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The Rakes : "Ten new messages"
Mais où est donc passé le refrain ?

dimanche 9 septembre 2007, par Alexandra Jakob

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Une chose est sûre : les Rakes ne relanceront pas l’industrie du disque avec l’artwork de Ten new messages, leur deuxième album. Exit les stickers déjantés du dernier Beck ou l’origami psychédélique du récent disque d’Of Montreal, place à une pochette couverte d’un message en morse conçu pour des daltoniens. Quant au livret, il se limite tout simplement aux quatre de couverture. Bof. On se prend même à trouver un charme certain au fumiste tabagique animant le premier album des Arctic Monkeys. En prime, l’inquiétude rapplique un peu bêtement. Ce disque est-il vraiment aussi pénible qu’il en a l’air ?

The Rakes, pénibles ? A l’écoute de l’énergique Capture/Release, leur première livraison, la question semble ridicule, même si les quatre Anglais arborent des allures de jeunes intellos tout juste bons à naviguer en eaux plates sans démâter. Mais voilà, le succès, cet assassin de spontanéité, a pointé le bout de son nez. Les quatre Londoniens sont partis narrer dans le monde entier le quotidien trépidant de la City au son d’airs punks à la fois teigneux et sophistiqués. Privés du terreau de leur inspiration, ils ont ensuite composé ce deuxième disque avec un statut de cador indie à assumer. Et nombre de formations, Art Brut en tête cette année (voir ici), savent combien cette étiquette peut brouiller une démarche artistique. Reste donc à prier pour que les Rakes, élégants sans tomber dans la pose, ne chutent pas.

Il faudra pourtant s’y faire. Loin de la vie estudiantine finement décrite dans Work, work, work, (Pub, club, sleep), le charismatique leader Alan Donohoe a perdu de son insouciance. Les brûlots punks des débuts ont fait place à des mélodies pop délicatement ciselées mais un peu molles (Little superstitions). Plus lisse que son prédécesseur, Ten new messages évoque un long métrage dont le scénariste de goût aurait malencontreusement oublié le rebondissement choc, la révélation surprise de type "Je suis ton père". Car diantre, les Rakes ont pourtant largement les moyens d’affubler The world was a mess but his hair was perfect d’un refrain qui claque décemment, ils peuvent également flanquer au larvaire single We danced together un bon coup de pied au cul capable de le réveiller. Mais ils ne le font pas ici. Perdu dans une new wave froide et une prise de conscience politique, le groupe a préféré proposer un album parfois pesamment sérieux (Time to stop talking, Trouble). Heureusement, la magie de quelques riffs acérés opère sur un On a mission consacré à la menace terroriste latente, tandis que Down with moonlight dévoile une facette autrement plus plaisante du groupe avec sa basse oppressante et son chant rageur. Toujours dans un registre concerné, Suspicious eyes fait appel à une chanteuse et un rappeur pour narrer sur un fond binaire et dépouillé les méfaits du racisme en Grande-Bretagne. Un mélange aussi risqué que réussi, même si sur ces Ten new messages, seuls trois ou quatre valent finalement le détour auditif. Entamée dans une furie arty en 2005, la carrière des Rakes les a vus passer très rapidement de Franz Ferdinand du snob à Bloc Party du riche. Facile de choisir son camp.



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Alexandra Jakob





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The Rakes : "Ten new messages"
(1/1) 30 juillet 2015




The Rakes : "Ten new messages"

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The ability and commitment to of this band have been an essential aspect of their success in the music industry. - Dony McGuire

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