Pop-Rock.com



The Rapture : "Pieces of the people we love"
Le mouvement perpétuel

mercredi 6 décembre 2006, par Marc Lenglet

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Peter, Björn & John : "Seaside Rock"
Nick Cave & The Bad Seeds : "Dig Lazarus, dig"
Guillemots : "Through the window pane"
Cat Power : "The Greatest"
Indochine : "La République des Météors"
The Fray : "How to save a life"
Laurent Garnier : "Tales of a kleptomaniac"
A.R. Rahman : "Music from the motion picture Slumdog Millionaire"
John Frusciante : "The will to death / Automatic writing / DC EP / A sphere in the heart of silence"
David Byrne & Brian Eno : "Everything That Happens will Happen Today"


Il y a trois ans, ayant brièvement zyeuté le concert des Rapture à Werchter, je m’étais fait la réflexion qu’il s’agissait d’un petit groupe somme toute sympathique, qui méritait que je m’attarde sur son sort à l’avenir. Pourtant, New-yorkais, arty et hype comme ils étaient, j’aurais eu toutes les chances de hausser les épaules et me remettre en quête d’un quelconque vieux débris jouant du hard-FM kitch. Mais voilà : les Rapture semblaient avoir de bons titres dans leur escarcelle, et leur registre post-punk/funk/acid-house/disco/new wave m’avait suffisamment intrigué pour que je cherche à en savoir plus...

Réduit à une note en bas de page dans mon plan d’écoute stratégique, j’attendais sans hâte leur second effort, histoire de confirmer ou d’infirmer ma bonne impression de départ. Aujourd’hui que l’intéressé est entre mes mains, j’opte sans hésiter, fut-ce provisoirement, pour la seconde hypothèse. Pieces of the people we love fait partie de ces magnifiques plantages qui viennent de temps à autre confirmer l’hypothèse que le second album est toujours une transition difficile pour un groupe. Ce n’est pas que cette réalisation soit intolérable à l’écoute - on trouve facilement dix fois plus dégueulasse ailleurs - mais il souffre du facheux « syndrôme du single ». Autrement dit, avec l’interessé, Get myself into it, The Rapture tient un hit explosif qui, s’il était sorti trois mois plus tôt, aurait eu de bonnes chances de faire se trémousser toute la faune branchouille des métropoles occidentales durant tout l’été. Le titre est rythmé, enjoué, positif, sautillant comme du Franz Ferdinand en plus savamment débraillé. Et c’est tout ce qu’il y a mettre en évidence sur l’album. On ne peut même pas dire le reste s’éparpille en vaines tentatives de jouer au groupe qui se pose comme référence de bon goût et toise le monde de toute la morgue dont il est capable. Non, le problème, c’est que tout au long de l’album, The Rapture exploite sans pudeur le filon basique du « On dirait que je me suis pas foulé, mais c’est vachement tendance, t’vois ? ». Et il l’exploite mal, en plus, avec une uniformité totalement scolaire. Il y a bien ce Live in sunshine, tentative vaguement psychédélique en queue d’album, dans laquelle toute le monde s’empressera de déceler l’un ou l’autre hommage voilé à l’histoire de la musique, mais on dirait presque que ce morceau n’a pour seul vocation que de laisser une vague impression d’originalité après quarante minutes répétitives à en crever.

La supercherie de ce second opus vient d’éclater au grand jour. En achetant Pieces of the people we love, vous achèterez en gros un single et une masse de faces-B dispensables. Les autres morceaux se calquent sur le single avec une belle obstination. Mêmes beats fonctionnels et calibrés, même chant un peu forcé, même joyeuse humeur globale de morceau en morceau, on atteint presque le mouvement perpétuel transposé en rock. Ah ça, pour être cohérent et homogène, il est cohérent et homogène ce machin ! Cohérent et homogène comme le tic-tac d’une pendule. On peut le prendre à n’importe quel moment, ça a toujours la même gueule. Sans compter qu’avec toute une brochette de titres clonés moyens-bons, on garde au final l’impression d’un album globalement chiant et insipide.

Dans le cadre d’un vernissage d’expo où on discuterait graphisme et arts plastiques avec l’intelligentsia en picorant de la salade bio à la ricotta, ça passerait sans problèmes. Dans celui d’une écoute plus attentive, on a la sale impression d’être face à un groupe d’europop de Basse-Poméranie qu’on aurait sournoisement déguisé en groupe de rock. Rien de foncièrement déplaisant donc, rien de très bandant non plus.



Répondre à cet article

Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Used Cubicles Santa Clara
(1/2) 26 décembre 2013
The Rapture : "Pieces of the people we love"
(2/2) 6 décembre 2006, par Alevin




Used Cubicles Santa Clara

26 décembre 2013 [retour au début des forums]

We lawfully taking advantage of every and each minor various diaries to not mention very good communicate. We’ve got a bent to tend to fantasy approach too several owed. Good-job ! Used Cubicles Santa Clara

[Répondre à ce message]

The Rapture : "Pieces of the people we love"

6 décembre 2006, par Alevin [retour au début des forums]

Pas totalement faux ta critique..........un peu dur quand même je trouve !
Cet album est effectivement totalement dispensable, un peu naïf, il passera effectivement peu souvent dans mon lecteur de CD....juste pour me mettre de bonne humeur....en partant travaillé le matin.

On peut le comparer dans la répétition au dernier Radio 4 (Ennemy Like This), un bon morceau et on le répète tout l’album....pas original mais cela plait au 15-20 ans....

[Répondre à ce message]

    Used Furniture San Jose

    19 décembre 2013 [retour au début des forums]


    As I facilitate build any operative expertise throughout this text all this may probably rather be i really do once the. By reason of associate add regarding retail outlet this data processor for to a lower place my very own following that steer. Used Furniture San Jose

    [Répondre à ce message]