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The Rakes : "Klang"
Bruit de Casserole ?

lundi 23 mars 2009, par Jeremy Plywood

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C’est à Berlin que les quatre Londoniens ont enregistré leur troisième album. Quand je dis quatre, il faut lire cinq, puisque Chris Ketley, déjà présent comme guitariste-claviériste et cinquième membre lors de leur dernière tournée, est également venu renforcer l’équipe en studio. Besoin de changer d’air ? Envie de s’imprégner de l’effervescence de la capitale culturelle de l’Europe par K.O. à la première reprise ? Alan Donohoe s’explique par ces mots : « La scène londonienne est devenue vraiment merdique et ennuyeuse, on voulait être ailleurs afin de trouver d’autres sources d’inspiration ». Ce nouvel album est enregistré et mixé par Chris Zane, producteur new-yorkais ayant travaillé entre autres avec Ambulance Ltd, Lee Ranaldo, Shy Child et Tokyo Police Club.

Toujours aussi proche d’un post-punk qui n’arrête pas de durer, The Rakes reviennent pied au plancher avec le successeur de Ten New Messages. On retrouve nos gaillards en pleine forme. Les guitares tournées vers leurs inspirations cinq étoiles que sont Gang Of Four et Josef K, sans oublier une petite touche Buzzcocks. Allez, on se plonge dans Klang depuis le début, Plywood style oblige.

Avec You’re In It, on sait déjà qu’on ne quittera pas les terrains connus. Les balises sont bien enfoncées dans le sol humide qui enserre la Tamise. Pas de mauvaises surprises. Si vous avez adorés les deux premiers albums, vous serez, une fois de plus, ravis de votre achat et conquis par celui-ci. That’s The Reason n’est pas sans nous rappeler le We Danced Together du précédent album. Guitares acérées, refrain serré et speedé. Jouissif et précoce.

The Loneliness Of The Outdoor Smoker apporte peut-être la réponse aux « autres sources d’inspiration » évoquées en préambule par Alan Donohoe. Une façon de chanter plus « rentrée », un pont surprenant, certes court et volontairement à côté de la chanson. Quelques indices, dira-t-on.

L’excellent Bitchin’ In The Kitchin’ est également moins « formaté » que le reste de la production du groupe. Un petit côté funky pas désagréable. Un chant plus varié. Une basse bien ronde, presque groovy. Ce titre fait aussi la part belle à quelques nouveaux ingrédients. L’ambiance est plus détendue. L’équipe joue son match sans pression. The Woes Of The Working Man et son piano omniprésent. Chanson carrée qui avance à grands pas. Quelques bonds pour accélérer le mouvement. Ça batifole dans un paysage, certes gris, mais quelques rayons de soleil semblent percer.

1989 est le premier extrait à avoir envahi les radios indés. Bien droit sur ses jambes. Couplet basse-batterie typique. Guitare en soutient bien calfeutrée dans la rythmique. Le refrain et ses « la la la » contagieux nous fait sautiller. On se sent bien dans cet album.

Shackleton est la chanson la plus surprenante. Un peu plus fouilli, une structure moins définie. La voix parle plus qu’elle ne chante. Ça part vers quelque chose de différent mais pas assez défini. L’essai ne me semble pas transformé. The Light From Your Mac revient aux affaires courantes sans être aussi sous tension et speedé que la plupart des autres titres. Celui-ci se veut plus caressant, on sent encore là-derrière, les fondamentaux. Mais il y a une volonté d’envie de chaleur manifeste. Chouette chanson qui est clairement tournée vers une autre facette du groupe.

Muller’s Ratchet est étrangement surprenant. Sombre et catchy à la fois. Un piano qui se promène. Une rythmique quasiment mid-tempo, par rapport au reste. Un chant bien assis doublé par moment d’une autre voix comme pour souligner l’importance de certains passages. Une deuxième voix complètement détachée et décalée. The Final Hill clôture cet album, court, comme d’habitude. Plus nerveux que les trois chansons précédentes. Ca avance sans traîner en route. Les guitares bien fouettées. La batterie bien énervée. Du Rakes pur jus sans fioriture.

Et voilà, nous sommes arrivés au bout des trente minutes de l’album. On a aimé parce que ça nous change de pas mal de productions actuelles lisses et un peu trop pouffiasses. Les Rakes n’ont pas inventé le fil à couper l’eau chaude mais, à chaque fois, on sent comme une bouffée de légèreté. Sans prise de tête, sans plans de carrière, on fait des disques comme on respire. Avec leurs défauts et leur qualités. C’est ce qui fait le charme du rock’n’roll aussi. Les Rakes nous sont précieux parce qu’on les sent proches de nous. Fragiles mais revanchards. Probablement petites frappes mais tellement attachants.



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Jeremy Plywood





Il y a 2 contribution(s) au forum.

The Rakes : "Klang"
(1/2) 25 mars 2009
The Rakes : "Klang"
(2/2) 23 mars 2009, par fabrice




The Rakes : "Klang"

25 mars 2009 [retour au début des forums]

"Si vous avez adoré..."

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The Rakes : "Klang"

23 mars 2009, par fabrice [retour au début des forums]

je ne peux qu’être d’accord avec cette review.
Je me permettrai juste de revenir sur ces lignes "being sexual/it’s just a ritual women do go get men". C’est simple, con et malin, c’est rock.

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