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The Streets : "A grand don’t come for free"
Let’s push things forward...

dimanche 28 novembre 2004, par Nicolas Thieltgen

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Sorti en mai 2004, A grand don’t come for free de The Streets tourne toujours sur nos platines à notre plus grand plaisir. Second album low-key de celui que la presse UK a érigé depuis 2002 en réponse anglaise à Eminem, ce disque est la confirmation du talent d’un homme, Mike Skinner, qui mêle avec une réussite rare hip-hop, pop et soul et propose une chronique lucide de l’Angleterre qu’on aime, celle des petites gens.

A grand don’t come for free s’ouvre sur un orchestration wagnérienne, cors et trompette en avant, et nous voici tout à coup pris de sueurs froides : Mike Skinner, le cerveau et unique membre connu de The Streets, révélé en 2002 par un album grandiose, Original Pirate Material, aurait-il commencé à croire tout le bien que la presse anglaise dit de lui (en vrac, « Le meilleur chroniqueur de l’Angleterre du XXIème siècle »), « L’Eminem anglais »,…) et se serait-il lancé dans une œuvre trop grande pour lui, en essayant, par exemple, de composer un opéra hip-hop ? On en a connu des artistes qui, galvanisés par les critiques dithyrambiques du N.M.E. ou du défunt Melody Maker, s’étaient lancés dans ce type de projets foireux pour finir les quatre pattes en l’air sur un second album péteux et boursouflé…

On rassure d’ores et déjà ici le lecteur assidu de Pop-Rock qui commence à paniquer : le second album de The Streets, A grand don’t come for free, est bien loin de ressembler à une quelconque tentative d’opéra hip-hop ou d’une autre idée saugrenue de ce genre, mais s’avère au contraire être un album low-key, d’une retenue et d’un dépouillement exemplaire.

En effet, force est de constater que, plutôt que de jouer la surenchère, Mike Skinner a, assez sagement, décidé de se la jouer "profil bas" et de se concentrer sur l’essentiel. Pas d’évolution flagrante donc, ni de nouvelles directions majeures, mais plutôt un recentrage sur le noyau dur de son art, le superflu ayant été dégagé au profit de ce qui faisait la force de son premier album, à savoir ses beats très travaillés, son flow décalé lorgnant sur le chant par instant et des mélodies plus délicates que la moyenne pour un artiste catalogué hip-hop.

Le résultat est assez agréable à l’oreille, passé une première impression plus difficile laissée par la production très brute de décoffrage de l’album. Plus encore que sur son 1er album, on pense aux Specials et même à The Clash (celui de Sandinista !), pour cet amalgame entre la raideur du punk et le déhanché du hip-hop que seuls les petites frappes de la classe ouvrière anglaise savent réussir. Du riff de piano entêtant de Could be well in aux guitares punkisantes de Fit but you know it, la musique de The Streets évoque de bon souvenir sans pour autant sentir la naphtaline. On s’en voudrait bien entendu de ne pas mentionner le petit diamant scintillant dont Mike Skinner a serti cet album, on parle bien entendu du déjà classique Dry your eyes, chronique bouleversante et à hauteur d’homme d’une rupture. Rarement paroles aussi simples sur une musique aussi dépouillée auront provoqué autant de frissons.

Il faut enfin mettre en avant le talent de chroniqueur de Mike Skinner, qui croque l’Angleterre et sa classe moyenne, voire ouvrière, avec un sens du détail rarement rencontré depuis Jarvis Cocker de Pulp. On sent les fish and chips et on voit les rues étroites bordés de bookmakers et de pubs décatis aux coins de pas mal de couplets ou refrains. Au final, A grand don’t come for free constitue sans doute l’aller-retour pour l’Angleterre le moins cher qu’on pourra se procurer en 2004. The Streets : concurrence déloyale pour l’Eurostar ?



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Nicolas Thieltgen





Il y a 5 contribution(s) au forum.

> The Streets : "A grand don’t come for free"
(1/2) 14 février 2005, par Vieux Lynx
> The Streets : "A grand don’t come for free"
(2/2) 11 décembre 2004, par Joe tatanne (batteur de the disco sensation)




> The Streets : "A grand don’t come for free"

14 février 2005, par Vieux Lynx [retour au début des forums]

Une critique de cet album sans évoquer sa splendide conclusion Empty Cans ?!?? Vous avez vraiment écouté l’album ?

Pour le reste première écoute assez difficile mais on comprend très vite pourquoi, en musique, la première impression est rarement la bonne...

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    > The Streets : "A grand don’t come for free"

    12 février 2007, par Everlast [retour au début des forums]


    Tout à fait d’accord avec toi Vieux Lynx, il faut absolument parler du dernier morceau de l’album Empty Cans, qui est, à la première écoute, très difficile à écouter, mais qui se révèle excellent !

    L’album est très bien construit, certes plus sobre que leur premier album, les morceaux s’enchainent extrêmement bien...
    L’album relate, du premier au dernier morceau, une journée d’un guy de la banlieue londonienne, en passant par ses embrouilles avec ses bookmakers, l’errance de ses relations... Les paroles sont énormes !

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> The Streets : "A grand don’t come for free"

11 décembre 2004, par Joe tatanne (batteur de the disco sensation) [retour au début des forums]

ATTENTION, cet article est en total contradiction avec le precedent !

Ce 2eme album de the streets est pour moi, une honte. Musicalement parlant j’entend. Mike s’est justement reposer sur ses lauriers, mais pas dans le sens de l’opera hip hop mais bien celui de la flemmardise : on ne retrouve aucun element de la fraicheur et du génie qui étaient present dans Original... , le jeune prodige s’est ici contenté d’aposer de tres plates compositions les unes a la suite des autres, reprenant les formules gagnantes du premier album (chant monodique et sample acrocheur) mais sans aucune conviction.

Et c’est ce que j’ai ressentie a l’ecoute de cet album, a part pour Fit but you know it, c’est a dire une profonde envie de retourner chez mon disquaire pour me faire rembourser de cet escrocerie, tant cet album est mou.

Mon conseil, faire jouer le fait que le copy control vous empeche de lire le disque sur votre platine, et courez vous reconforter avec un bon vieux House of pain, ca n’a rien a voir, mais ca fait plaisir aux oreilles au moins et vous n’aurez pas la sensation de vous balader dans les rayons d’un supermarché...

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    > The Streets : "A grand don’t come for free"

    19 juillet 2005, par Gran Shlem [retour au début des forums]


    En effet on ne peut etre que d’accord avec la critique de Mr Joe Tatane, qui à tout a fait saisit le peut d’interêt que représente cet album, une honte oui, je dirais même plus, une arnaque, alors si vous êtes un amateur de hip hop so british, oublié cet EP et rabattez vous sans hésité sur l’exellent album de Ms Dynamite, une tuerie à tout point de vue, allez salut, rock n’ roll.

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