Pop-Rock.com



The Raveonettes : "In and out of control"
Sucré/Salé des grands froids

dimanche 24 janvier 2010, par Tokyo Montana

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Morrissey : "Ringleader of the tormentors"
Nashville Pussy : "Get some"
Stille Opprör : "s.o 2"
Dawn Landes : "Fireproof"
The Ark : "Prayer for the weekend"
Smashing Pumpkins : "Zeitgeist"
Jamiroquai : "Dynamite"
Miossec : "1964"
Sheryl Crow : "Wildflower"
Metric : "Old world underground, where are you now ?"


Entre le crépuscule de l’été et l’aurore automnale, ce duo danois nous revient tous les deux ans avec la régularité d’un métronome. Si la qualité est loin d’être absente, on peut s’interroger sur leur aptitude éventuelle à dépasser un jour la pièce maitresse que fut Pretty in black.

The Raveonettes, c’est un ensemble particulier, bien compliqué à décrire, à classer. Si ils se revendiquent de la pop des années 60, les séances distorsions et très noisy des partitions à cordes (électriques) insufflent à leur musique un goût à la fois suave et acidulé. Si leurs sons étaient maîtrisés et très proprets sur le deuxième album, à partir de Lust lust lust les grincements firent leur retour. Pour le bonheur des uns, et pas vraiment le malheur des autres.

Certes l’on ne peut qualifier de géniale ce qu’ils nous soumettent, cependant j’éprouve une once de peine au regard de leur relatif anonymat. Peu de succès commercial, mais parfois un succès d’estime et critique, alors que certains de leurs singles (Love in trashscan) sont de véritables caresses jouissives d’ouïes. Il est vrai que la sélection de ces derniers en guise de promotion n’est pas toujours appropriée. Pensons notamment à You want the candy en lieu et place de Aly walk with me, pourtant réel étendard de l’album précédant et sans doute le meilleur morceaux de ce dernier. On pourrait formuler la remarque identique pour les choix de In and out of control, même si Bang ! n’est pas sans charme. Consolons nous en admettant que c’est un des groupe en "The" du début de la décennie précédente toujours en activité et sans doute un des plus original avec The Kills.

A la première écoute de l’album on sent comme une approche plus léchée tant dans la composition que dans la production. Un peu comme si la sucrerie avait pris définitivement le pas sur l’acide, et nous fourbissant alors une pop à la limite mièvre, spécialement si l’on s’en réfère à Last dance.

Une attention supplémentaire et répétée est nécessaire que pour se sortir cette impression erronée de la tête. Gone forever nous est servi en hors d’oeuvre attendu, après une intro assez brouillonne, trop longue, une rythmique sortie des sixties affublée d’arrangements plus contemporains tout en restant un brin dépassés, délicate et douce mixture. Le duo vocal espéré, ouatée voix masculine, tendre féminine, aucune en surimpression, un bridge à l’ambiance indéfinie. Bref tout ce qui fait que l’on adhère au royaume Raveonettes. Il faudra attendre Boys who rape, le son et la production pas très clairs, pour arriver enfin au plat de consistance qui nous fera impression d’un repas Pantagruelique à suivre. Un solo comme ils devraient toujours être, bref et simple, sans recherche de virtuosité (sans doute hors de portée médiront certains) et une clôture en forme d’a cappella très pop ancestrale. Nul besoin de disséquer ce qui suit dans le détail , l’assaisonnement des plats sera épicé et le dessert gouleyant à souhait. Avec quelques pièces à mettre en exergue, Oh I buried you today en guise de trou normand, on en aurait bien repris une rasade. Suicide, en resucée du menu précédent Pretty in black qualitativement et par sa ressemblance avec Somewhere in Texas dans l’entrée en matière. D.R.U.G.S serait pour les plus pressés, un dessert ou le pousse y serait intégré, le tout saupoudré de caféïne, un Irish Coffee en quelque sorte. Et ce pour son côté un rien anachronique en dehors de la cohérence du menu proposé.

Ce qui finit par interpeler dans l’album c’est l’alternance entre le son parfois très lissé (on revien à Last dance entre autre) et parfois très noisy, à la limite brouillon. Quitte à que ce phénomène se produise au sein de la même piste (Break up girls en est un exemple frappant).

On n’est certes pas d’un niveau de Pretty in black, mais il est dans la lignée de Lust lust lust, voire supérieur à ce dernier de par la qualité de l’écriture et de la production. On y a ôté les aspect parfois embrouillés tout en gardant l’esprit et les sonorités crades et non linéaires . Mais ce serait dommage que la carrière de ce groupe finisse en bis repetita éternel. A suivre donc dans deux automnes.



Répondre à cet article

Tokyo Montana





Il y a 6 contribution(s) au forum.

The Raveonettes : "In and out of control"
(1/1) 24 janvier 2010




The Raveonettes : "In and out of control"

24 janvier 2010 [retour au début des forums]

Het Depot à Leuven archi-blindé en décembre, pas mal pour un petit groupe boudé par le public et la presse.

[Répondre à ce message]