouissante avec le simpliste Fernando Pando qui démarre acoustique et se poursuit de façon faussement sautillante mais qui ne raconte rien et s’englue dans le fossé comme une vulgaire toupie voilée.Ce n’est pas Murder qui va m’enthousiasmer davantage puisqu’ici aussi persiste cette impression de déjà entendu et cette rythmique funky, limite bal de campagne, abominablement énervante.

Je me demande alors si je vais arriver au bout des 10 titres de ce disque navrant qui n’aurait jamais dû traverser l’océan. La réponse est malheureusement négative et il faut bien reconnaître que je suis soulagé en balançant bien loin la rondelle argentée. Mon regard se perd alors dans le vague et je me mets à rêver à ce que devrait être le groupe américain idéal actuel comme pouvaient l’être les Pixies dans les années nonante. En tout les cas, totalement l’inverse de cet album bouffi de clichés, essayant vaguement de sonner pop-p(f)unky-indé mais qui me donne l’impression de régurgiter une tonne d’influences de la pop-music américaine qui sent le sapin depuis déjà quelques temps.

Bien sûr et heureusement, il y a entre autres The Shins et une poignée d’autres, tels Polyphonic Spree ou encore Mercury Rev, Fleet Foxes et les charmants Viva Voce mais aussi The Rollo Treadway, The Flaming Lips et le succulent Caribou (bien qu’originaire de Toronto, mais ne chicanons pas) qui relèvent le niveau de cette pop américaine moribonde et commercialement prévisible. Tous ces orfèvres, qui suent sang et eau pour coucher sur bandes le fond de leur âme.Une âme qui se nourrit à la pop de leurs anciens mais qui va également chercher ces influences dans le 21ème siècle naissant qui les inspire, les préoccupe et les inquiète. Il les met aussi en compétition puisqu’il leur faut composer des mélodies nouvelles, efficaces et qui, l’espèrent-ils pourront durer.

C’est loin d’être le cas de ces quatre jeunes qui balancent impunément des recettes sans jamais atteindre la ligne de flottaison nécessaire pour tenir la tête hors de l’eau. Il ne suffit pas d’avoir de la mémoire (sélective ?) pour obtenir une légitimité qui demande bien plus d’adresse et de boulot. J’en arrive même à me demander pourquoi, dans un business aux abois, une major company (Wea) peut encore signer ce genre de groupe qui n’a rien à dire et qui ne donnera jamais l’envie aux gamins d’arrêter de télécharger gratuitement.

Ou alors, c’est ça l’idée ! Du jetable dès sa création jusqu’à la poubelle de l’ordinateur. C’est en tout cas bien triste pour les vrais artistes, pour la plupart confidentiels, qui se verront, tôt ou tard, embarqués, par la force des choses, dans un traquenard qui les laissera finalement vides et perdus sur le bord du chemin.



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Jeremy Plywood





Il y a 109 contribution(s) au forum.

The Virgins : "The Virgins"
(1/4) 15 avril 2009, par nymphosting
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(2/4) 13 janvier 2009
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(3/4) 12 janvier 2009, par Matelot
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(4/4) 12 janvier 2009




The Virgins : "The Virgins"

15 avril 2009, par nymphosting [retour au début des forums]

J’ai bcp aimé.

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The Virgins : "The Virgins"

13 janvier 2009 [retour au début des forums]

On ne dit pas "The Jet" mais "Jet"...

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The Virgins : "The Virgins"

12 janvier 2009, par Matelot [retour au début des forums]

Je trouve qu’il y a bien plus qu’une poignée de groupes américains qui valent le détour : The Decemberists, Of Montreal, Menomena, Wolf Parade, Yeasayer, Calexico, My Morning Jacket, TV on the Radio, Man Man, et tant d’autres ! qui savent s’inspirer du passé tout en étant adaptés au 21eme siècle. Je suis même étonné de vous voir citer un artiste canadien en renfort, alors qu’il me paraît évident que les Etats Unis possèdent une scène indé assez enviable, finalement.

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    The Virgins : "The Virgins"

    12 janvier 2009, par jeremy plywood [retour au début des forums]


    vous avez tout à fait raison et on pourrait encore en citer une kyrielle je pense...
    je trouve que pour l’instant, la scène indé US est plus intéressante que sa consoeur de grande-bretagne.

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      The Virgins : "The Virgins"

      12 janvier 2009, par Matelot [retour au début des forums]


      Absolument ! Heureusement la GB a l’excuse d’être un beaucoup plus petit pays !

      Il y a pourtant des artistes très talentueux, comme le très jeune Eugenne Mcguinness, ou encore le bidouilleur Jim Noir, dont l’album de 2008 est exceptionnel (peut être est-il un ’Caribou britannique’) ;
      The Seldom Kid d’Elbow est aussi formidable !

      Seulement il ne sont pas mis en avant comme les racoleurs mais éphémères machines à tube hype. Ils sont... plus indés qu’Indie !

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    The Virgins : "The Virgins"

    12 janvier 2009 [retour au début des forums]


    d’accord avec toi.

    PS : y sont pas Canadiens les gars d’Wolf Parade ? ;)

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The Virgins : "The Virgins"

12 janvier 2009 [retour au début des forums]

Sympa le sous-titre de la chronique, rien que pour ça (et même si je n’aime pas The Virgins) je ne la lirai pas. Chapeau bas, continuez comme ça.

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