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The Music : "Strength in numbers"
Beyond and far away !

dimanche 21 décembre 2008, par Vincent Ouslati

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The Music m’avait gentiment interpellé dès leur premier album, c’était frais, pêchu, un tantinent couillon par endroits mais ça débordait tellement de sincérité et de folie juvénile qu’on leur pardonnait à peu près tout. Avec la seconde fournée, ils prouvaient que leur carrière n’allait pas se limiter à un seul disque et qu’ils pouvaient aller vraiment très loin pour peu qu’ils poursuivent sur la voie si particulière qu’ils avaient emprunté. Surtout comparé à tous leurs petits copains en "The" qui se vautraient sur le green dès le second effort. Car avec Strength in numbers, The Music, loin de roupiller sur ses acquis, a définitivement enfoncé le clou et la porte avec.

Dire que j’attendais leur nouveau forfait avec la bave aux lèvres est encore loin de la réalité, ayant totalement adhéré à leur rock calibré discothèque. Ça vous collait une telle banane sur la tronche, de telles démangeaisons dans les guibolles, le panard intégral. The Music en deux disques avait déjà tout capté dans l’art de faire tortiller du tugudu une boite entière avec des bêtes guitares, une bête batterie, et un bête chanteur doué sans être spécialement fulgurant. Mais à l’instant où ils pressaient la touche "Burn the dancefloor", ça explosait de partout, les filles se déchaînaient, les mecs suivaient les proies devenues enragées, et le carnage commençait. Le premier album avait du tube en réserve, bien que noyés dans quelques seconds rôles qui faisaient un peu moisir la sauce. Welcome to the North avait foutrement bien remis les pendules à l’heure en perfectionnant à peu près tout, un chouïa moins spontané, mais nettement plus convaincant sur la durée.

Avec Strength in numbers, The Music est allé un peu plus loin dans la conquête de la frange de son public le plus clubbing, c’est pas encore David Guetta non plus. Le single collé en première position est rassurant à lui tout seul, rien n’a changé fondamentalement, ils ont juste cherché à être encore plus accrocheur que précédemment. Strength in numbers amène à l’adhésion immédiate sans préavis, quelques beats techno-dance de circonstance, la batterie métronomique toujours aussi efficace, et non content de s’être rasé la boule, on note une légère amélioration du chant de Robert Harvey, un mal pour un bien en somme.

Faire danser avec des grattes, ç’est pas donné au premier venu non plus, il y aurait bien Rinôçérôse dans le genre "je bidouille de l’électro-rock", voire Depeche Mode sans les surdoses de Prozac, mais The Music a fait du chemin depuis maintenant presque dix piges, et leur son est désormais plus que reconnaissable. A regretter, moins d’envolées hard-rock que sur le précédent opus, la volonté ici était clairement de faire de la Dance à la sauce rock, alors que l’on percevait plus l’inverse à l’origine. Mais les références ne se sont pas évaporées pour autant, elles ont juste été mieux intégrées, à tel point qu’il est bien moins facile de leur trouver des équivalences contemporaines probantes. A force d’albums chaque fois un peu plus complexes et personnels, le groupe de Leeds s’est bricolé sagement son propre univers et son propre style. Donc, pas de dépaysement, pas de révolution, mais de la maitrise, du travail pointilleux. On ne fera pas le coup de l’album de la maturité, d’autant que lesdits albums entrant dans cette catégorie précèdent souvent un cale-meubles l’année suivante. Non, The Music a juste pris le temps de peaufiner les détails. Les boucles électro, présentes sans tout engluer donnent le rythme, quelques délires sonores en fond dont ils ont le secret, et la bonne vieille base rockéenne de rigueur, la recette idéale pour que vous trémoussiez de l’arrière-train sans aucuns complexes.

Sans se limiter à leur spécialité, ils ont encore tenté des variations nettement plus progressives et audacieuses, Idle est une ballade linéaire version "Remix by Massive Attack" qui a tout du titre écrit durant une overdose au patchouli. Lente quoiqu’emballante, c’est la pause du DJ set après les explosions de pétards précédentes. Du pét’ au patchouli, on en décèle de façon encore plus flagrante dans The left side qui pour le coup relève totalement de l’hommage à Led Zeppelin cuvée 1975. Dans les petits clins d’œil, apprécions aussi le petit synthé très Tangerine Dream de The last one.

Parfait de bout en bout ? Non, il ya de la redite, mais très peu cependant. Un élagage très élitiste aurait pu mettre au rencart deux ou trois titres non pas mauvais, mais pas aussi percutants que l’entièreté du disque. Le premier sur la liste étant la moyenne voire assez nulle Inconceivable odds, qui tente le larmoyant gnangnan et y parvient beaucoup trop bien. Si vous n’êtes pas un chichiteux professionnel, vous allez surtout vous taper la tête contre les murs devant ce que ce petit "The" groupe est devenu, la progression a de quoi laisser les Kaiser Chiefs et autres Franz Ferdinand dans leurs bacs de disquaires d’occas’ pour encore pas mal de temps.



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Vincent Ouslati





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The Music : "Strength in numbers"
(1/1) 17 novembre 2015




The Music : "Strength in numbers"

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