Pop-Rock.com



The Robocop Kraus : "They think they are The Robocop Kraus"
Burning down the house

samedi 24 septembre 2005, par Albin Wagener

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Edward Sharpe & The Magnetic Zeros : "Up from below"
I Am X : "The alternative"
Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"
George Michael : "Patience"
Riverside : "Second life syndrome"
The Pipettes : "We are The Pipettes"
John Foxx : "From trash"
Vinc Project : "My story"
Etron : "Necrodogs"
Wolfmother : "Wolfmother"


On commence à la connaître, cette nouvelle scène anglo-américaine de groupes mort-nés qui n’en finissent plus de noircir les pages de nos magazines musicaux préférés. Mais là, grosse surprise : la nouvelle sensation n’est ni cautionnée par le NME, ni même anglo-saxonne. Les Robocop Kraus sont Allemands, font un rock qui risque de plaire à un grand nombre et n’essaient même pas de faire du Joy Division ou du Ramones. En plus de cela, ils préparent une tournée européenne qui n’oubliera pratiquement aucun pays, pour promouvoir un quatrième album qui s’impose déjà comme un grand classique de la décennie 2000 - rien que ça.

Ces cinq garnements sont issus de Nürnberg, une modeste petite ville teutonne plus connue pour son massepain, son centre-ville historique et son pain d’épice que pour ses groupes de rock. Il fallait bien que ça change un jour et, en Allemagne, ça fait depuis la fin des années 90 que Thomas Lang et sa bande embrasent les clubs. Alors leur parler de The Bravery, de Hard-Fi ou des Editors, ça les fait doucement sourire, puisqu’ils ont jusque-là réussi à écrire leur histoire sans l’aide d’aucune presse musicale un peu trop enthousiaste. Mais pour eux, c’est enfin la consécration, puisque leur nouvel album, They think they are The Robocop Kraus, sort dans toute l’Europe.

Alors ça ressemble à quoi ? J’ai été pour ma part intrigué par cette pochette évoquant de façon ostensible le More songs about buildings and food des Talking Heads, et ce n’est pas qu’un clin d’œil : les paroles loufoques chantées par Lang sont très proches des collages sémantiques de David Byrne ou même des expérimentations lyriques de Phillip Boa. Jugez plutôt : "We see people who are not whole : they have two arms and they have two legs and something missing and we just don’t know". Le tout sur un morceau tout à fait jouissif au titre joyeusement désespéré, After laughter comes tears. Musicalement, le rock endiablé de The Robocop Kraus se situe quelque part entre The Clash, les Talking Heads, Phillip Boa, avec parfois des rythmiques mécaniques et binaires qui rappellent la verve de The Faint. Un grand bain de bonne humeur et de folie quotidienne en perspective : on passe ainsi du rock le plus débridé (A man’s not a bird, In fact you’re just fiction) aux tubes bondissants en puissance (You don’t have to shout, Small houses odd cars), en passant par des comptines comme Life amazes us despite our miserable future, qui rappelle gentiment le Velvet Underground, le tout dans une dynamique effrénée, alliant guitares nerveuses, basse énergique, batterie sur ressorts et synthétiseurs cabotins.

Si l’ensemble agit comme une cure de jouvence et de bonne humeur, surtout en prévision de cette fin d’année qui paraît plutôt glaciale, The Robocop Kraus s’impose surtout comme une des grandes surprises musicales inattendues de cette année et vient détrôner toutes les grandes sensations musicales anglo-saxonnes dont on nous rabat les oreilles depuis deux bonnes années maintenant. Et pour une fois, on n’a pas affaire à un groupe qui essaie désespérément de mélanger Television et Duran Duran dans une formule qui pourrait laisser perplexe après la deuxième écoute. Car à la grande différence de ses confrères britanniques ou nord-américains, The Robocop Kraus a déjà de la bouteille et propose un rock vraiment original et osé, presque insolent. Tout le malheur qu’on leur souhaite, c’est de s’imposer largement en dehors de leur fief germanique, en inondant la nouvelle scène rock de leur saine bonne humeur. Car ici, il ne s’agit pas de mode. Il s’agit simplement de rock’n’roll, et c’est tout ce qu’on attendait. "You don’t need a doctor", scande fièrement Thomas Lang...



Répondre à cet article

Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

The Robocop Kraus : "They think they are The Robocop Kraus"
(1/1) 30 juillet 2015




The Robocop Kraus : "They think they are The Robocop Kraus"

30 juillet 2015 [retour au début des forums]

I think it’s all about talent and skill. And this group have these traits. - Dony McGuire

[Répondre à ce message]