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The Strokes : "Is this it ?"
Velvet Converse

dimanche 18 février 2007, par Alexandra Jakob

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"La Suisse, ce n’est pas très rock’n’roll". En autochtone lucide, Stéphane Eicher vous aura aimablement prévenu. Et pourtant, le pays natal de la vache Milka a bien involontairement contribué à l’éclosion des Strokes, plus amateurs de grosses guitares que de cloches alpestres...

Au milieu des années 90, Julian Casablancas coule des jours troubles de sale gosse dans un pensionnat romand. Il en gardera un très mauvais souvenir, exceptée sa rencontre avec son futur guitariste Albert Hammond Jr., lui aussi new-yorkais. Une fois revenu dans la grosse pomme, Casablancas fonde les Strokes avec trois amis d’enfance : le guitariste chevelu Nick Valensi, le discret bassiste Nikolaï Fraiture, ainsi que Fabrizio Moretti, batteur et playboy notoire. Après quelques tergiversations, Albert Hammond Jr. accepte de compléter le line-up, sans toutefois prendre l’aventure trop au sérieux. Le rock fougueux d’une poignée de gosses de riches n’intéresse alors personne, en cette époque maudite où l’hideux nu-metal domine le marché musical. A bord d’un van, le quintette écume la côte nord-est des Etats-Unis pour se produire chaque soir devant un public aussi rare qu’un grand tétras en pleine mégapole. Par chance, le producteur Gordon Raphael, venu en réalité assister à un autre concert, perçoit le potentiel du groupe et lui fait enregistrer un premier E.P., The modern age. Is this it suivra en août 2001.

Immédiatement, le groupe se retrouve sur le devant de la scène avec le titre New York City cops, censuré par le gouvernement américain après les attaques terroristes du 11 septembre. Cette publicité gratuite séduit un public en mal d’interdit et de rock’n’roll vintage. Certains critiques louent la fraîcheur des "sauveurs du rock". D’autres dénoncent un revirement de mode propice à l’éclosion de gamins pistonnés. Les fringues XXL disparaissent des rues, remplacées par des Converse et autres lunettes Pilote. Un peu partout, de jeunes adolescents montent leur groupe. Plus sceptiques, leurs aînés accusent les Strokes de plagier honteusement le Velvet Underground, autant d’un point de vue sonore que comportemental. Car l’attitude froide des cinq jeunots, leur nonchalance et leurs guitares saturées s’inspirent indéniablement des protégés d’Andy Warhol, sans toutefois atteindre les sommets de similitude évoqués. Cette terrible pression populaire finit par dépasser le leader Julian Casablancas, dont les incartades se multiplient au fil d’une triomphale tournée planétaire. Il mettra finalement quatre ans à apprivoiser son inconfortable célébrité.

Provoquant par sa pochette, remplacée aux Etats-Unis en raison d’un puritanisme atavique (nouvelle pochette ci-contre), Is this it renoue habilement avec l’époque bénie des 60’s, une touche de grunge en plus. Mieux, les Strokes se démarquent de toutes ces références par leurs titres nerveux, d’une vivacité jubilatoire. Dans une ambiance très électrique, les solos de guitare accrocheurs abondent (Alone together, Barely legal), soulignés d’une basse bondissante à souhait. Cette rythmique intense contraste avec un chant rauque et désabusé qui galvanise des compositions rageuses, telles Take it or leave it ou Last nite. Esseulé dans l’œil du cyclone, le plus calme Trying my luck apporte une émouvante réplique aux détracteurs d’une formation souvent décrite comme pourrie par les dollars. Une réputation malgré tout tenace.

Haïs ou adulés dès leurs débuts, les Strokes ne laissent personne indifférent. Is this it contribue amplement à leur charisme, avec ses onze morceaux à la qualité rarement égalée.



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Alexandra Jakob





Il y a 3 contribution(s) au forum.

The Strokes : "Is this it ?"
(1/3) 30 avril 2009, par Jim Talminore
The Strokes : "Is this it ?"
(2/3) 21 février 2007, par Vince
The Strokes : "Is this it ?"
(3/3) 21 février 2007, par Fabrice




The Strokes : "Is this it ?"

30 avril 2009, par Jim Talminore [retour au début des forums]

The Strokes est un groupe fantastique et "Is this It" est un album implacable. Pas une seule chanson mauvaise, des refrains mélodieux et la voix mélancolique et parfois pleine de rage de Julian Casablancas, voilà en quoi consiste "Is this It". Avec "Is this it", les Strokes ne révolutionnent pas la musqie, c’est évident, mais apportent une dose de fraîcheur et se confectionnent un style qui leur est propre. Les New-Yorkais ont tapé dans le mille et ne sont pas encore reconnus à leur juste valeur ! Les mélodies des Strokes sont inventives et leurs solos très justement placés...

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The Strokes : "Is this it ?"

21 février 2007, par Vince [retour au début des forums]
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Critiquer un groupe car les membres viennent d’un milieu bourges, ca s’appellent de la discimination. Je dis ca pour tous les critiques et autres qui disent ca a propos des Strokes (pas sur cet article). Pourquoi n’aurait-on pas le droit de faire de la bonne musique parce qu’on vient d’un milieu aisé ??

Cet album est très très bon. Je sais pas si c’est celui qui a signé le retour du rock au début des années 2000 comme on aime bien le dire mais il y a contribué à coup sur.

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The Strokes : "Is this it ?"

21 février 2007, par Fabrice [retour au début des forums]

Un petit "scoop" :

Julian Casablanca figurera sur le prochain album de QOTSA, tout comme Trent Reznor !

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