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The Mooney Suzuki : "Have mercy"
"J’étais pas là mais je peux vous en parler des heures..."

jeudi 18 octobre 2007, par Marc Lenglet

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Pour ceux qui ne les connaissent pas, précisons que les Mooney Suzuki, en dépit d’un patronyme évocateur, ne doivent strictement rien à Can. Pour ceux qui les connaissent, précisons aussi que Have mercy, leur dernier effort en date, n’a plus grand chose à voir avec les réalisation du groupe new-yorkais tel qu’on le connaissait jusqu’ici. Pourvoyeur d’un garage-punk plus séduisant que celui de nombre de ses confrères, Sammy James Jr. se paye ici une petite virée rétro en décapotable dans des années 67-71 fantasmées, classic-rock FM à fond dans les enceintes, et le groupe roupillant paisiblement sur le siège arrière. Et nous demande de l’en excuser par avance...

Dès ce 99% qui ouvre l’album, on se demande qui intentera un procès aux Mooney Suzuki en premier : Keith Richards pour le riff ou Ian Gillan pour le refrain allégrement pompé sur Hush ? Ceci dit, même si on peut s’offusquer à bon compte de ce plagiat même pas discret, il faut reconnaître que le bricolage des Mooney Suzuki surprend par son ingénuité tranquille et qu’il est difficile de ne pas se monter un tant soi peu intéressé par ces mélodies relativement bien troussées, ces riffs de guitare bêtes comme chou, ces petites clochettes qui scintillent pour bien montrer que tout cela n’est pas à prendre au sérieux. Have mercy sonne tellement décalé, tellement inattendu qu’on ne peut manquer de lui accorder une sympathie instinctive. Quitte à piller le passé sans vergogne, autant le faire avec humour et détachement... ce que le groupe ne réussit malheureusement qu’à moitié.

On esquissera encore un sourire pour quelques refrains enjoués (ceux de Ashes et First comes love par exemple) mais l’intérêt de tout cela s’estompe très rapidement. A part la chanson à boire rigolote Good ol’alcohol, le reste de l’album, une fois qu’on a bien compris qu’il ne s’agissait que de matériel de seconde main, vire au rock lexomil. Difficile de ne pas bailler à l’écoute de ce Adam & Eve scintillant au flutiau Jethrotullien, ou de ce Rock’n roller girl tout sucre tout miel, sans même évoquer les ballades finales qui croulent sous l’ennui. En fait de copier le passé, les Mooney Suzuki ont su capter quelques échos du passé sans pouvoir y adjoindre la moindre touche personnelle. On est ici dans le domaine de la copie paresseuse, de la petite escapade ludique qui aurait été parfaitement compréhensible en tant qu’effort solo d’un des membres du groupe ou en tant que bonus-tracks sur d’autres disques. En tant qu’album des Mooney Suzuki, tout cela est un peu léger. Plus que les légendes des années 60-70, les Mooney Suzuki copient plutôt les compositions molles et auto-référentielles qu’une bonne partie des survivants de ces glorieuses années consentent vaguement à livrer de temps à autre.

Have mercy me fait un peu penser à cette technique qui consiste à emballer un tout petit cadeau dans une succession de paquets de plus en plus imposants. L’attention est charmante, on s’amuse comme un petit fou à tout déballer mais au final, on se retrouve quand même avec un petit bidule sans grand intérêt. Heureusement dépourvu de grandes ambitions, Have mercy demeure amusant le temps qu’on ait repéré tous les clins d’œil à l’hagiographie rock. La bonne nouvelle, c’est que les Rolling Stones peuvent enfin prendre leur retraite : on a trouvé le moyen de les cloner. Les Rolling Stones d’aujourd’hui, je veux dire.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

The Mooney Suzuki : "Have mercy"
(1/2) 7 août 2016
The Mooney Suzuki : "Have mercy"
(2/2) 18 octobre 2007, par ju




The Mooney Suzuki : "Have mercy"

7 août 2016 [retour au début des forums]

They may not be the best during their time, but it is undeniable that their album was really remarkable. - The Review Solution

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The Mooney Suzuki : "Have mercy"

18 octobre 2007, par ju [retour au début des forums]

Notez également le clin d’oeil à la pochette d’un célèbre album de Soft Machine

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