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The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"
Démon familier

mardi 18 mars 2008, par Marc Lenglet

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En dehors des formations extrêmes qui font leur fonds de commerce des multiples strates du pandémonium, on croyait les histoires de patronage diabolique définitivement hors concours au moins depuis Led Zeppelin et Ozzy Osbourne. Pourtant, le quatrième album des Mars Volta baigne à fond dans cette mythologie grand-guignolesque dont on forge les légendes, avec intervention d’une planche ouija dégotée à Jérusalem, d’une entité antédiluvienne venue égayer leurs fins de nuits schnouffées et de la pleine cargaison de tuiles qui leur sont tombées sur le râble lors de l’enregistrement de la chose. The Bedlam in Goliath serait donc la réponse du berger à la bergère, une tentative d’exorciser cette entité indésirable qui a installé ses pénates dans le sillage de la fine équipe d’El Paso. Qu’on soit ou non porté sur ce genre de fantaisies pour diseuses de bonne aventure, il est tout de même difficile de reconnaître que ce quatrième album ait été composé dans des conditions normales.

On savait The Mars Volta difficile à cerner. Bien que ses composants de base - en gros, du metal, du funk et de la musique latino - soient a priori à la portée de tous, la théorie selon laquelle le Tout est plus grand que la somme des parties s’est constamment vérifiée au cours de leur carrière. Les Mars Volta sont un son, une personnalité, une manière de concevoir la musique et une telle volonté de se libérer d’un carcan inévitablement trop étroit qu’elle s’est occasionnellement retournée contre eux. Ainsi, l’abscons Amputechture était particulièrement révélateur de cet état de fait : tenant objectivement du chef-d’œuvre de haute précision, l’intéressé faisait montre d’un tel raffinement et d’un tel souci du moindre détail et de l’enculage de mouches qu’il était difficile de ne pas réprimer de sévères bâillements face à cet équivalent rock d’une équation à six inconnues. Craignant de réitérer ce faux-pas mais éternellement incapables de concevoir quelque chose de simple, les Mars Volta ont trouvé la parade : ils joueront simplement deux fois plus vite.

Effectivement, jamais le groupe américain n’avait été aussi violent, excessif et dévastateur. Bedlam in Goliath est un véritable tourbillon de riffs virevoltants, de mélodies désaccordées et de rythmiques ivres qui s’échelonne sur près d’une heure trente et ne s’estompe dans des borborygmes électro que pour repartir de plus belle dans une nouvelle poussée de folie furieuse. Là où le prog traditionnel s’efforce de diffuser comme une légère brise invitant à l’introspection et à la méditation sur les milles et unes merveilles de l’univers, les Mars Volta font dans le rock tornade, et les images qui viennent à l’esprit n’évoquent que chaos, folie et, dans le meilleur des cas, un amusant petit squelette coiffé d’un sombrero.

Il existe en réalité deux manières d’aborder cet album, l’instinctive et la rationnelle. La première se justifie par l’énergie primale qui se dégage des morceaux, la seconde par le fait que The Mars Volta œuvre de manière claire dans le prog, genre qui autorise une certaine approche plus intellectuelle et scientifique. Dans ce dernier cas, on s’atèle à une tâche pratiquement impossible. En dépit de sa sauvagerie apparente, Bedlam in Goliath est d’une telle complexité qu’une analyse approfondie n’aura comme seule issue que de vous filer un mal de crâne carabiné pour le reste de la journée. Qui plus est, on prend alors conscience de plusieurs éléments un peu gênants. Notamment que, malgré l’évidente virtuosité de Cedric Bixler-Zavala et Omar Rodriguez-Lopez, Bedlam in Goliath n’est peut être pas aussi varié et original qu’il en a l’air (le bordel organisé permettant de cacher beaucoup de choses). Que le chant suraiguë et geignard de Bixler-Zavala est sacrément horripilant (on reçoit d’ailleurs avec une certaine gratitude les sections utilisant le vocoder). Qu’à l’attention des Mars Volta - et du public qui les vénère - il est utile de rappeler que les trips mystico-nerd hermétiques ne sont pas systématiquement synonymes de génie absolu.

Et puis, comme pour contredire cette impression mitigée, il y a l’autre approche, celle où on ne cherche ni à comprendre ni à être attentif. On écoute les multiples arabesques des Mars Volta comme on écouterait du hardcore ou du death : en faisant fi des détails pour se concentrer sur l’impulsion sonore à l’état brut, débarrassée de tous ses artifices. Du coup, on se dit que ce n’était pas forcément la peine que le groupe se casse la tête à ramifier et à sculpter ses compositions à ce point. Ce type d’écoute renversant totalement la vapeur, on s’en contentera volontiers. Car il est indéniable que, quand on se laisse porter par ce redoutable bouillonnement, il s’en dégage incontestablement quelque chose... Mais quoi ? Je n’en sais foutre rien.



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Marc Lenglet





Il y a 7 contribution(s) au forum.

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(1/6) 19 avril 2009, par Peksraluale
The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"
(2/6) 11 octobre 2008, par HB
The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"
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(5/6) 19 mars 2008
The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"
(6/6) 18 mars 2008




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19 avril 2009, par Peksraluale [retour au début des forums]

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The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"

11 octobre 2008, par HB [retour au début des forums]

Ben on aime bien s’endiabler comme un gueux dans ce genre de bordel poisseux, tout en se berçant de bien des certitudes sur l’érudition en général et la sienne en particulier. Tout de suite, ça met à l’aise la gueuserie et autorise un j’emmerde le voisinage victorieux, car c’est pour l’éduquer.
Je pense qu’ils savent trés exactement ce qu’ils font les gros malins de TMV en mêlant montées de plaisir bourrines et redescentes sino-byzantines, (badtripantes parfois c’est vrai) et que c’est présenté sous forme de doses numérotées dans lesquelles il y a des dosettes non numérotées, voyez-vous. Et ils nous demandent de scrupuleusement observer l’ordre et le désordre de leur excitant puissant.

Pas si difficile, même pour qui déteste comme moi le bruit (j’en garde un peu pour mes nonante ans, que j’espère suffisament décadents), cet album doit passer d’une traite au premier gorgeon à mon avis. Inutile d’insister sinon. Sur "Cavalettas", à mi-parcours, il y a des gyrophares qui vous préviennent des risques de tachycardie.

"Soothsayer" est à part. On pourra je crois l’isoler. C’est un monument cohérent bâti sur un tell que les archéologues, les gueux et les progueux n’ont pas fini de fouiller. Les métaux lourds ont été bien conservés, c’est mon préféré.

Bon je repars creuser.

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The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"

21 mars 2008 [retour au début des forums]

Excellente chronique...
TMV est un des groupes les plus créatifs et les plus intéressants du moment. Biensûr, ils agaçent en balançant tout de go, des sons très intellectuels, des rythmiques totalement destructurés, le tout dans un bordel très organisé.
Il faut les entendre reprendre un "Interstellar overdrive" du Floyd au début de certains de leurs shows, c’est tout simplement sublime.
Bedlam est un chef d’oeuvre et la contribution de John Frusciante à cet opus, est tout simplement phénoménal.

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    The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"

    21 mars 2008, par cartman 242 [retour au début des forums]


    C’est clair, on a ici affaire a de sacrés musiciens. Après on aime ou pas, mais niveau créativité, recherche et compositions, on est a des années lumières au dessus de tacherons comme radiohead et consort.

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The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"

20 mars 2008 [retour au début des forums]

Je connaissais pas le rock progressif avant cette album , et après l’avoir écouté , je me suis dit que jamais plus je n’écouterais jamais plus de rock progressif (Heuresement que King Crimson m’a fait changé d’avis)

L’album est dur a appréhender , beaucoup trop travailler , je ne l’ai pas aimé , pas assez simple , et dire que ça , ça plait a plein de monde.

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The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"

19 mars 2008 [retour au début des forums]

chouette article !
c’est un peu le bordel c’est album , inécoutable en voiture...
il y a tellement de travail sur les sons qu’il donne mal à la tête,
et bcp d’effets sur la voix sont effectivement dispensables...

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The Mars Volta : "The Bedlam in Goliath"

18 mars 2008 [retour au début des forums]

Bargeld, Cave, j’avais espéré White chalk de P.J. Harvey pour suivre.

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