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The Pretenders : "Loose screw"
Mamy fait de la résistance !

samedi 30 août 2003, par Marc Lenglet

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Nouvel album pour Chrissie Hynde et ses Pretenders, seule survivante, avec le batteur Mike Chambers du line-up original. Si le ton s’est bien éloigné du style des premières années du groupe, on découvre cependant un album, certes beaucoup moins rock, mais néanmoins attachant et raffiné.

Chrissie Hynde est un phénomène du rock des années 80. Délaissant le rôle habituel de chanteuse ou de potiche jusque là dévolu aux femmes dans la musique contemporaine, elle s’imposa comme un songwriter et une guitariste de talent, et dissémina quelque hymnes "evergreen" à travers ses premières livraisons. Son style de femme libérée et de "Riot-girl" eut une influence considérable sur de nombreuses formations féminines dans les années qui suivirent, notamment chez la peu talentueuse mais bonne imitatrice Courtney Love avec Hole. Ce nouvel album est centré presque exclusivement sur sa récente rupture avec son compagnon, un sculpteur colombien (après deux liaisons très rock’n roll avec Ray Davies des Kinks et Jim Kerr des Simple Minds). On y découvre un Chrissie Hynde plus apaisée, toujours un peu vindicative mais la plupart du temps mélancolique et en pleine réflexion sur elle-même et son existence.

Malgré quelques pistes un peu plus dynamiques (un "Lie to me" plein de froide détermination féminine, que n’aurait pas renié Alanis Morrissette), le ton de l’album est purement pop. De très jolies balades pleines de tristesse ("Nothing breaks like a heart") parsèment un album globalement délicat et réfléchi, fortement teinté de reggae ("Complex person" en étant le plus bel exemple ; de plus, une version espagnole ensoleillée figure en bonus-track). Là où tant d’autres sombrent corps et âme dans le grotesque en essayant de passer d’un rock remuant à une pop plus douce, Chrissie Hynde a totalement réussi à conserver son talent et sa capacité à produire de bonnes chansons. Loose screw ne renferme peut être pas de titres percutants dans la veine de "Middle of the road" ou "Don’t get me wrong", mais sa teneur globale est très plaisante et reposante. On ne saute pas au plafond de bonheur, mais à l’heure où pas mal de groupes de cette période éprouvent des difficultés à s’acclimater aux années 2000 (quand ils n’ont pas tout simplement disparu), voir qu’après un quart de siècle, les Pretenders sont toujours capable de fournir de bons albums est réjouissant.



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Marc Lenglet